La CEDEAO qualifie de « poudre aux yeux », les raisons avancées par l’AES pour quitter l’organisation

Le Conseil ministériel de médiation et de sécurité (CMS) de la CEDEAO a tenu le 8 février 2024 à Abuja, en République fédérale du Nigeria, une session extraordinaire pour statuer sur le retrait conjoint du Burkina Faso, du Mali et du Niger de la CEDEAO.

Au terme des travaux de cette session extraordinaire du Conseil ministériel de médiation et de sécurité (CMS), il est ressorti que les raisons avancées par le Burkina Faso, le Mali et le Niger pour se retirer de l’instance sous régionale n’est pas avérée, selon le communiqué consulté par Faso7.

Selon la Commission de la CEDEAO les raisons avancées que sont entre autres le sentiment d’un abandon face à la crise sécuritaire que traversent ces pays, l’éloignement et l’instrumentalisation de la commission par des puissances étrangères « constituent que de la poudre aux yeux, cachant la véritable raison qui est leur intention de ne pas remplir leurs obligations au titre du traité et du protocole ».

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Allant plus loin, le rapport des travaux a indiqué que la commission de la CEDEAO a initié, au cours de son sommet ordinaire du 10 décembre 2023, des pourparlers avec les autorités de ces pays en transition en levant les sanctions contre les membres du gouvernement des trois pays et l’autorisation de participer aux différentes réunions de haute importance.

En dépit de ces initiatives, « les autorités militaires des trois États membres ont continué de s’adonner à des sentiments et des discours populistes anti CEDEAO, tout en faisant obstacle aux interactions avec les représentants de la CEDEAO ».

« Les sanctions imposées au Niger, en particulier, ne sont ni illégales ni inhumaines, car elles sont ancrées dans les Protocoles de la CEDEAO dont ces trois pays sont signataires. La Commission a également indiqué que le Burkina Faso et le Mali ne sont pas soumis aux sanctions de grande ampleur auxquelles font allusion les trois États membres. Les sanctions contre le Niger devaient être progressivement levées une fois qu’une feuille de route pour la transition aurait été adoptée et que le Président Bazoum aurait été libéré », peut-on lire du rapport.

Parlant du délai de retrait des trois pays, la Commission a cité l’article 91 du traité révisé de la CEDEAO de 1993 qui voudrait que tout membre souhaitant se retirer de l’instance adresse un préavis écrit d’un an au président de la CEDEAO.

Par ailleurs, le CMS a exprimé son inquiétude vis-à-vis des conséquences que cette décision aurait sur la vie des populations. « Reconnaissant les avantages considérables que tous les États membres de la CEDEAO ont à faire partie du processus d’intégration régionale, le CMS a, en outre, exhorté les trois États membres à recourir au dialogue, à la négociation et à la médiation, qui sont les meilleurs outils pour trouver des solutions face à leurs préoccupations légitimes. Le CSM a invité les trois États membres à respecter les dispositions du Traité révisé de 1993, en particulier l’article 91. Les Ministres ont encouragé la CEDEAO à poursuivre son rapprochement ».

Lire ➡️ Retrait de la CEDEAO : Le Burkina Faso déclare ne pas être lié aux contraintes de délai

En rappel, le dimanche 28 janvier 2024, le Burkina Faso, le Mali et le Niger ont décidé de leur « retrait sans délai » de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).

 Cheick Habib Désiré BAYILI

 Faso7

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