Burkina Faso : Entre 2020 et 2021, 21 ministères et institutions ont fait perdre plus de 16 milliards FCFA à l’Etat

Les contrôleurs de l’Autorité supérieure de contrôle d’État et lutte contre la Corruption (ASCE-LC) ont rendu publics, les éléments saillants de leur Rapport général d’activité 2022 (RAGA 2022) ce 6 février 2024. Les contrôles réalisés ont porté sur la gestion financière et comptable de 21 ministères et institutions et ont couvert les exercices budgétaires 2020 et 2021.

Urbain Millogo, Contrôleur général d’État par intérim, a souligné d’emblée que la mission de contrôle avait pour objectif d’examiner la gestion des marchés publics, des comptes de dépôt, des régies d’avances, du carburant, des frais de mission, des frais de voyage, des rétributions, des charges du régime médico-social de trois institutions (Présidence du Faso, la Primature et l’Assemblée nationale), à l’exclusion des dépenses de personnel et du partenariat public-privé.

Il a ensuite indiqué que les domaines contrôlés sont la commande publique, les comptes de dépôt, les régies d’avances, le carburant et les lubrifiants, les frais de mission à l’intérieur et à l’extérieur du pays, les frais de voyage, les rétributions, ainsi que les dons au bénéfice des Personnes politiquement exposées (PPE).

Poursuivant, Urbain Millogo a fait ressortir que l’audit n’a pas concerné le total des dépenses au cours des deux exercices, étant donné que les dépenses de personnel et de transferts courants n’ont pas été prises en compte. Cela dit, en 2020, 798 924 004 116 FCFA de dépenses ont été auditées sur un total de 1 446 441 075 563 FCFA, soit 55,23 %. En 2021, 895 544 550 506 FCFA de dépenses ont été auditées sur un total de 1 587 932 114 827 FCFA, soit 56,40 %.

Les 21 ministères et institutions audités ont occasionné, globalement, 16 496 401 536 FCFA de pertes à l’appareil d’État. Au niveau individuel, l’Assemblée Nationale est en tête de liste avec des pertes qui s’élèvent à 11 735 073 931 FCFA, soit 71 % des pertes globales constatées.

Des irrégularités constatées au ministère en charge la Défense

Soulevant le cas particulier du ministère chargé de la Défense, Urbain Millogo a fait savoir que le contrôle de la gestion financière et comptable à ce niveau a couvert la période de 2016 à 2021 et a concerné les domaines de la commande publique, des indemnités spéciales des militaires en opération intérieure, des allocations alimentaires, du carburant, de la gestion matérielle des stocks des armements, munitions et optiques (AMO).

Dans le domaine de la commande publique, 241 commandes publiques d’une valeur globale de 482 048 128 759 FCFA ont été examinées, selon le Contrôleur général par intérim. « Comme potentielles irrégularités relevées au niveau de la Défense, au niveau des armements, munitions et optiques (AMO), sur 14 contrats d’un montant de 83 507 507 233 FCFA, 8 contrats d’un montant de 75 106 677 520 FCFA, soit un taux de 89,94 %, ont été attribués à plusieurs entreprises appartenant à une même personne physique », a-t-il relevé.

De plus, Urbain a souligné que la gestion matérielle des stocks des AMO est caractérisée par le non-respect des normes de sécurité en matière de stockage. « Quant aux indemnités spéciales ainsi que la prime globale d’alimentation des hommes sur le théâtre des opérations intérieures, la mission a constaté, sur l’échantillon examiné, qu’elles sont effectivement payées dans les délais prescrits », a-t-il ajouté.

Par ailleurs, le Contrôleur général d’État intérimaire a relevé que le cumul des fonctions incompatibles d’Ordonnateur, de Directeur de l’Administration et des Finances, et de Contrôleur Financier par la seule personne au niveau de la Direction centrale de l’intendance militaire (DCIM), dans la chaîne de mise en œuvre des marchés publics est susceptible d’entraîner des pertes financières.

Josué TIENDREBEOGO

Faso7

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page