Dénouement du dossier Charbon fin : Une « déception » pour le REN-LAC

Les responsables du Réseau national de lutte anti-corruption (REN-LAC) ont exprimé, ce 1er février 2024, leur « déception » quant au dénouement du dossier charbon fin. Le REN-LAC était partie civile dans ce dossier mettant principalement en cause la société minière Iamgold Essakane SA.

Sagado Nacanabo, Secrétaire exécutif du REN-LAC, a exprimé sa grande déception, tout comme ses collègues, concernant la décision du gouvernement burkinabè de transiger avec Iamgold Essakane et les autres accusés, alors que le procès était en cours.

Il a souligné que le procès aurait permis d’éclairer l’opinion sur le fond de cette affaire et de condamner les coupables, le cas échéant. Quant à l’acceptation de l’Etat de transiger, le gouvernement a fait comprendre que c’est pour défendre l’intérêt du pays, selon le Secrétaire exécutif du REN-LAC.

« C’est donc avec une grande déception que le REN-LAC a accueilli la décision du gouvernement de conclure un accord transactionnel avec Iamgold Essakane SA et les autres personnes poursuivies, abandonnant ainsi la recherche de la lumière sur cette sombre affaire. Pourtant, le jeu en valait vraiment la chandelle dans la mesure où ce procès était une occasion en or de mettre à nu non seulement les insuffisances textuelles exploitées par les sociétés minières pour siphonner nos ressources, mais aussi les mauvaises pratiques de l’administration publique. Tous ceux-ci auraient alors compris qu’au Burkina Faso, plus rien ne serait comme avant », a souligné Sagado Nacanabo.

Dans le cadre des transactions, l’État burkinabè a bénéficié de 9 milliards FCFA et de la cargaison de charbon fin incriminée de la part d’Iamgold Essakane. Malgré cela, Sagado Nacanabo et ses collègues maintiennent qu’il y a eu fraude dans cette affaire.

Les responsables du REN-LAC ont, partant, exhorté les autorités de la Transition à joindre l’acte à la parole en matière de lutte contre la corruption au Burkina Faso. « C’était une opportunité de mettre fin à l’impunité et de montrer que le Burkina Faso mérite le respect », a-t-il ajouté.

Alors qu’une usine de traitement de déchets miniers est en cours de mise en place au niveau national, les membres du REN-LAC nourrissent l’espoir que les chiffres issus du traitement de la cargaison de charbon fin incriminée confirmeront ou infirmeront la culpabilité d’Iamgold Essakane et des autres accusés, tous ayant plaidé non coupables au procès.

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Toutefois, dans le document qui traite de la transaction entre la société et l’Etat, il ressort que les responsables de Iamgold Essakane ont reconnu leurs fautes et ont proposé de transiger, selon Sagado Nakanabo.

En rappel, suite à des accords transactionnels entre l’État burkinabè et les accusés, l’action publique de cette affaire a été éteinte le 25 janvier 2024.

Josué TIENDREBEOGO

Faso7

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