Burkina Faso : L’utilisation de TikTok par les enfants objet d’un débat à l’ALT

L’utilisation des réseaux sociaux notamment TikTok a fait l’objet d’une question orale avec débat, le mardi 5 décembre 2023, à l’Assemblée Législative de Transition (ALT), lors d’une séance plénière. Celle-ci a été présidée par le 4e vice-président, Daouda Diallo.

S’adressant à la ministre de la transition digitale, Aminata Zerbo/Sabane, la question orale a été portée par la députée Sabine Ouédraogo/Compaoré représentée par la députée Assita Bénédicte Françoise Romaine Bailou.

Cette question est relative « aux mesures à prendre dans le cadre de la préservation des valeurs de la société face à la dépravation des mœurs sur les réseaux sociaux en l’occurrence TikTok et les éventuels moyens pouvant être mis en œuvre pour réglementer son utilisation par les enfants (tout être humain âgé de moins de dix-huit ans, selon l’ONU, ndlr) ».

Selon la ministre de la transition digitale, Aminata Zerbo/Sabane, la préoccupation de la députée Sabine Ouédraogo/Compaoré est pertinente en ce sens qu’elle met l’accent sur le réseau social TikTok au Burkina Faso. Et pour elle, des mesures sont prises pour protéger la société et les jeunes, des menaces ou risques du réseau social TikTok. Des textes existent dans ce sens.

Il s’agit, entre autres, de l’article 531 du Code pénal. Cette loi dispose qu’« est puni d’une peine d’emprisonnement de trois mois à deux ans et d’une amende de deux cent cinquante mille (250 000) à deux millions (2 000 000) de francs CFA, quiconque commet un outrage public à la pudeur. Constitue un outrage public à la pudeur toute exhibition sexuelle ou tout autre acte intentionnel contraire aux bonnes mœurs accompli publiquement ou dans un lieu privé accessible aux regards du public, susceptible d’offenser la pudeur et le sentiment moral des personnes qui en sont les témoins involontaires ».

Mais de l’avis de la ministre, les dispositions légales à elles seules ne suffisent pas. D’où l’ajout de la restriction de l’accès des jeunes de moins de 18 ans et la mise en œuvre d’actions de sensibilisation tout en appelant à la responsabilité de tous.

A ce titre, la ministre a noté que la Commission de l’Informatique et des Libertés (CIL), la Brigade Centrale de Lutte Contre la Cybercriminalité (BCLCC) et le Conseil Supérieur de la Communication (CSC) mènent des actions de sensibilisation à l’endroit des populations, dans les écoles et les universités.

« Il faut mettre l’accent sur la sensibilisation, l’éducation », Aminata Zerbo/Sabane, ministre de la Transition digitale

Ainsi, le ministère de la transition digitale a fait des suggestions aux parents sur la manière de gérer les réseaux sociaux. Ces suggestions consistent à paramétrer et à encadrer leur utilisation par les jeunes. « Il faut mettre l’accent sur la sensibilisation, l’éducation et produire les contenus endogènes. Il faut pouvoir mettre des contenus qui intéressent les gens parce que c’est la seule façon d’amener les gens à suivre les contenus africains », a-t-elle invité.

D’autres actions sont en réflexion pour contribuer à la protection des enfants. Ces actions passent, entre autres, par la limitation du temps d’accès sur les réseaux sociaux, et le durcissement de l’accès des cartes SIM pour mineurs.

« Pour notre part, quel que soit le contenu qui y est diffusé, l’interdiction totale de l’accès aux réseaux sociaux, notamment TikTok, est loin d’être la solution, au risque de se priver des avantages. D’ailleurs, cela est impossible eu égard aux outils technologiques actuels », a-t-elle déclaré.

La ministre de la transition digitale a ajouté que son département a engagé des discussions avec les équipes de TikTok et de Facebook pour une possible collaboration afin de diligenter la fermeture des comptes ou leur blocage sur le territoire burkinabè lorsque les administrateurs ne respectent les lois du pays.

A noter que les usagers des réseaux sociaux dans le monde en 2023 était de 5 milliards, selon la ministre de la transition digitale.

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