Drogue en milieu scolaire : La société est complice, selon le ministre chargé de l’Éducation nationale

Joseph André Ouédraogo, le ministre en charge de l’Éducation nationale, a été invité à l’Assemblée Législative de Transition (ALT), pour donner des réponses sur la question orale avec débat du député Drissa Ky. Elle portait sur la mise en œuvre de la stratégie nationale de lutte contre la drogue, la toxicomanie et la violence en milieu scolaire. C’était ce 7 mars 2022.

Lors de la phase des débats, les questions et commentaires des députés ont, entre autres, porté sur la répression des cas de consommation de drogue, de toxicomanie et de violence en milieu scolaire.

À son tour de répondre, le ministre n’a pas été d’avis avec les députés qui sont pour la répression. De son point de vue, les élèves qui se droguent, qui sont toxicomanes ou qui sont violents, ne sont pas les seuls responsables de leur situation. Il a jugé qu’il convient d’accuser aussi leurs parents, car ils ont démissionné dans l’éducation de leurs enfants et l’ont confiée totalement à l’école.

« Les élèves, ils ont les moyens pour s’acheter de la drogue et ce n’est pas n’importe quelle drogue. C’est de la drogue de qualité absolument. Qui leurs donnent ces moyens ? L’enfant de m’bâ Goama, peut-être lui, il va se résoudre à inhaler sa dissolution, mais les drogues dures de qualité sont consommées par des enfants dont les parents sont aisés », a-t-il illustré.

Le ministre Joseph André Ouédraogo a également déploré le fait que des enseignants consomment des produits additifs comme le tabac, la drogue et l’alcool au sein des établissements, bien que les textes interdisent cela. « Il y a des enseignants, ce n’est même pas seulement dans la cour, ils fument dans la classe. Vous dites à l’élève de ne pas fumer et le maître qui l’inspire, qu’il prend pour exemple fume allègrement. Qu’est-ce que vous voulez ? Il pense que c’est une très bonne chose », a-t-il déclaré.

Poursuivant, le ministre a aussi pointé un doigt accusateur vers les commerçants « pas toujours catholiques » qui ouvrent des boutiques à proximité des écoles, avec la bénédiction des mairies, et qui mettent des produits nocifs à disposition des élèves. Au regard de ces constats, Joseph André Ouédraogo considère que la société est aussi complice de la drogue, la toxicomanie et la violence en milieu scolaire.

En tout état de cause, le chef du département en charge de l’Éducation nationale a jugé que la répression ne sera pas efficace pour lutter contre les fléaux en question. Il s’est expliqué en disant que les élèves qui sont renvoyés ou emprisonnés deviennent davantage des criminels. « Renvoyer un élève pour une semaine, dix jours, c’est lui donner l’autorisation d’aller renforcer ses compétences en matière de consommation de drogue », a-t-il illustré.

En conclusion, le ministre a annoncé qu’il entend, dans les prochains mois, donner des instructions à ses structures techniques pour accroître davantage la lutte contre la drogue, mais sous l’angle pédagogique.

Josué TIENDREBEOGO

Faso7 

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