Ambassade du Burkina Faso à Ottawa : Le SATB dénonce la ‘’révocation injuste’’ d’une trésorière

Le Syndicat autonome des agents du Trésor du Burkina (SATB) ont tenu une conférence de presse ce 2 janvier 2023 à Ouagadougou. Ils ont dénoncé les circonstances liées à la révocation lors du Conseil des ministres du mercredi 18 janvier 2023, de Pulchérie Tapsoba, Trésorière auprès de l’Ambassade du Burkina Faso à Ottawa.

Pour donner de la lumière sur cette prise de position, Boukaré Belembaogo, Secrétaire général du SATB a expliqué premièrement que le 13 juillet 2022, le Conseil des ministres procédait à la nomination d’un Trésorier auprès de l’ambassade du Burkina à Ottawa pour remplacer Pulchérie Tapsoba parce qu’il lui est reproché une mauvaise gestion après 2 ans de service. Des dires de Boukaré Belembaogo, en règle normale, les Trésoriers à l’étranger tout comme d’autres personnels des ambassades ont une durée de cinq (05) ans à servir à l’extérieur avant leur remplacement. « La bonne démarche pour établir la faute de gestion d’un comptable public consiste à envoyer une mission d’inspection pour examiner la gestion et produire un rapport pour situer les responsabilités, alors que la décision de remplacement a été prise sans aucune inspection de la gestion de la Trésorière », explique-t-il aussi.

Deuxièmement, le Secrétaire général du SATB a fait savoir que ce remplacement est survenu sans que les travailleurs du Trésor et les autorités du ministère en charge des Finances ne soient consultés alors que les Trésoriers en ambassade, étant des comptables publics, relèvent à la fois de l’organigramme du ministère en charge des Affaires étrangères et du ministère en charge des Finances. « Après avoir pris connaissance des tenants et des aboutissants à une telle décision, le SATB a écrit au Président du Faso, Président du Conseil des ministres, pour dénoncer des irrégularités dans la forme et le fond dans cette nouvelle nomination », a-t-il ajouté.

« La ministre des Affaires Etrangères décide de couper l’herbe sous nos pieds »

Troisièmement, Boukaré Belembaogo a indiqué que Pulchérie Tapsoba avait entre-temps intenté une action en justice aux fins de suspension de l’exécution de la nomination du nouveau Trésorier et que le conseil d’Etat a statué en sa faveur pour suspendre ladite nomination.

Par ailleurs, le Secrétaire général du SATB a poursuivi pour informer qu’en fin d’année 2022, l’ASCE-LC s’est saisi du dossier pour envoyer une mission d’inspection, et que c’est suite à cette mission de l’ASCE-LC que la ministre des Affaires Etrangère à son tour à décidé de diligenter à Ottawa une mission des inspecteurs techniques de son ministère accompagnés d’un inspecteur de l’inspection Générale des Finances. « C’est donc au moment où nous nous réjouissions que cette regrettable affaire sera tranchée objectivement par les rapports attendus des missions d’inspection que la ministre des Affaires Etrangères décide de « couper l’herbe sous nos pieds » en imposant cette révocation en Conseil des ministres du 18 janvier 2023 sans autre forme de procès », a-t-il déploré.

Pour sa part, le Secrétaire général du SATB a jugé que les agissements de la ministre en charge des Affaires étrangères, Olivia Ragnaghnewendé Rouamba, s’apparentent à un abus d’autorité voire un acharnement sur la Trésorière Pulchérie Tapsoba. « Cette dernière se disait victime d’une chasse aux sorcières vis-à-vis de la chargée d’affaires de l’ambassade, au moment où la chargée d’affaires était à son tour, accusée d’avoir procédé au recrutement d’un employé fictif au sein de l’ambassade », a-t-il confié tout en ajoutant que la chargée d’affaires en question est une protégée de la ministre citée.

« La ministre a voulu faire un passage en force »

En tout état de cause, les membres du SATB disent n’être nullement opposés à la mesure de révocation a priori, mais ils exigent que la faute soit clairement établie par ceux qui sont habilités à le faire avant toute sanction. « Autrement, le SATB est contre cet acharnement constaté dans les comportements de la ministre des Affaires Etrangères qui semble vouloir faire un passage en force pour couvrir sa protégée, la chargée d’affaire de l’ambassade a Ottawa qui peut aussi être concernée par les fautes de gestion », a déclaré Boukaré Belembaogo.

Aussi, les membres du SATB exigent qu’aucune sanction ne soit considérée avant la publication des rapports d’inspection effectués à cet effet. « Quant au SATB, il se réserve le droit d’user de toutes les voies possibles pour empêcher cette gestion partisane et non professionnelle de ce dossier. Il invite le gouvernement à se ressaisir et à avoir le souci de l’intérêt général dans ce contexte où aucune bonne action n’est de trop pour fédérer les énergies à sauver notre nation au lieu d’encourager l’arbitraire, le favoritisme et l’amateurisme », a conclu le Secrétaire général.

Josué TIENDREBEOGO

Faso7

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