Les violences sexuelles liées au terrorisme au cœur d’un atelier sous-régional à Ouagadougou

L’Institut International pour la justice et l’état de droit (IIJ) en collaboration avec  le ministère du genre et de la famille a organisé ce mardi 27 septembre 2022, un atelier sous-régional, à Ouagadougou. L’atelier a pour objectif de partager avec les praticiens de la justice pénale, des compétences sur les enquêtes des violences sexuelles liées au terrorisme.

Avec l’intensification des attaques terroristes et l’extrémisme violent, les violences sexuelles se sont accrues au Burkina Faso.  Afin de mieux identifier ce fléau, un atelier sous-régional regroupant des juges, procureurs et enquêteurs du Burkina  Faso, du Mali, du Togo, du Bénin et de la République Centrafricaine, a été organisé, ce mardi 27 septembre 2022 par l’Institut International pour la justice et l’état de droit (IIJ) en collaboration avec  le ministère du genre et de la famille.

Les participants à cet atelier viennent du Burkina  Faso, du Mali, du Togo, du Bénin et de la République Centrafricaine – © Faso7

Cet atelier mettra l’accent sur les techniques d’entrevues des victimes, l’importance de corroborer les preuves, la collecte et l’analyse des preuves ainsi que les enquêtes médico-légales, en utilisant des études de zones de conflit dans une approche centrée sur les survivants.

Selon le ministre en charge de la justice, Me Barthelemy Kéré, plusieurs sujets sur le terrorisme notamment les atteintes à la vie, les atteintes à la santé ont toujours été au centre des débats, mais les violences sexuelles dans ces milieux sont rarement évoquées.

« Même les professionnels qui ont la charge de ce dossier n’arrivent pas effectivement à pouvoir identifier le fléau, or de plus en plus les mouvements terroristes agressent les jeunes femmes, les jeunes filles. C’est tellement grave que dans nos pays ces questions sont parfois taboues. Elles se taisent. Elles ne parlent pas, dans la plupart du temps. Même quand elles parlent, elles ne sont pas entendues. Elles ne sont pas comprises », a-t-il affirmé.  

Le ministre chargé de la justice, Me Barthelemy Kéré a noté que les sujets sur les violences sexuelles liées au terrorisme sont peu évoqués-© Faso7

Les activités de cet atelier permettront aux participants d’échanger sur un certain nombre de méthodologie pour parfaire leurs activités d’enquêtes, de recherches, d’auditions des victimes, et de travailler à développer les compétences de la chaîne pénale. Ousmane Djiguemdé, directeur de cabinet du ministre du genre et de la famille, a laissé entendre qu’il s’agit pour eux de parvenir à une vue d’ensemble sur le fléau et sortir les mécanismes pour renforcer la chaîne pénale, afin de combattre ce fléau dans ses derniers retranchements.

« Les femmes sont au cœur d’une stratégie terroriste qui permet au niveau des terroristes de faire taire les populations, les empêcher d’avoir une résilience à même de faciliter le combat et pour ça, il convient que nous ayons une synergie pour pouvoir éradiquer le phénomène », a-t-il déclaré.

Selon Ousmane Djiguemdé, directeur du cabinet du ministre du genre et de la famille, les participants vont sortir les mécanismes pour renforcer la chaîne pénale, afin de combattre ce fléau dans ses derniers retranchements © Faso7

De l’avis de Gail Fisk Malone, la présence de l’Institut International pour la justice et l’état de droit (IIJ) est d’encourager les acteurs de la chaîne pénale du mieux pour qu’ils aient des rencontres, d’écouter les victimes, d’adopter une approche plus centrée vers les victimes afin d’avoir un meilleur succès avec les poursuites contre les auteurs.

« Cette tactique stratégique des groupes armés pour des raisons de déstabiliser leurs familles, les communautés, de démoraliser les femmes, de rendre les hommes impuissants, et beaucoup de raisons. Ces victimes se voient privées non seulement de leur santé, de leur dignité et de leur droit à la paix, mais aussi de leur droit à la justice », a-t-elle informé.

Cette tactique stratégique des groupes armées consiste à démoraliser les femmes selon Gail Fisk Malone © Faso7

L’atelier sous-régional de renforcement des enquêtes sur les crimes de violences sexuelles liées au terrorisme s’étend sur 72 heures, du 27 au 29 septembre 2022. Organisé par l’Institut International pour la justice et l’Etat de droit (IIJ) en collaboration avec  le ministère du genre et de la famille, il a réuni des participants du Burkina Faso, du Mali, du Togo, du Bénin et de la République Centrafricaine.

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