Assassinats de Thomas Sankara, Dabo Boukary, Norbert Zongo : «Nous étions gouvernés par des monstres ou par des humains ?» (Abdoul Karim Sango)

Le dossier Dabo Boukary a connu son épilogue le 22 septembre 2022 après 32 ans de lutte. Trois personnes étaient sur le banc des accusés : Gilbert Diendéré, Bamba Mamadou, et Yougbaré Magloire, tous condamnés. Le 23 septembre 2022, Faso7 a requis le commentaire de Abdoul Karim Sango, Président du PAREN. Selon celui-ci, « le verdict du procès Dabo Boukary est à la fois historique et pédagogique ».

Le Président du PAREN, Abdoul Karim Sango s’est d’abord rappelé de sa vie d’étudiant marquée par le combat pour la vérité pour Dabo Boukary. « Cela fera plus de 25 ans en arrière, nous nous retrouvions tous les 19 mai sur le terrain Dabo Boukary pour porter ce combat », dit-il. Partant, M. Sango a rendu un hommage particulier « à toutes les générations d’étudiants à travers l’Association nationale des étudiants burkinabè (ANEB) qui ont porté ce noble combat pour la liberté et la justice ».

Lire ➡️ Dossier Dabo Boukary : Le jugement 32 ans après les faits

Pour l’homme politique, le pouvoir de Blaise Compaoré aura fait de son mieux pour éviter la manifestation de la vérité dans ce dossier. « Le système Compaoré et sa justice acquise à des causes contraires au principe de l’Etat de droit ont empêché la manifestation de la vérité sur ce dossier. Il est évident que dans le contexte de l’époque il fallait être un juge « fou » pour oser décider du jugement d’un tel dossier », a-t-il lancé.

Malgré cela, 32 ans après, le dossier est jugé. Et de ce procès, Abdoul Karim Sango tire une leçon capitale. « Au plan pédagogique, dit-il, ce procès nous enseigne une leçon importante que tous les princes d’aujourd’hui et de demain doivent garder en mémoire, c’est que nul n’est jamais éternellement puissant pour échapper à la justice tout le temps ».

Après le dossier du Pustch, celui de l’affaire Thomas Sankara, Dabo Boukary, et très bientôt je l’espère le dossier Norbert Zongo, j’en viens à me demander si nous étions gouvernés par des monstres ou par des humains ?

Comment des Burkinabè en sont-ils arrivés à traiter avec autant de cruauté leurs frères juste pour la conservation du pouvoir ?

Quand on aura fini de juger le dossier Norbert Zongo, les Burkinabè pourront ensemble redéfinir le nouveau contrat social pour donner la chance aux nouvelles générations de vivre dans un pays plus démocratique et respectueux des principes de l’Etat de droit.

Abdoul Karim Sango, Président du PAREN

Le Président du PAREN, en guise de conclusion a exprimé son « admiration » à la justice burkinabè qui le « rend davantage fier du travail » fait en 2015 pour garantir son indépendance. « Les juges et magistrats ne devraient pour rien au monde brader leur indépendance au profit de régimes prédateurs des libertés et droits du peuple. Les régimes passsent, le peuple au nom de qui ils rendent la justice, demeure ! », tranche Abdoul Karim Sango.

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