Dialogue avec les groupes armés : « Nous ne négocions pas de façon particulière » (Yéro Boly)

Le ministre en charge de la réconciliation nationale a apporté des éclaircis sur le processus de réconciliation engagé par les autorités de la transition. Il a indiqué ce vendredi 12 août 2022 que le processus a un visage juvénile, il est bien engagé pour aboutir à un résultat concret.

Participatif et inclusif, ce sont les deux mots employés par le ministre en charge de la réconciliation nationale Yéro Boly pour qualifier le processus de réconciliation engagé par le gouvernement de transition. L’objectif recherché selon ses propos est la mise en place d’un « document cadre qui traite de façon scientifique toutes les questions de besoin de réconciliation ».

Allant plus loin dans ses explications, il a expliqué que le processus s’est déroulé dans toutes les collectivités territoriales du Burkina Faso. Une démarche selon lui qui a conduit à faire l’état des lieux des querelles qui divisent le « Pays des Hommes intègres ». « Ce diagnostic a permis de mettre en place une stratégie de réconciliation nationale avec un plan d’action », a-t-il indiqué.

Si Yéro Boly a expliqué que ladite stratégie est finalisée, il a aussi laissé entendre que certains de ses points requièrent un consensus national. C’est alors dans ce cadre, selon ses propos, que son département s’est lancé dans l’organisation du forum.

« Pour ceux qui veulent se désolidariser de la violence, c’est se mettre à la disposition des comités locaux de défense. Et c’est comme ça que cela se passe (…)

L’État ne met pas quelque chose sur la table. Comme on l’a annoncé au départ, on ne négocie pas (…)

nous demandons à des jeunes qui se sont engagés dans un circuit de violence et qui sont souvent dans l’impasse aujourd’hui, de revenir, de retrouver la paix et travailler à retrouver un avenir plus serein pour eux-mêmes. Nous ne négocions pas de façon particulière. Nous leur offrons la paix et un avenir beaucoup plus assuré que celui dans lequel ils s’étaient engagés »,

Yéro Boly

Revenant sur la mise en place des comités locaux de dialogue, le ministre Yéro Boly a déclaré qu’une dizaine de comités ont été installé à travers le pays. Il a aussi dit qu’un « centre d’accueil de de radicalisation et de réinsertion a été identifié et rendu opérationnel ». « Le processus encore jeune, perfectible mais les résultats engrangés sont encourageants », a souligné le ministre.

Un autre aspect soulevé par le ministre Yéro Baly a été la question du retour de certains déplacés internes. « Dans certaines provinces, les marchés sont déjà ouverts et fonctionnels. C’est le cas à Déou dans l’Oudalan, à Gorom et à Tiou dans le Yatenga. C’est un signe annonciateur d’un retour progressif des populations dans leurs localités », a-t-il lancé.

Le ministre en charge de la réconciliation nationale a par ailleurs ajouté que l’absence de certaines personnalités lors de la rencontre entre le président du Faso et les anciens chefs d’État n’entrave pas le processus de réconciliation. « Le dialogue se poursuit« , ajoute le ministre porte-parole du gouvernement, Lionel Bilgo. Il estime que le processus de réconciliation doit se poursuivre car, selon lui, les Burkinabè, notamment dans les villes, ont mal à leur cohésion sociale. « Nous devons faire corps, nous devons faire âme ensemble pour sauver l’essentiel, et l’essentiel étant l’intégrité de notre territoire et bouter le terrorisme hors du Burkina Faso », a-t-il terminé.

Basile SAMA

Faso7

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