Insécurité au Burkina : « C’est un mensonge grossier de dire que la situation s’améliore » (Ollo Mathias Kambou)

La Mobilisation des Intelligences pour le Faso ( MIFa) a tenu une conférence de presse ce mardi 26 juillet 2022 à Ouagadougou. Il s’est agi pour les membres du mouvement de donner leur lecture de la situation nationale et proposer des solutions pour une sortie de crise.

Un regroupement d’anciens proches de l’ex président Blaise Compaoré avec comme agenda, le retour « au pouvoir de l’ancien régime », c’est la conclusion que le Pr Etienne Traoré et ses camarades tirent de la situation nationale au nom de la Mobilisation des Intelligences pour le Faso. Selon eux, « les dirigeants du MPSR sont animés par la volonté de remettre en cause tous les acquis de l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014 ».

Pour appuyer leurs propos, le Pr Etienne Traoré et ses camarades explique que le régime en place se base sur la répression et la mise ne place d’un climat de terreur pour arriver à ses fins. « Il se trompe lourdement de pays et d’époque », a dit Ollo Mathias Kambou en guise de réponse. « Longtemps, le pouvoir et l’autorité sont restés le monopole de clan de notre armée », a-t-il ajouté.

Afin de renverser la tendance, la MIFa appelle à une mobilisation de tous les Burkinabè. Et dans l’objectif « d’imposer un ordre politique fondé sur la justice, le patriotisme et l’intégrité », il faut alors, selon la méthode du Pr, lutter pour une rupture avec les mauvaises pratiques et installer de nouvelles pratiques vertueuses de gouvernance.

« Il nous faut réussir une rupture radicale avec la politique politicienne avec le vol et la corruption devenus standards d’État et surtout une réelle réhabilitation des valeurs qui ont valu à notre pays le surnom de « Pays des Hommes intègres » », a déclaré Ollo Mathias Kambou. Il appelle ensuite à créer une union entre les Burkinabè pour bâtir une nation prospère.

« Si le retour de Blaise Compaoré peut susciter un apaisement au Burkina Faso, il faut se poser la question de savoir si c’est lui qui est responsable de la situation que nous vivons.

Et si c’est le cas, il faut mener des enquêtes pour savoir quelle est sa part de responsabilité (…) Nous, nous ne considérons pas que les Burkinabè sont divisés (…) Nous sommes aujourd’hui à 2 millions de PDI et plus de 50% du territoire n’est pas sous contrôle étatique.

Aujourd’hui, personne ne peut dire que la situation s’améliore sauf si la personne est d’une malhonnêteté indescriptible. La situation s’empire depuis le 24 janvier. C’est un mensonge grossier de dire que la situation s’améliore »,

Ollo Mathias Kambou, membre de la Mobilisation des Intelligences pour le Faso

Sur la question de la réconciliation nationale, la MIFa soutient que le Burkina Faso doit s’appuyer sur des valeurs de démocratie. Pour les membres de cette mobilisation, « l’exemple doit venir d’en haut ». Cependant, le Pr souligne que c’est le contraire qui se laisse voir actuellement au Burkina Faso. Pour lui, en permettant à l’ancien président de revenir au Burkina en dépit de sa condamnation est un « acte de parjure » de la part du président Damiba.

« Devant ces actes criminels et attentatoires à la survie même de notre peuple, nous appelons à une mobilisation pour barrer la route au projet de restauration de l’ordre de l’ancien (…) Il est du devoir de tout Burkinabè patriote et sincère de contribuer à mettre un terme à la descente aux enfers en inversant les tendances actuelles », a Ollo Mathias Kambou.

Pour le Pr Etienne Traoré, le chemin pour y arriver est bien tracé. Il s’agit, entre autres, de mettre en place un cadre national patriotique, amener l’armée à se désintéresser du pouvoir pour « investir en rangs serrés le théâtre des opérations » et l’abandon du clientélisme, de la corruption, l’incompétence et l’affiliation aux puissances d’argent.

« Pour une refondation positive et qualitative de notre pays, nous proposons la démission de Sandaogo Paul Damiba, la dissolution du MPSR et la convocation d’assises nationales souveraines pour proposer une orientation et une nouvelle intelligence politique », a lancé Ollo Mathias Kambou pour terminer.

Faso7

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