[ Tribune] Rencontre des anciens chefs d’Etat burkinabè : « Sauvons urgemment la paix »!

Ceci est une déclaration sur la situation nationale au Burkina Faso.

Le Burkina Faso est à une période critique de son histoire socio-politique au regard des crises sécuritaire et humanitaire. Il est urgent que le peuple burkinabè, dans toutes ses composantes, fasse table rase sur les divergences et les intérêts individuels pour ramener la paix, gage de tout développement. C’est pourquoi, il faut, loin de tout calcul politicien, analyser avec un grand espoir, la venue de l’ancien Président du Faso, Blaise Compaoré comme un grand pas en avant vers la paix et l’unité nationale.

Il faut voir dans l’ordre normal des choses, la salve de réactions antinomiques par rapport au retour de Blaise Compaoré, qui a fait couler beaucoup d’encre et de salive, dans le cadre d’une rencontre initiée par l’actuel Chef de l’Etat, le Lieutenant-Colonel Paul Henri Sandaogo Damiba et ses anciens homologues.

En effet, les médias nationaux et occidentaux ont relayé la venue de l’ex-Chef de l’Etat qui a passé près de huit ans d’exil en terre ivoirienne, accompagné de son épouse, le jeudi 7 juillet 2022. Mais cet évènement est bidimensionnel à savoir la prise en compte de la justice et la réconciliation nationale.

Au plan de la justice, l’arrivée de l’ancien président Compaoré a entrainé la manifestation d’opinions diverses, tout à fait normal dans un pays de droit. Dans les colonnes des journaux, sur les plateaux d’émissions radiodiffusées et sur les réseaux sociaux, chacun y va de son commentaire pour justifier la pluralité des points de vue. C’est cela aussi la démocratie. A cet effet, de nombreuses personnes révoltées se sont dressées contre le retour de Blaise Compaoré dans un contexte où il a été jugé et condamné par contumace par la justice burkinabè dans le cadre de l’assassinat du feu président Thomas Isidore Sankara.

Ils ont mille et une fois raison car la justice doit être indépendante et être exécutée. Pour certains, ce retour sonne comme un début de solution pour la paix, la sécurité et la réconciliation nationale sans forcément passer par la prison, au grand bonheur du peuple burkinabè et au nom du pardon. Ces derniers aussi ont mille et une fois raison car il est aussi important de parer au plus urgent qu’est la paix au bénéfice du peuple burkinabè.

Au plan de la réconciliation nationale, là aussi, les opinons sont divisées. Par ailleurs, pour certaines opinions, il faudra que les victimes soient témoins d’un pardon sincère de la part de leurs « bourreaux ». Il s’agirait pour eux de mettre en place une tribune où chacun passera témoigner et demander pardon à ceux ou celles qu’il a offensés. Pour d’autres points de vue, il faut réunir toutes les filles et fils du Burkina Faso pour fumer le calumet de la paix en trouvant des voies et moyens pour contenir l’hydre terroriste.

Cependant, l’arbre ne doit pas cacher la forêt. Car, il faut savoir raison gardée face à ce contexte difficile aujourd’hui qui met à mal tout un pays. Il faut donc avoir le courage de dire que le Burkina Faso a perdu certaines de ses limites territoriales internes primitives occupées par les forces du mal.

Dans un esprit de sagesse, il est à noter que le processus amorcé par le président Damiba doit être vu, au-delà de toute visée politicienne et tout intérêt égoïste comme une main tendue à la paix et à la réconciliation nationale. Nous savons tous que le président Compaoré et d’autres personnes ont sur leur dos la justice burkinabè mais il faut privilégier l’intérêt de la nation burkinabè.

Car, les grands peuples, à un moment crucial de leur histoire, doivent savoir taire leurs divergences et opter pour des mécanismes de paix. Au Burkina Fao, le peuple doit certes, faire appel au passé mais il doit conjuguer son épanouissement au présent. Et à l’heure actuelle, toutes les forces sociales doivent donner cette carte blanche au président Damiba pour voir jusqu’où, la paix peux revenir au pays des Hommes intègres avec la rencontre initiée avec les anciens Chefs d’Etat dont celle avec Blaise Compaoré qui cristallise les débats.

Outre les différentes opinions sur cet épisode de la vie socio-politique du Burkina Faso, il faut refuser d’être par la suite à la croisée des chemins pour ne savoir quoi choisir et où aller. Et, sans être partisan d’un camp ou de l’autre, il faut privilégier l’intérêt supérieur de la Nation en écoutant toutes les filles et tous les fils du pays pour trouver un consensus national en vue de préserver le peu d’unité nationale qui nous reste et de chercher à rétablir dans toute sa plénitude cette unité nationale.

Oui, le passé est douloureux mais nous devons avoir comme maîtres mots la paix et la réconciliation nationale pour nous-mêmes, nos enfants et les générations futures. Ne mettons pas les intérêts individuels en avant pour semer les graines de la grande discorde et d’une crise irréversible, qui germeront tôt ou tard et nous envahir à jamais.

Le Burkina Faso a besoin de tous ses enfants qui accepteront, encore une fois de plus, l’union dans le pardon pour un vivre-ensemble harmonieux dans lequel, politiciens et populations seront fiers de contribuer au développement d’une nation bénie depuis la nuit des temps. En cela, les rencontres avec d’autres personnalités qui viendraient après celle entre le pouvoir en place et les anciens Chefs d’Etats devraient être les bienvenus dans la sincérité au grand bonheur du peuple burkinabè.

C’est pourquoi, tout Burkinabè devrait au nom de la Nation et de nos générations futures, faire preuve de tolérance pour que nous puissions avoir la paix dans la cohésion sociale.

Car, si nous pensons aux multiples morts pratiquement, chaque jour qui fait, dans nos campagnes et même à l’intérieur de localités très proches des centres urbains, il est plus qu’urgent de sauver la paix.

Bakary BONOU

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