Réconciliation nationale au Burkina Faso: 65 milliards de F CFA pour indemniser les victimes

Le Ministre en charge de la réconciliation nationale a rencontré ce mardi 5 juillet 2022, les membres des associations des victimes. Au cours de cette rencontre d’information, il a annoncé que le bilan provisoire des dossiers enregistrés par le Haut Conseil de la Réconciliation et l’Unité Nationale (HCRUN) est  de plus de 5 600 dossiers collectifs et 30 000 dossiers individuels de 1960 à 2015.

Dans le cadre du processus de réconciliation en cours, le gouvernement a identifié en collaboration avec le Haut Conseil de la Réconciliation et l’Unité Nationale (le HCRUN), plusieurs  dossiers qui nécessitent une indemnisation. Selon le ministre d’Etat, de la réconciliation nationale, Yero Boli, le bilan provisoire des dossiers enregistrés par le HCRUN et le ministère en charge de la Cohésion Sociale fait état de plus de 5 600 dossiers collectifs et 30 000 dossiers individuels de 1960 à 2015.

« Plus de 179 dossiers de pertes en vies humaines, 543 dossiers des blessés, 839 dossiers de destruction des biens individuels, 71 dossiers de destruction des biens des sociétés, plus de 28 000 dossiers du contentieux administratif, 282 dossiers du contentieux foncier urbain », a-t-il détaillé.

Il a ajouté que 7 215 travailleurs déflatés de 1991 suite aux licenciements liés aux Programmes d’Ajustement Structurel (PAS), et ceux des 600 anciens étudiants de Cuba dénommés « les orphelins de Sankara », s’ajoutent à ces dossiers.

Les membres de l’association ont accueilli différemment les propositions du ministère en charge de la réconciliation nationale.

Selon lui, le message de la rencontre avec les associations des victimes, était de rassurer toutes les victimes qui ont déposé des dossiers depuis la commission nationale de réconciliation et des reformes jusqu’au HCRUN et jusqu’au ministère chargé de la cohésion, que leurs dossiers ont été pris en charge et que le gouvernement s’engagent à commencer à les indemniser.

Ce montant  est « assez  important pour le budget de l’Etat »

Il a annoncé que le coût global de réparation financière des cas déjà traités et évalués par le HCRUN à la date du 26 octobre 2021 est estimé à 65 740 623 886 F CFA.

« Cette évaluation concerne principalement les dossiers de l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014, les dossiers du Coup d’Etat de septembre 2015, les dossiers de conflits entre agriculteurs et éleveurs de la région du Sud-Ouest, les dossiers du contentieux administratif des 27 militaires condamnés pour motif de tentative de coup d’état en 1996 », a-t-il expliqué.

Il a trouvé que ce montant est « assez  important pour le budget de l’Etat ». C’est pourquoi, il a laissé entendre que ces indemnisations vont s’étaler dans le temps au fil de l’exercice budgétaire, et dès les prochaines semaines, ils seront en mesure de commencer à émettre des chèques au bénéfice des victimes.

Ces propositions du ministre Yéro Boli n’ont pas été du goût de toutes les victimes. Certaines estiment les indemnisations en deçà de leur mérite. Selon Kisswensida Kaboré, président de l’Association nationale des travailleurs déflatés, la proposition n’est pas suffisante et estime qu’ils n’ont pas été associés à la négociation.

« C’est un problème parce qu’on n’est pas fermé. On a toujours dit partout qu’on est ouvert. La  preuve est qu’à l’atelier, on a dit vous faites une proposition et on va négocier et nous tenions à ça, même si on va accepter, c’est de plein gré. On ne peut pas nous forcer. C’est la réconciliation après tout. C’est là ou vraiment on est dans des regrets. On attend qu’on ouvre les négociations pour qu’on voit dans quelle mesure est ce qu’on peut résoudre notre problème. (…) Il ne faut pas qu’on nous impose quelque chose pour une réconciliation », a-t-il suggéré.

Kisswensida Kaboré,  président de l’Association Nationale des Travailleurs Déflatés trouve qu’ils n’ont pas été associés aux négociations sur leur réparation financière.

Pour le président des anciens étudiants formels, Stanislas Damiba, la démarche est bonne, car ils ont attendu pendant une trentaine d’année.

« C’est une bonne approche. Nous sommes très contents pas pour nous ici déjà, mais tous les camarades qui sont décédés et qui ont laissé des veuves et des orphelins. Ce que le ministre d’Etat et de la réconciliation a dit ce matin est très important pour nous et ça va venir vraiment corriger une injustice depuis une trentaine d’année que nous avons subie. Il faut que le ministère aille rapidement à cette réconciliation nationale parce que ce n’est pas seulement nous les anciens étudiants de Cuba qui avons besoin mais ça va apaiser le pays », s’est-il réjoui.

Le président des anciens étudiants formels, Stanislas Damiba, demande au ministère d’aller vite dans la réparation des victimes pour apaiser le pays.

Le ministre d’Etat, de la réconciliation nationale, a également annoncé la tenue prochaine d’un forum de la réconciliation nationale. Il a aussi précisé que toutes les actions militaires continueront de s’intensifier et que le Gouvernement a décidé d’encourager les initiatives endogènes de résolution des conflits à travers les comités locaux de dialogue pour la restauration de la paix dont l’action permettra à moyen terme de ramener la paix et la quiétude dans notre pays.

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