Lookman Sawadogo : « Notre société est malade »

Le comité de l’Appel de Manéga et le bureau des étudiants de l’université privée de Ouagadougou (UPO) ont organisé un grand panel autour de la réconciliation et la paix, ce jeudi 30 juin 2022.

C’est autour du thème, « La réconciliation comme solution à la crise multidimensionnelle et la rupture de paix au Burkina Faso : les solutions du droit et des juristes, des jeunes, des acteurs socioculturels, des intellectuels et des Medias », que se sont déroulés les échanges lors du panel entre les étudiants et le comité de l’Appel de Manéga.

Inviter les médias à diffuser des messages d’incitation à la cohésion sociale, Appel à la mise en place de mécanisme d’application des lois, procéder à des reformes constitutionnelles et des textes liés à la décentralisation …, sont entre autres les questions abordées par les panelistes pour montrer aux étudiants comment permettre au Burkina Faso de sortir de sa zone de turbulences.

Selon Kiougou Sawadogo, délégué général des étudiants de l’Université privée de Ouagadougou, l’idée de l’organisation de ce panel, s’imposait parce qu’en tant que juristes, ils doivent contribuer à la lutte pour asseoir la paix au Burkina Faso. « Actuellement, il y a une déchirure des couches sociales et la réconciliation s’impose. L’idée de l’initiative est partie de là. (…) En tant que juriste, moi, je prends l’engagement d’œuvrer dans le sens de la réconciliation, dans le sens de la paix », s’est-il expliqué.

Une société qui est malade n’offre pas de chance aux compétents

Quant à Lookman Sawadogo, le secrétaire général de l’Appel de Manéga, il a indiqué que cette démarche de l’Appel de Manéga correspond à la tendance actuelle qui est d’aller vers les jeunes et les universités afin de donner une meilleure compréhension de la réconciliation nationale. « Notre démarche consiste à clarifier les choses et à engager les jeunes à comprendre et à mieux, être des gens qui vont prendre en charge cette question-là, que d’écouter des propos qui ne sont pas souvent réalistes, des hommes politiques ou des acteurs qui le font à dessin », a-t-il fait savoir.

Il a expliqué qu’il faut aller à une réconciliation basée sur la vérité, le pardon et la justice classique comme non-classique. « Pour nous, la vraie information, c’est de faire comprendre aux jeunes, que notre société est malade. Elle est malade de son passé. Etant malade aujourd’hui, elle ne peut pas offrir la stabilité, elle ne peut pas offrir de garantie d’une vie normale dans le pays et qu’il faudrait donc penser à l’avenir. (…)  Une société qui est malade n’offre pas de chance aux compétents. Ce sont les médiocres qui évoluent dans une telle société » a-t-il dit.

Lookman Sawadogo dit être convaincu que les échanges avec les étudiants permettront à ces derniers de se départir de la médiocrité.

Le paneliste Dramane Konaté, pour sa part, a prôné le recours aux valeurs fondamentales pour résoudre le problème de réconciliation nationale. « Il faut que nous puissions nous inspirer de nos valeurs endogènes », a-t-il indiqué.

Joël THIOMBIANO (stagiaire)

Faso7

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