Tribune de Dr Nathanaël Congo : « Honte à l’enfant qui ne fait pas mieux que son père ! »

Ceci est une tribune de Dr Nathanaël Congo sur la situation au Burkina Faso, mais aussi sur le rôle de la jeunesse dans l’essor du continent africain.

Depuis le début du millénaire, le monde connait des crises notables au triple plan politique, économique et social. Plus récemment, la crise sanitaire liée à la propagation mondiale de la COVID-19 a davantage fragilisé un monde qui était déjà sous tension dans plusieurs secteurs.

 L’économie connait des fluctuations sans cesse qui mettent à rude épreuve la croissance déjà affaiblie par les effets néfastes des chocs de tout genre.

Sur le plan social, malgré la promesse universelle d’aller à la mondialisation pour un monde plus libre et ouvert, les frontières entre pays, peuples et continents n’ont jamais été autant hermétiques.

Le terrorisme international, les crises communautaires et leurs corolaires  continuent de sévir et de s’installer durablement dans nos contrées.

Les effets du changement climatique viennent ajouter à ce cocktail Molotov, un niveau supplémentaire de stress et amplifient le besoin urgent de paradigme(s) nouveau(x).

Ceci, en allant vers un engagement plus actif et en coupant le cordon ombilical avec un paradigme ancien qui a, bon an mal an, conduit notre génération dans un cycle infernal de mimétisme et de l’inaction. Les jeunes doivent agir !

Le tournant générationnel du 21e Siècle marque un réel changement dans la marche du monde vers plus de liberté. Cette liberté représentée par l’émergence des médias sociaux a donné plus de force, plus d’outils et de marge de manœuvre à une jeunesse plus instruite, moins complexée et plus ouverte au changement.

Mais une jeunesse aussi quelque fois désabusée par les politiques, désemparée dans la majorité par le chômage, et réduite très souvent à la solde de politicards.  Cette génération, malgré tous ses défauts, ne se met point en porte-à-faux avec ses devancières. Nos devanciers ont fait ce qu’ils pouvaient selon les paradigmes qui étaient les leurs (guerre froide, bloc soviétique, impérialisme colonial, néo colonialisme, condescendance face aux anciens colons, etc.). 

Le combat, c’est maintenant !

Cependant, dans un déni objectif des échecs des ainés et dans un instinct de survie de nos Etats, la génération actuelle se doit de bâtir des forteresses contre l’ignorance, des barrières solides contre la pauvreté générationnelle, pour garantir à l’Afrique un meilleur sort que celui qui est le sien aujourd’hui.

Ce déni n’est ni un affrontement, ni une ingratitude, encore moins un rejet des efforts de ceux qui, à la sueur de leurs fronts et au sang de leurs veines, ont contribué à bâtir les fondements de notre société moderne. Que de reconnaissance à l’égard de ces braves forgerons de l’histoire de notre monde en général et en particulier, de notre Afrique, si chère mais si oubliée, si fière mais si résignée, si belle mais si déchirée.

 La jeunesse se doit de remettre au goût du jour des saveurs meilleures, une vie meilleure, pour elle et pour les générations à venir.

Le combat, c’est maintenant ! Les tragédies qui minent le monde aujourd’hui donnent pleinement raison à celles et ceux qui luttent au quotidien pour un engagement politique des jeunes.

Aux guerres froides, aux sempiternels conflits de succession, aux relents autocratiques d’hommes politiques véreux et sans vergognes, doit se substituer une jeunesse qui se distingue par son attachement à l’émergence d’une Afrique plus forte, respectueuse des règles fixées ensemble.

Ce nécessaire engagement politique passe par une prise de conscience générale sur l’évidence qu’aucun développement de l’Afrique ne viendra de l’extérieur. L’ironie du sort nous enseigne même que cette Afrique est devenue aujourd’hui le rêve de tous les autres continents. La jeunesse actuelle n’aura guère d’argument à brandir, au moment où nos enfants et leurs enfants regarderont dans le miroir de l’histoire, et feront un procès sans complaisance de nos échecs.

Etre son propre boss est un slogan qui devrait nous inspirer toutes et tous au quotidien.

« Honte à celui qui ne fait pas mieux que son père » disait le célèbre Capitaine Thomas Sankara ! Nous avons plus d‘intelligences et de pouvoir, que de raisons fallacieuses de se résigner à changer ce monde de la meilleure des manières pour que notre Afrique en redevienne la locomotive. Elle est quand même le berceau de notre humanité !

 Les pays occidentaux qui ont à leur tête des jeunes de notre génération sont aujourd’hui des exemples si lointains mais si proches, que la jeunesse est et demeure une solution viable et fiable pour changer positivement l’Afrique.

Au – delà de l’engagement politique, la liberté financière est l’un des grands défis que la jeunesse, dans un élan volontariste doit définitivement régler. Les fonctions publiques ne sont plus une panacée à la problématique du chômage endémique et ambiant des jeunes. C’est pourquoi, il est fort intéressant de se satisfaire d’un réel engouement de nos contemporains vers la création de leurs propres entreprises. C’est de là que viendra le salut de l’Afrique. Etre son propre boss est un slogan qui devrait nous inspirer toutes et tous au quotidien.

Cet argument est d’autant plus pertinent que les économies africaines reposent en grande partie sur l’aide publique au développement. Ce qui est du reste une véritable honte pour ce continent si riche ! Une aide qui d’ailleurs, si l’on observe l’actualité, aura bien du mal à garder le cap. L’artiste l’a dit, « il faut se lever pour sauver l’Afrique ». C’est le rôle de sa jeunesse. C’est notre devoir !

Le combat pour l’Afrique à travers sa jeunesse passera aussi et surtout par celui de l’égalité des chances et du nécessaire engagement des femmes. Nos sœurs pour qui le quotidien est bien souvent peu clément, du fait des pesanteurs socioculturelles, de l’analphabétisme et des défis liés à leur condition féminine, doivent aussi s’engager dans tous les secteurs de la vie. Cela passe par une union sacrée de toutes et de tous pour saisir l’opportunité des possibilités que nous offre la société moderne dans ce sens.

Nulle ne doit rester en marge de cette marche victorieuse menée par la jeunesse elle – même. Certains changements sont irréversibles et la transformation par la jeunesse encore plus. Ces changements passeront forcément par le nécessaire et courageuse mise sur la table de questions existentielles et d’actualité pour l’Afrique telle la problématique du modèle de développement -entre mimétisme et originalité-, la question de la chefferie traditionnelle et la question du genre -liberticide et équilibre-, etc.  

Mais en tout état de cause, une autre vie est forcément possible !

Dr Congo Nathanael

Docteur en Sciences de Gestion

Intéressé par l’engagement des jeunes.

E-mail : nathanaelcongo35@gmail.com  

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Un commentaire

  1. Félicitation Dr, j’ai aimé. Trop de maturité dans ton corps 👏 Courage à nous Jeunes. Une autre vie est vraiment possible 👍

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