Loi d’habilitation sur les sujétions liées aux nécessités de la défense nationale : Les médias appellent l’ALT à se démarquer

Les organisations professionnelles des médias ont organisé une conférence de presse ce vendredi 3 juin 2022 pour se prononcer sur le projet de loi portant habilitation du gouvernement à prendre des mesures dans le cadre des sujétions liées aux nécessités de la défense nationale.

Le projet de loi en question doit être examiné par les membres de l’Assemblée législative de Transition le lundi 6 juin 2022.

Invitées par la Commission des Affaires Générales, Institutionnelles et des Droits Humains (CAGIDH) le 30 mai 2022 à donner leur point de vue sur la loi, les Organisations professionnelles des médias (OPM) ont partagé avec leurs confrères, les observations qu’elles ont eu à faire.

Pour les acteurs des médias, le contenu de la loi est « ambigu » car il ne dit clairement les ordonnances que le gouvernement sera habilité à prendre ou souhaite prendre. Par ailleurs, les OPM ont pointé du doigt l’ambiguïté de la loi pour ce qui concerne son champ d’application.

Aussi, dans le cadre du renforcement de l’Etat de droit, les organisations professionnelles des médias estiment que la prise de mesures d’exception n’est pas utile. « Quels types de mesures le gouvernement sera amené à prendre qu’il n’a pas déjà pris dans le cadre de l’Etat d’urgence ? Pour nous, cette loi n’a pas de plus-value et constitue un danger pour l’Etat de droit et la démocratie, quand on connaît les sacrifices consentis par de nombreux filles et fils de notre peuple pour la sauvegarde des libertés démocratiques et de l’Etat de droit », a déclaré le porte-parole des OPM, Guézouma Sanogo, membre du Comité de pilotage du CNP-NZ et par ailleurs Président de l’AJB.

Au regard de toutes ces observations, les organisations professionnelles des médias disent ne pas soutenir l’adoption de la loi en question. Aussi, ont-ils appelés les membres de l’Assemblée législative de Transition à s’y démarquer également.

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Pour les OPM, les autorités burkinabè prennent pour prétexte la lutte contre le terrorisme pour vouloir « verrouiller les espaces de liberté, confisquer la liberté d’expression et bâillonner la presse et la liberté qui va avec », et ce, depuis 2019.

L’avènement du MPSR n’a pas amélioré la situation, à en croire Guézouma Sanogo. Pire, le régime actuel a clairement affiché ses velléités de « museler davantage les libertés », selon le porte-parole des   organisations professionnelles des médias.

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Joël THIOMBIANO (stagiaire)

Faso7

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