Safiéta Kaboré : « On ne peut pas prouver aux étudiants qu’il y a un manque de fonds dans le pays »

L’Association nationale des étudiants burkinabè, section de Ouagadougou (ANEB-Ouaga) a marché ce jeudi 12 mai 2022 sur le Ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (MESRI) pour exprimer son indignation suite aux nouvelles réformes entreprises au niveau du Fonds National pour l’Education et la Recherche (FONER).

« Non au saccage des acquis des étudiants ! », « Non aux réformes des institutions de Bretton Woods ! », « Le FONER n’est pas une banque, 6% c’est trop ! », etc. étaient, entre autres, les slogans sur les pancartes des étudiants manifestant devant le MESRI.

Face au Pr Sado Traoré, DG représentant le ministre Frédéric Ouattara, Safiéta Kaboré, présidente de l’ANEB-Ouaga, a fait savoir dans sa déclaration que la volonté du ministre de l’Enseignement supérieur d’appliquer la nouvelle réforme du FONER n’est rien d’autre qu’un acte autoritaire.

« Monsieur le ministre, de façon autoritaire, vous avez décidé le 21 avril 2022 des nouvelles conditions d’accès aux allocations au FONER. Des décisions dont l’application priverait des milliers d’étudiants de l’aide FONER, pire les enverrait hors des universités. Ces mesures que nous ne saurons accepter sont des mesures anti-étudiants », s’est indignée la présidente Kaboré.

 « sachez que nous serons là pour vous accompagner »

A écouter Safiéta Kaboré, les étudiants ne se laisseront pas conduire hors du campus de cette manière. « Face à cette situation, nous étudiants, nous refusons de nous laisser chasser de la sorte des universités », a-t-elle martelé.

Se prononçant sur l’argument du FONER disant qu’il « est confronté à l’insuffisance de ressources financières » et donc « la nécessité de réviser les critères d’octroi des allocations, afin de toucher les plus méritants est de plus en plus crucial », la présidente de l’ANEB-Ouaga estime qu’il est difficile de prouver qu’il y a un manque d’argent au Burkina Faso.

« Pour nous, à l’étape actuelle, on ne peut pas prouver aux étudiants qu’il y a un manque de fonds dans le pays. La preuve (…), chaque jour, il y a des dénonciations de cas de corruptions, des cas de détournements. On a vu beaucoup de dossiers là-dessus. Il y a les dossiers de charbon fin, il y a les dossiers de salaires de trop perçus des ministres. Tous ces éléments, ce sont de l’argent que l’Etat peut récupérer. A l’étape actuelle, on ne peut pas nous convaincre, aucun argument ne peut nous convaincre qu’il n’y a pas d’argent dans ce pays-là », s’est-elle exprimé.

Quant au représentant du ministre, il a rassuré les étudiants que leur message sera transmis à qui de droit. « Le ministère travaille toujours pour le bien des étudiants et ça va continuer dans ce sens et donc votre message sera transmis à qui de droit. Le ministre aurait souhaité être là, mais il est à la réception de matériels au profit des étudiants (…), et je pense que vous aurez un retour dans les jours à venir. Je vous exhorte à rejoindre les salles de classe et sachez que nous serons là pour vous accompagner », a-t-il rassuré.

Elisé SOME (Stagiaire)

Faso7

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