Enterrement des gendarmes tombés : «Vous êtes morts à cause de nous, Dieu va vous donner le repos»

Des militaires tombés au front été conduits à leur dernière demeure ce mardi 10 mai 2022 à Ouagadougou. Il s’agit de 5 pandores de l’Unité spéciale d’intervention de la gendarmerie nationale (USIGN) tombés lors d’une embuscade à Ouanobé, dans le Centre-Nord, le jeudi 5 mai 2022. 5 autres militaires tombés le 4 mai 2022 à Ouanobian dans le Centre-Nord et le 5 mai 2022 à Sollé ont aussi été inhumés. Après la cérémonie de décoration et de l’oraison funèbre, ils ont été enterrés au cimetière municipal de Ouagadougou.

Émotions, pleurs, tristesse. L’émotion était vive au camp Sangoulé Lamizana pour l’adieu aux 10 militaires tombés dans la lutte contre le terrorisme. Lors de l’oraison funèbre, le commandant d’escadron de l’USIGN, François Zoungrana a déclaré que « l’exemple de leur engagement doit être conté de génération en génération ».

Sur l’adjudant Pascal Doye, il a laissé entendre qu’il était un « extraterrestre pour l’unité ». Selon lui, à Arbinda, sa bravoure a fait que le chef du village l’a adopté comme son fils. « Il disait dans ce contexte sécuritaire, avec nos innombrables engagements, nous avons un contrat de vie de 24 heures renouvelable. Il était particulier, un homme à part. Il incarne le prototype du véritable soldat d’élite. Il fait partie des meilleurs de sa génération », a affirmé François Zoungrana.

« mon bébé bye bye ! Repose en paix »

Au cimetière, les familles ont témoigné leur détresse en voyant leurs enfants, frères et amis être enterrés. Pendant que certaines femmes s’évanouissent, d’autres pleuraient et quelques voix se faisaient entendre. « C’est la manière de partir-là qui fait mal », soupire une dame. « Vous êtes morts à cause de nous. Dieu va vous donner le repos », lâche une autre. Un peu plus loin, entourée des siens, une femme fond en larme au passage du cercueil de son enfant, « mon bébé bye bye ! Repose en paix », a-t-elle balbutié.

Hamed Radich Dabiré, l’ami du Maréchal des Logis-chef de l’USIGN, Sompidian Abdel Nasser Sawadogo, a laissé entendre que c’est avec un « cœur serré », qu’il a appris le décès de son ami.

« Je retiens essentiellement des garçons qui se sont battus pour leur pays. Ils se sont battus pour nous, pour que nous soyons en liberté. Pendant que nous, nous sommes relativement en sécurité en ville, eux ils sont  sur le terrain pour qu’on ait la paix et on souhaite vraiment que ce cycle de violence s’arrête », a-t-il affirmé, tout en invitant la population à la prudence et à la coopération avec les FDS. Selon lui, c’est avec leur coopération que les FDS  pourront vaincre le terrorisme.

Quentin Abel Bicaba, lui a trouvé qu’il n’existe pas de mots pour qualifier les sentiments qu’il a eus lorsqu’il a appris le décès de l’adjudant Pascal Doye, chef d’un des deux pelotons pris à partie le 5 mai 2022 dans l’embuscade.

« C’est un leader né, très forte personnalité »

« C’est tout simplement désastreux et même, je crois que le mot est très faible. S’il faut le qualifier en un seul mot c’est un homme sur qui on peut compter. C’est un leader né, très forte personnalité. C’est un vrai homme. C’est quelqu’un de très honorable, courageux, battant », a-t-il annoncé.

Les pandores de l’USIGN, décorés  de la médaille militaire à titre posthume,   ont été inhumés avec les éléments de l’armée de terre. En effet, deux soldats du détachement militaire de Sollé sont tombés le 5 mai lors d’une mission d’escorte. Le 4 mai, 3 éléments de l’Unité Cobra ont également perdu la vie  à l’entrée de Ouanobian dans le Centre-Nord. Ils ont été décorés de la médaille militaire et de Chevalier de l’ordre du mérite burkinabè.

Alice Suglimani THIOMBINAO

Faso7

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Bouton retour en haut de la page