Burkina Faso : De « Babenda » à Johaness, Jean-Aimé Bayili se découvre

Jean-Aimé Bayili, Babenda, Johaness ou encore Johny Johny. Cet homme n’est plus à présenter car il a su se faire une place de choix dans le milieu de l’humour. Alors qu’il a rejoint le Burkina Faso depuis la Côte d’Ivoire afin de poursuivre son cursus scolaire, il est très vite piqué par le virus de l’art. Avec d’autres camarades passionnés de l’humour, ils montent un groupe humoristique dénommé « Génération 2000 ». Face au micro7 le 26 avril 2022, Jean-Aimé Bayili se laisse découvrir.

Nous sommes quelques années avant l’an 2000. Alors que beaucoup prédisent la fin de l’humanité, des jeunes amoureux de l’humour, désireux de marquer leur époque et rentrer dans l’histoire, décident de monter un groupe humoristique et de l’appeler « Génération 2000 ».

Ils étaient loin de s’en douter. Mais ce groupe va traverser les âges et s’installer dans les cœurs. Des plus petits aux anciens, en passant par les jeunes, tous se laissent séduire par les spectacles et les représentations de « Génération 2000 ».

Membre fondateur de ce groupe, Jean-Aimé Bayili a souligné que l’humour a commencé pour lui avec de la « danse humoristique ».

… le testament de Babenda

« Au lieu de ressembler aux autres, nous, notre particularité était de faire de la danse humoristique et d’envoyer des textes aussi », a déclaré Johaness.

Plus d’un quart de siècle après, la passion pour cet art n’est toujours pas passée du côté de celui qui s’est donné pour nom de scène, « Babenda ». Alors que le groupe a connu un moment douloureux avec le décès de l’un de ses membres, Gonrette, il continue à se bonifier tel du vin.

Evoquant cet épisode triste de la vie du groupe, Johaness a le regard vide,  la mine froissée et un soupir avant de lâcher que c’était le « pire moment » de sa carrière. Il a expliqué qu’au fil des années, une complicité était née entre lui et le regretté « Gonrette » qui incarnait le rôle de sa femme dans leurs sketchs. Cette période a visiblement marqué tout le groupe. « On a été tous choqué », a-t-il martelé.

Une réadaptation des spectacles avec désormais deux membres, une vie sans le disparu et toujours une pensée pour Gonrette lors d’un spectacle ou une prestation, ce sont là le quotidien du désormais duo. Duo par la force des choses. Mais trio toujours dans l’esprit. « Des fois, il m’arrive de jouer à un spectacle et je pense à notre ami. Il me donne toujours la force et la motivation », a indiqué Johny Johny.

Pour passer à une autre étape dans leur carrière, le groupe a cependant opté pour un autre volet de l’humour, qu’est la formation. A cet effet, Jean-Aimé Bayili a mis en place « Camp vacances humour » qui se tient chaque année et est à sa 7e édition. Ledit camp offre un cadre de formation pour les jeunes artistes. Ainsi, des artistes humoristes tels que Momo l’intellectuel, Les Homotockés, Soum le sapeur et bien d’autres sont sortis de cet incubateur.

De l’avis de Johaness, cette ambition de se lancer dans la formation est née d’un constat. « On a voulu le faire parce que quand on va partir, les gens vont se demander ce qu’on a légué à la jeunesse », a-t-il expliqué. C’est alors dans une logique de partage de leur héritage que cette volonté est venue.

La famille, c’est la famille et le travail, c’est le travail

Arriver à concilier vie de famille et carrière artistique est souvent une épine pour les jeunes artistes. Sur cet aspect, l’invité du Face au micro7 a expliqué qu’il faut savoir mettre chaque chose à sa place. La famille, c’est la famille et le travail, c’est le travail de l’avis de Jean-Aimé Bayili.

Allant plus loin dans son argumentaire, il a expliqué que si chaque entité occupe et joue bien son rôle, les choses coulissent normalement.  Il a aussi ajouté que sa famille le soutient « énormément » et assiste à ses spectacles.

Vidéo – Le coup de gueule de Jean-Aimé Bayili

Basile SAMA

Faso7

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