Burkina Faso : L’état d’urgence bientôt institué selon le ministre Barthélémy Kéré

Au cours d’une conférence de presse ce lundi 11 avril 2022, le ministre en charge de la Justice, Barthélémy Kéré a fait savoir que l’état d’urgence pourrait être institué sur l’ensemble du territoire burkinabè, dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. Le ministre s’est aussi prononcé sur une possible extradition de l’ancien président Blaise Compaoré, condamné à la prison à vie pour son implication dans l’assassinat du père de la révolution burkinabè, Thomas Sankara.

La dernière prorogation de la loi portant état d’urgence au Burkina Faso, court jusqu’au 22 juillet 2022, selon le ministre Barthélémy Kéré. « L’article 7 de la loi qui réglemente l’état d’urgence précise qu’en cas de démission du gouvernement, ou en cas de dissolution de l’Assemblée nationale, l’état d’urgence prend fin », a-t-il précisé.

A l’en croire, l’état d’urgence en vigueur au Burkina Faso, a donc pris fin 15 jours après la dissolution du gouvernement de Roch Kaboré après le coup d’Etat du MPSR . Et dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, le rétablissement de cette mesure est nécessaire. « L’état d’urgence ayant donc pris fin quinze jours après la dissolution du gouvernement, il y a lieu que les dispositions pratiques soient prises pour la remettre en place pour permettre effectivement de traquer les terroristes. C’est ça l’objectif », a déclaré Barthélémy Kéré.

Selon le ministre en charge de la Justice, la loi sur l’état d’urgence implique entre autres que les ministres en charge de l’Administration territoriale et de la sécurité, selon leurs domaines de compétence dans les zones où l’état d’urgence est en vigueur, peuvent prendre des décisions pour entre autres, interdire la circulation des personnes et des véhicules, ordonner des perquisitions, requérir ou faire requérir la force armée et lui confier des tâches de maintien ou de rétablissement de l’ordre, ordonner le dépôt des armes et munitions, la recherche de toute cache d’armes et procéder à leur enlèvement en cas de découvertes etc. Aussi, selon Barthélémy Kéré, l’article 14 de la loi portant sur l’état d’urgence au Burkina Faso dispose que : « Le ministre en charge de l’administration territoriale ou le ministre en charge de la sécurité peut prendre toute mesure pour assurer le blocage de tout moyen de communication  incitant à la commission d’acte de terrorisme ou faisant leur apologie ou divulguant des informations ou stratégie militaire de nature à exposer les forces de défenses et de sécurité ou à compromettre leurs missions ».

Au cours de cette conférence de presse, le ministre en charge de la Justice a été interrogé sur la possible extradition de l’ancien président Blaise Compaoré, condamné de la peine d’emprisonnement à vie dans la cadre du procès de l’assassinat du père de la révolution burkinabè. Pour Barthélémy Kéré, Blaise Compaoré dispose d’un délai de recours de 15 jours après sa condamnation. Et c’est lorsque la décision prononcée à son encontre sera définitive que la question de son extradition pourra d’être évoquée. Toutefois, le ministre a laissé entendre que cette extradition pourrait rencontrer d’énormes difficultés du fait de la double nationalité de l’ancien président.

« Lorsque les questions d’extradition vont venir, comme vous l’avez suivi, on va continuer de la même manière. Vous avez appris qu’il y a un mandat d’arrêt qui a été effectivement lancé contre Blaise Compaoré. Blaise Compaoré est de nationalité ivoirienne et l’Etat de Côte d’Ivoire a refusé son extradition. C’est un principe qui est en vigueur. Il arrive qu’il y ait des dérogations sinon aucun Etat n’extrade son national. Mais en tout état de cause, s’il y a lieu, évidemment, le Burkina Faso prendra donc ses responsabilités », a conclu l’ancien président de la Commission électorale nationale indépendante.

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