Extrémisme violent : Les jeunes femmes, plus résilientes que les jeunes hommes selon le GRAAD Burkina

Après environ 2 ans de travaux, le Groupe de Recherche et d’Analyse Appliquée pour le Développement (GRAAD Burkina) a restitué les résultats du projet de recherche dénommé « Opportunités économiques d’autonomisation des jeunes et résilience à l’extrémisme violent au Burkina Faso ».  C’était au cours d’un atelier, ce 24 mars 2022 à Ouagadougou.

Dans le cadre de la lutte contre le terrorisme au Burkina Faso, le Groupe de Recherche et d’Analyse Appliquée pour le Développement (GRAAD Burkina) a mis en œuvre depuis juillet 2019, le projet de recherche dénommé « Opportunités économiques d’autonomisation des jeunes et résilience à l’extrémisme violent au Burkina Faso », autrement appelé « HOPE TO RESILIENCE ». Ce jeudi 24 mars 2022 a marqué la fin de ce projet et il était question pour ses porteurs de restituer les résultats de leurs recherches.

Le Dr Martin Sawadogo, Chargé d’étude au GRAAD Burkina, a fait savoir que les enquêtes menées dans le cadre de ce projet ont concerné 1645 jeunes ressortissants des régions à fort défi sécuritaire. Il s’agit  de la Région du Nord, la Région du Sahel, la Région du Plateau Central, la Région du Sud-Ouest et la Région des Hauts-Bassins.  En termes de résultats, 94% des jeunes enquêtés ont été déclarés résilients car n’ayant jamais été impliqués dans des actes d’extrémisme violent, selon le Chargé d’étude.

« Les jeunes femmes semblent plus résilientes que les jeunes hommes » (Dr Martin Sawadogo)

Par ailleurs, il a ajouté que 4% des enquêtés ont une résilience secondaire parce qu’ils ont abandonné l’extrémisme violent et que 2% ne sont pas du tout résilients, étant donné qu’ils font partie des mouvements extrémistes ou sont prêts à en faire partie. « Qu’est-ce qui motive donc les jeunes à commettre des actes de violence du type extrémiste ? Nous avons recensé principalement cinq motivations (…). Il y a des règlements de comptes, des rapports de force, de contrôle des ressources. Il y a aussi la satisfaction personnelle, des motivations d’ordre économique et des motivations d’ordre politique », a fait savoir le Dr Martin Sawadogo.

« Le niveau d’éducation et le sexe sont des facteurs de résilience» 

A en croire le Dr Martin Sawadogo, l’accès aux opportunités économiques des jeunes au Burkina Faso influence positivement leur résilience à l’extrémisme violent. Mais il y a d’autres facteurs plus importants tels que la cohésion sociale, le niveau d’éducation et le sexe. « Cela  veut dire que les jeunes femmes semblent plus résilientes que les jeunes hommes », a-t-il expliqué.

A contrario, le Chargé d’étude du GRAAD Burkina a expliqué que les facteurs qui minent la résilience à l’extrémisme violent sont l’expérience antérieure de la violence extrémiste et la consommation d’alcool et de drogue. C’est pourquoi, il a préconisé de renforcer les mécanismes d’écoute et de prise en charge des personnes qui ont déjà été victimes d’extrémisme violent, notamment les personnes déplacées internes, mais aussi les soldats qui sont au front.

‘’Face à l’adversité, chacun a son rôle et chacun peut jouer un rôle’’ (Dr Gountiéni D. Lankoandé)

Rappelons que ce projet a été mis en œuvre par le GRAAD Burkina avec l’appui financier du Centre de Recherches pour le Développement International (CRDI-Canada). Selon le Dr Gountiéni D. Lankoandé, Secrétaire exécutif (SE) du GRAAD Burkina, ce projet émane du besoin du Groupe, de jouer son rôle dans la lutte contre le terrorisme au Burkina Faso, en tant que composante de la société burkinabè.

« Il faut dire que face à l’adversité, chacun a son rôle et chacun peut jouer un rôle. (…). Au niveau de la compréhension profonde de la problématique, souvent les chercheurs aussi s’interrogent. Ils veulent mieux comprendre la dynamique, ce qui se passe, proposer des solutions à partir des nouvelles connaissances qu’ils arriveront à mettre en évidence », s’est-il exprimé.

‘’Je demande que ces genres d’initiatives soient multipliées’’ (Moumouni Dialla)

Moumouni Dialla, le Président du Conseil National de la Jeunesse, était présent à cet atelier. Pour lui, le projet mis en œuvre par le GRAAD Burkina est important et noble. « En ma qualité de Président du Conseil National de la Jeunesse, je puis vous avouer que ce projet est la bienvenue et est très apprécié au sein de la jeunesse. C’est pourquoi je demande que ces genres d’initiatives soient multipliées pour que la souffrance, les questions d’opportunités économiques autour de la jeunesse puissent avoir une issue favorable », a-t-il déclaré.

Voir ici 👉les principales conclusions du projet, Opportunités économiques des jeunes et résilience des jeunes à l’extrémisme violent

Josué TIENDREBEOGO

Faso7

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