Burkina Faso : Les Homotockés à l’assaut du CENASA avec un One Man Show

Le 25 mars 2022, le groupe d’humour « Les Homotockés » ira à la conquête de la salle du CENESA avec un spectacle de plus d’une heure. Formé en 2018, « Les Homotockés » sont un groupe d’humour composé de Yacouba Belèm alias le Muézin et Yacouba Nana alias l’Imam.  Si le 1er, étudiant, vit en parfaite adéquation avec sa passion, le second allie sa profession de Garde de Sécurité Pénitentiaire à celle de comédien. Qui sont les Homotockés ? Comment arrivent-ils à travailler ensemble ? Quels sont leurs rapports avec leurs homologues ? Et quelle est la lecture du groupe sur les difficultés rencontrées dans le milieu ? Afin d’avoir des éléments de réponse, Faso7.com a reçu le duo !

Faso7 : Qui sont les Homotockés ?

Les Homotockés : Les homotockés  sont deux jeunes comédiens qui se sont croisés lors d’une représentation de pièce de théâtre. Mais, c’est lors d’une formation que l’idée est née de constituer le groupe « les Homotockés ». Les Homotockés travaillent ensemble depuis 2018, donc 4 ans d’existence.

Faso7 : Quel est l’historique du groupe ?

Les Homotockés : Depuis que le groupe « Les homotockés » existe, le groupe n’a jamais chômé. Et ce, avec l’accompagnement des aînés. On est venu avec une vocation et ils n’ont jamais cessé de nous accompagner. Pour cela, on se perfectionne de jour en jour. Quand c’est comme ça, on ne chôme pas. Donc, on peut dire que le parcours jusqu’à présent ça va, ça se passe très bien.

Faso7 : Comment se fait la collaboration entre vous ?

Les Homotockés : C’est une question de passion et quand c’est une question de passion, quel qu’en soit le métier que vous exercez, ça ne doit pas vous empêcher de vivre votre passion. Vous ne travaillez pas 24H/24 et  les cours aussi ne se déroulent pas 24H/24. C’est un peu ça.

Faso7 : Comment se fait l’écriture ?

Les Homotockés : Au niveau de l’écriture, c’est partagé. Lorsque quelqu’un a une idée, il informe l’autre et on se croise pour travailler. La plus part du temps, c’est sur scène que nous travaillons. C’est la nuit qu’on se croise et on essaie de développer les idées pour les mûrir.

Faso7 : Quel rapport entretenez-vous avec vos aînés ?

Les Homotockés : Avec la chance qu’on a eu de collaborer avec les grands frères, on peut dire qu’il n’y a pas de soucis. Ça se passe très bien, on s’amuse, on se rend visite et on prend des verres ensemble. On ne voit personne dans le milieu de l’humour avec qui on n’a pas de bons rapports.

Faso7 : C’est qui votre référence en terme d’humour ?

Les Homotockés : Notre référence, c’est Gombo. com.  Mais d’autres humoristes comme Son Excellence Gérard ou encore Génération 2000 ont participé à notre formation. On peut donc dire que ce sont eux qui nous ont inspirés. Mais en général, tous les humoristes nous ont inspirés.

Faso7 : Comment se passe la préparation du spectacle prévu pour le 25 mars ?

Les Homotockés : Nous sommes  au four et au moulin pour la réussite de ce 1er spectacle. Ça avance tout doucement. On a commencé à travailler depuis longtemps. On était parti en résidence de création à Bobo-Dioulasso où on a fait deux semaines avec le groupe Gombo. com. Tout se passe bien comme nous l’avons souhaité.

Faso7 : Qu’est-ce que vous allez offrir à vos fans ?

Les Homotockés : Le titre du spectacle est  »Sens interdit ». Quand vous regardez dans le pays, il y a beaucoup de sens interdits. On ne peut pas tout dévoiler ici mais … on a une heure de scène à faire et ce qu’on va présenter aux fans, au public, c’est ce qu’ils n’ont jamais vu des Homotockés.

Faso7 : Est-ce votre premier spectacle ?

Les Homotockés : On a eu à faire des spectacles en 2019 au niveau des cercles des arts vivants avec Soum le sapeur. C’était un featuring humoristique et le titre était « Bienvenu au QG ». Mais pour le 25 mars, ça sera le premier spectacle d‘une heure des Homotockés.

Faso7 : Quels sont vos sentiments à quelques jours du spectacle ?

Les Homotockés : On a peur et c’est normal.  On est confiant mais, il y’a toujours ce petit truc qui est là. C’est un défi qu’on doit relever. Mais on est sûr que ça va donner. Nous, on a pris l’option de travailler dans le côté artistique. On aime l’art et on veut donner un spectacle qui respecte les critères de l’art.

Faso7 : Quel est le regard de la société sur votre groupe et sur vos rôles ?

Les Homotockés : Quel que soit ce que tu feras, il y aura toujours un regard négatif et positif. Donc, on ne peut pas éviter ces regards même si par moment, certains pensent très mal. Souvent aussi, il y en a qui comprennent parce qu’on n’est pas là pour faire la guerre. Nous essayons de sensibiliser. On passe à travers le rire pour sensibiliser et tout le monde ne peut pas comprendre cela.

Faso7 : L’humour est en vogue de nos jours, quelles sont les difficultés que rencontrent les Homotockés ?

Les Homotockés : Ici, il n’y a pas de blocage. Chaque pays a sa culture, chaque pays a sa manière de fonctionner et c’est notre manière de fonctionner. Dans la sous-région, il n’y a pas ce pays qui peut se comparer au Burkina en termes de qualité artistique. Tous ces pays reconnaissent que la culture burkinabè est devant. Mais on peut dire que les difficultés, ce sont les autorités et les hommes de bonne volonté qui n’aident pas assez pour le développement de l’art. Artistiquement, le Burkina Faso est bien pausé. Mais pourquoi on a du mal à décoller et à faire voyager les artistes ? C’est parce qu’il n’y a pas de subventions. Ils ne nous aident pas à faire décoller l’art. Ici, la culture est mise en dernier plan pourtant aucun pays ne peut se développer sans la culture ou avec la culture d’autres pays.

Propos recueillis par Basile SAMA et Estelle Guira (Stagiaire)

Faso7

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