Burkina Faso : « Cette transition politique doit tracer les sillons sacrés d’une transition écologique effective »

Ceci est une déclaration du MADEE sur la situation nationale au Burkina Faso.

L’ère de l’anthropocène est une évidence aujourd’hui où l’être humain à lui seul est un facteur suffisant susceptible de conduire à une catastrophe naturelle, à un effondrement de la nature et à l’extinction de la planète terre.

Bien connu de tous, puisque chacun subi de plein fouet ce retour de l’ascenseur par la nature et de ses impacts désastreux.

Si les actions d’un soi-disant de développement moderne est la source de cette dégradation de la nature, il faut bien sûr mettre en pole position toutes les formes de conflits humains, des conflits communautaires, des conflits territoriaux et les guerres civiles.

Ces facteurs sans qu’on se rende compte et ne prenne conscience, bouleversent et compromettent notre présent et notre futur du fait des désastres écologiques. La nature est martyrisée et sa réponse est irréparable, car autant sa récompense est au centuple de nos bienfaits et à contrario sa révolte est au multiple de la douleur subie.

Les crises sociales et politiques sont les sources et soubresauts de ces conflits. Avec cette guerre contre le terrorisme, la nature reste sans défense et subit de part et d’autre des guerriers doublement des coups incommensurables et profonds pour les vivants d’aujourd’hui et pour les survivants de demain.

Malheureusement, la nature autrefois sacralisée dans nos traditions, est aujourd’hui profanée et marchandisée. Beaucoup d’errements politiques ont été lamentablement constatés et vécus au Burkina Faso par-ci et par-là quant à la considération et à la place de la nature pour notre bien-être. Des politiques ostentatoires et des institutions contentives ont été observées juste pour siphonner les gros financements sans réel socle au sein des masses populaires et sans impacts sensibles pour la sauvegarde de la nature.

Ainsi de nombreux fléaux écologiques subsistent et persistent, des pollutions chimiques et plastiques, de l’artificialisation de la terre et à son marchandage, de la perte de la biodiversité à la désertification. Les politiques nationales se sont montrées impuissantes, limitées et involontaires.

Cette transition qui s’est annoncée avec le Mouvement Patriotique pour la Sauvegarde et la Restauration (MPSR) doit être saisie pour engager véritablement une transition écologique consensuelle à travers une démarche et une marche vers la sauvegarde générationnelle de la nature.

La constitutionnalisation et l’institutionnalisation de la nature, de l’écologie doivent être explicitement consacrée.

La réconciliation annoncée a grossièrement enjambée la nature et s’est exclusivement focalisée sur les questions politiques et sociales entre les citoyens. Point de réconciliation entre citoyens sans réconciliation avec la nature pour un équilibre harmonieux.

Faisons bloc pour inscrire la nature, de manière inaliénable, imprescriptible, irréversible et progressive, comme fondement de notre vie et de notre avenir. Il nous faut inscrire l’avenir au cœur du présent.

L’éducation environnementale doit être la règle et la norme et non l’exception dans les fondements de notre vivre-ensemble.

Il y a eu trop de coups d’Etats contre la nature quotidiennement et cette transition doit marquer un coup d’arrêt définitif contre ces phénomènes. Faisons-en sorte de ne plus jamais déclarer la guerre à la nature car si nous la gagnons, nous sommes perdus et foutus.

Faisons-en sorte que chaque crise entre les humains ne soit pas défavorable à la nature pourvoyeuse de toutes nos ressources et que cette transition soit l’avènement constitutionnel et institutionnel d’un contrat écologique inviolable.

S’il y a reconstruction et réparation après la sécurisation totale du territoire, la nature devra être une priorité absolue, transversale et obligatoire à travers un plan d’urgence et de réhabilitation écologique. Les aires protégées et les réserves de faune à l’Est, au Nord et à l’Ouest sont vidangées et nécessitent une reconstitution complète en mettant en avant une gestion communautaire soutenue.

Ne considérons pas la nature, comme un réservoir de ressources que nous vidons et un réservoir de déchets que nous remplissons. Inversons cette tendance et cette attitude à jamais, à travers une sacralisation des principes et comportements écologiques.

Enfin, il nous faut maintenant un réveil vert, une transformation sociale et écologique par le biais d’une constitutionnalisation et d’une institutionnalisation inamovible claire de l’éducation environnementale et de l’écologie pour assoir un renouveau de l’économie, des politiques pour la sauvegarde de notre maison commune et pour un progrès soutenu.

Cette transition politique doit tracer les sillons sacrés d’une transition écologique effective où règnent et règneront une harmonie et une coopération associative entre les vivants pour une paix durable.

Sortons du plastique et des produits chimiques pour une vie saine !

Soyons des labels écologiques dans le concert des Nations !

Vivement, un cadre de synergie et de Convergence écologique !

Soyons des écocitoyens vigilants !

Bien écologiquement !

Le Directeur Exécutif du MADEE

Alassane NAKANDE

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