Dori : Chaudes discussions autour de la composition des délégations spéciales  

A peine le processus de mise en place des délégations lancé que des soucis se font déjà ressentir. Dans la région du Sahel, Organisations de la société civile (OSC) et politiciens se livrent une bataille pour les quelques sièges au sein de ladite délégation. Si des noms sont cités comme des trouble-fêtes, ces mêmes personnes essayent de se justifier autant qu’elles le peuvent.

« Ça ne m’intéresse pas (…) Je n’ai jamais envoyé de correspondance pour prendre part à la délégation spéciale », a déclaré Idrissa Lompo, membre du Mouvement du Peuple pour le Progrès (MPP). Alors qu’il est accusé par certaines OSC de vouloir prendre place dans la délégation spéciale, Idrissa Lompo a indiqué le contraire à la rédaction de Faso7.

Selon ses propos, la note de mise en place des délégations spéciales est « claire » sur les entités et les personnes pouvant prendre part à la délégation spéciale. Aussi, il rappelle qu’il a été conseiller municipal au nom du MPP et pour cette raison, il ne peut pas prendre une décision si ce n’est son parti qui donne les instructions.

Allant plus loin dans ses explications, Idrissa Lompo a déclaré que ce sont les mêmes OSC qui marchaient, qui sont encore impliquées dans de telles histoires. Il s’est montré catégorique sur une envie ou une probable participation à la délégation spéciale. Pendant qu’il ressort qu’il est le probable candidat du conseil régional, Idrissa Lompo, lui, soutient tout le contraire.

« Les Hommes qu’il faut à la place qu’il faut »

Du côté des OSC, l’on n’entend pas se laisser entrainer dans un jeu de chaises musicales qui a déjà mal débuté. Président du MBDHP/Séno et porte-parole du collectif des OSC du Sahel, Abdoulaye Dicko soutient que le gouverneur de la région est au cœur du problème. Selon ses explications, ce dernier aurait procédé à une sélection d’organisations qui vont prendre part à la délégation.

« Au niveau communal, les invitations (ndlr pour la mise en place de la délégation spéciale) sont venues mais au niveau régional, non !  Ensuite, il y a des anciens caciques du régime qui ont été proposés sous certaines bannières », a indiqué Abdoulaye Dicko. Les OSC ont alors tenté de joindre le gouverneur de la région du Sahel pour mettre les choses au clair. Seulement, leurs tentatives sont restées vaines.

Pour lui, il faut prendre le temps nécessaire pour la constitution des délégations spéciales car il faut mettre « les Hommes qu’il faut à la place qu’il faut » car, « tout le monde se rappelle de 2015 et ce que ça a donné ».

Toujours dans la logique de la veille citoyenne, les OSC de la région du Sahel n’ont pas voulu laisser les choses continuer sans comprendre. « Nous avons voulu organiser une marche pour demander le départ immédiat du gouverneur et écrire une lettre à la junte pour expliquer la situation », a laissé entendre le porte-parole des OSC.

« Au-delà de Dori, c’est une chance pour les gens de changer tout dans ce pays en ce qui concerne la gouvernance (…) Exclure les politiciens va être très difficile parce que tout homme est politique. Mais des politiques, à un certain niveau, ne peuvent être tolérés dans les délégations spéciales. Ça a été une grosse erreur en 2015 et nous avons vu ce que ça a donné. Nous avons la chance aujourd’hui de terminer notre insurrection et ça, nous allons le faire (…)

Pour nous, cette délégation spéciale représente beaucoup car elle nous permet de rebondir et d’instaurer une bonne gouvernance dans nos communes. Si le gouverneur veut contourner encore par d’autres stratégies, il va nous trouver sur sa route.

Toute la ville et toutes les communes sont alertées. Nous suivrons l’affaire de près. Nous allons adresser une lettre à la junte sur la mise en place de la délégation spéciale »

Abdoulaye Dicko, porte-parole des OSC du Sahel.

Allant plus loin, il rajoute que le dialogue était rompu entre les OSC et le premier responsable de la région. Plus de discussions possible selon les propos de Abdoulaye Dicko car le gouverneur ne répondait plus aux appels et ne recevait plus aussi les émissaires pour continuer les discussions et tenter de trouver un terrain d’entente. Il a fallu alors l’intervention du Haut-Commissaire du Séno pour aboutir à une rencontre entre les deux parties.

Une rencontre a alors eu lieu dans la nuit du dimanche 6 au lundi 7 février 2022 au domicile du gouverneur selon les explications de Abdoulaye Dicko. « Nous avons dit qu’aujourd’hui, la gouvernance doit changer. Au lieu de se voir la nuit, s’il avait reçu les gens, tout cela n’allait pas arriver. Le gouverneur a tout mis sur le temps », a-t-il dit concernant cette rencontre.

A la suite de cette réunion, la marche a été remplacée par un meeting d’explication afin de faire le compte rendu de la réunion de la nuit aux militants. Par la suite, une délégation forte d’une vingtaine de personnes est allée discuter avec le gouverneur. « Il n’y avait rien qui a pu nous convaincre dans ses explications. Le gouverneur a voulu faire passer certaines choses qui ne sont pas passées grâce à la veille citoyenne, un point c’est tout »,  a lancé Abdoulaye Dicko.

Il faut noter que Faso7 a joint par téléphone le gouverneur pour avoir sa version des faits. Mais il a indiqué qu’il allait nous revenir « plus tard ». La rédaction n’avait toujours pas reçu son coup de fil au moment où cet article était mis en ligne. 

Faso7

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page