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Décryptage de la confrontation Mali – CEDEAO : La rançon de l’autodétermination

Par le Cadre Panafricain Deux Pour Nous, Deux Heures Pour Kamita

La nouvelle est tombée comme un couperet dans la soirée du Lundi 10 Janvier 2022. Une nouvelle de triste renommée qui de mémoire de Ouest africains, à provoquer les réactions les plus indignées jamais enregistrés chez les populations de notre espace communautaire depuis sa création : les chefs d’États des pays de la CEDEAO, excepté le Mali et la Guinée, venaient d’annoncer une armada de mesures indignes, injustes et frappées d’illégalité eu égard des textes fondateurs, à l’égard du peuple frère, peuple martyr, du Mali. Ces mesures honteuses décidées par un groupuscule de présidents en mission commandé rappel à l’ensemble des populations de l’espace CEDEAO et notamment sa jeunesse, frange majoritaire, les heures les plus sombres de notre passé récent ponctuées de désunion, d’ambitions égoïstes démesurés et de cécité dans l’analyse des défis de nos différents États.

Après s’être révélée inapte à tendre une main fraternelle au peuple malien dans le tourment depuis 10 ans, comme édictés dans les textes fondateurs de la CEDEAO paraphés par l’ensemble des États membres, l’organisation a finalement décidé, toute honte bue, de se ranger du côté des agresseurs, des ennemis et des déstabilisateurs de l’État malien ; et pour cause ?

Le peuple malien en symbiose avec des leaders dévoués à la tête d’une transition plébiscitée, est accusé de n’être pas assez servile dans la répétition dictée du dogme démocratique dont la CEDEAO se veut le champion depuis le discours de la Baule.

Le 22 Mars 1991 les populations maliennes mobilisées et jetées dans les rues par une dégradation intenable de leurs conditions sociales, mettaient un terme au régime de moussa Traoré qui était au commande du Mali depuis Novembre 1968.

Cet évènement va ouvrir la voie à la première transition de l’histoire moderne du Mali soldée un (01) an plus tard par des élections générales remportées par Alpha Oumar Konaré.

En 2012 après une vingtaine d’années d’une démocratie électoraliste sous assistance de la communauté internationale, une grave crise sécuritaire éclate et révèle au monde l’état de déstructuration endémique de l’État malien provoquée par vingt ans de corruption, d’affairisme et de laxisme engendrés sous l’auspice de la démocratie libérale. En quelques semaines, les ¾ de l’État malien tombent aux mains de groupes armés. Cette crise va précipiter la fin du régime en place dans un bain de sang entre militaires, pour finalement laisser place à une transition civile contrainte par la communauté internationale d’organiser des élections dans un délai d’une année. Chose faite !

En 2013 Ibrahim Boubacar Keita est élu avec beaucoup d’espoir et d’illusions par un peuple qui voyait en lui le rempart contre la destruction de la nation et le symbole du retour à la sécurité. Mais pris entre les tenailles d’une communauté internationale qui n’avait pour lui que le plus souverain des mépris, il ne sera jamais rien de plus qu’un instrument aux mains de l’ancien colon et de ses alliés pour accélérer la partition du Mali en plusieurs entités étatiques.

Le 18 Août 2020 un groupe d’officiers mettent un terme à ce régime impopulaire et unanimement contesté par toutes les couches de la société malienne, dont le seul agenda était de dérouler les plans à la communauté internationale sur le sol malien.

La CEDEAO et la communauté international coalisées vont encore une fois exiger et obtenir une transition civile dotée d’un mandat unique d’un (01) an avec la mission exclusive d’organiser des élections.

Huit (08) mois plus tard les officiers et sous-officiers malien vont encore s’inviter dans la conduite des affaires d’états pour mettre un terme à cette transition qui avait fini par tomber aux mains de l’ennemie et qui s’engageait désormais sur la voie de la trahison des idéaux ayant motivé les révoltes populaires contre l’ancien régime.

C’est donc à des dirigeants maliens héritiers et pleinement conscient du déroulé de trois processus de transitions, toutes astreintes à une (01) année d’exercice et qui se sont toutes révélés contre-productives, que la CEDEAO demande de reproduire une fois de trop un schémas inopérant et inintelligent.

Si les exégètes de la CEDEAO et de la communauté internationale sont incapables de l’effort introspectif consistant à tirer leçon d’un passé très récent, le peuple malien longtemps abusé qui récent dans sa chaire chaque coup porté contre son intégrité physique et son honneur à le droit et le devoir de ce souvenir et de se projeter. La démarche actuelle du Mali puise ses sources dans les douleurs, les peurs, les rêves et les aspirations profondes longtemps bafoués, des populations maliennes et aucune démocratie n’a prééminence sur l’intérêt supérieur d’un peuple.

Depuis le début des années 90 la démocratie libérale s’est progressivement imposée comme mode de choix des dirigeants politiques en Afrique. Cette mutation des environnements politiques s’est faite sous la pression des écoles de pensés occidentales dont les injonctions étaient corrélés aux finances des institutions de breton Wood. La démocratie est ainsi devenue un ensemble de routine facilitant la prise de contrôle total de pays par l’entremise d’élections aux couts exorbitants source de grande corruption et de malversations financières nationales et internationales. Au bilan de deux décennies d’une démocratie qui n’a jamais pu franchir le rubicond de la mécanique électoraliste, la corruption et les malversations financières ont bondit de façon exponentielle dans chaque pays, aggravant les difficultés structurelles jusqu’alors présentes et rendant impossible toute possibilité de création d’États nations dans chaque cas. Cette démocratie fantasmée va surtout conduire à une cristallisation des différences communautaires, une augmentation des crises postélectorales et un plafonnement des ambitions de chaque président, à la réussite de la prochaine élection présidentielle. Désormais la construction d’États nations viables et autonomes, n’est plus un objectif, la recherche du bonheur pour tous n’est plus un objectif, l’édification d’une société fondée sur des valeurs saines n’est plus un objectif. Seul importait la tenue avec succès de la prochaine élection seul gage d’acceptation du nouveau venu dans les arcanes de la communauté international dont il devenait de facto l’instrument, malgré lui et malgré l’ensemble des espoirs placé en lui.

Deux décennies durant, ce manège s’est poursuivi, inlassablement pour produire en fin de compte une génération de citoyens entièrement désenchantés et dégoutés par l’évocation même des termes « démocratie », « élections », « communauté internationale ». Le model démocratique n’a non seulement tenu aucune de ses promesses originelles, mais pis elle est devenue de nos jours une boite à outils emprunte de dogme pour empêcher le non alignement.

Et pourtant !

L’histoire récente du monde nous enseigne à souhait que la démocratie en elle-même n’a nullement vocation à être un dogme. La crise économique de 2008 puis celle consécutive à la survenue de la pandémie mondiale ont poussé les « grandes démocraties » du monde à faire des aménagements profonds dans leur hypothèse démocratique de base : Les USA sont ainsi devenus les principaux adversaires du libéralisme économique et la France s’est transformée en un État policier où les droits citoyens changent selon les humeurs gouvernementales

Les populations de la CEDEAO attendaient de leur dirigeant une démocratie inspiré et adaptée à chaque contexte national. En lieu et place, c’est un plagiat servile du model démocratique français qui leur a été servie.

La crise actuelle de la démocratie dans les pays africains n’est que le symptôme de la colère d’une génération excédée par deux décennies perdus dans la quête d’un idéal démocratique illusoire à la facture très salée. La crise sécuritaire joue un rôle accélérateur dans l’expression de cette colère. Elle n’en n’est pas la cause.

En s’invitant dans la conduite des affaires d’États, deux (02) fois en moins d’un an, les officiers et sous-officiers maliens ne faisaient que tirer une conclusion évidente de la dialectique de leur histoire récente : Les défis existentiels du Mali vont largement au-delà de simplistes élections organisés aux seul fins de designer un instrument de plus aux mains de forces totalement étrangères aux populations maliennes. Le Mali de 2022 est mis au défis de se relever de trente (30) ans de démission coupable de ses élites. Ces trente années de rendez-vous manqués s’ajoutent aux 23 ans de plaies béates jamais guéries par les régimes consécutifs à l’insurrection de Mars 1991.

La refondation de l’État, de la société et de l’ambrion de nation malienne est aujourd’hui une nécessité absolue, dont le peuple malien ne peut se permettre le luxe de se laisser divertir. Il y va de l’existence même du Mali tel que légué par Modibo KEITA, père fondateur, leader juste, éclairé et grand protecteur de la nation malienne.

Le Mali dans le contexte actuel fait office d’éclaireur pour les autres pays de la CEDEAO car il y a aujourd’hui plus que jamais nécessité de se réinventer, de repenser les fondements de nos États. Le Burkina Faso en tête, le Niger, la Cote d’Ivoire et le Togo feront inévitablement face à des crises de la même nature dans les prochaines années si les choix actuels de gouvernance perdurent.

Comme dit l’adage, « casser le thermomètre ne peut en rien faire baisser la température », de même martyriser le peuple malien pour son choix de se singulariser ne peut en rien mettre fin aux velléité de putsch dans l’espace CEDEAO. L’enjeu des putschs militaires dans le sahel est ailleurs. Ne pas le comprendre c’est ouvrir la porte à une défiance plus accru envers ces institutions communautaires qui incarnèrent l’espoir à un moment donné de leur histoire.

Par sa désapprobation unanime des sanctions décidés contre le peuple malien, la jeunesse des pays de l’espace CEDEAO démontre son adhésion pleine et entière aux conclusions des Assises Nationales de la Refondation (ANR) convoquées par les autorités maliennes. Ce soutien indéfectible est le fruit de l’expérience vécu, d’une recherche patiente et d’une compréhension profonde des nombreux rendez-vous manqués avec l’histoire et les aspirations des peuples.

Le cadre panafricain Deux Heures pour nous, Deux heures pour Kamita, apporte un soutien formel et inconditionnel aux autorités maliennes en lutte pour l’autodétermination et le bonheur pour tous.

Le cadre Deux heures pour Kamita se réserve le droit d’entreprendre dans les jours et mois à venir toute action populaire nationale ou internationale en soutien au peuple frère du Mali.

Le Cadre Deux heures pour Kamita rappel à toutes fins utiles que les présidents de la CEDEAO avec le président ivoirien et Burkinabè en tête ne disposent ni de la dignité ni de la légitimité nécessaire pour s’ériger en donneur de leçons à l’endroit du peuple malien.

Le cadre Deux heure pour Kamita appel les populations de l’espace CEDEAO à se tenir prêt à violer systématiquement l’ensemble des mesures édictées par ce groupe illégitime de présidents, contre le peuple malien.

Le cadre Deux heure pour Kamita invite l’ensemble des forces de défense et de sécurité stationnées aux frontières des différents États de la CEDEAO à offrir un bras d’honneur au groupuscule de président de l’espace CEDEAO. Puisqu’ils pensent être au-dessus des peuples, il leur appartient de se rendre aux frontières eux même pour appliquer ces décisions indignes.

Le Cadre Deux heures Pour Kamita réaffirme son attachement sans faille à la nécessité pour chaque État d’oser inventer son propre avenir.

L’avenir de notre continent sera panafricain ou ne sera pas

Naan Laara, An Saara

Conscientisation – Mobilisation – Action

Pour le Cadre Deux Heures pour Kamita, le Comité de Crise

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