Les faits divers de Zatibagnan : Il braque son futur beau-frère

Il paraît que tout ce que l’on pose comme acte nous revient toujours au visage, d’une manière ou d’une autre, en bien ou en mal, en fonction de l’action menée.

Korsaga Elysée alias le Big est un délinquant. Il assume son statut. Et il s’en aurait vanté s’il ne craignait pas de voir débarquer chez lui une escouade de policiers ou de gendarmes. Le jeune de 30 ans menait donc une vie rangée de soudeur la journée et la nuit, il dessoudait les honnêtes citoyens de leurs biens.

Il avait pour zone d’opération de prédilection, un passage sombre de la ville de Ouagadougou. Zone pas du tout éclairée, parsemée d’arbres et où âme ne vivait après 23h. C’est là que, emmitouflé dans un endroit qu’il aimait, il attendait d’imprudentes proies qui osaient s’aventurer seules sur ce tronçon dangereux.

Son arme n’était autre qu’une barre à mine qu’il a confectionnée lui-même et qui lui servait à  désarçonner ses victimes et à les assommer, s’il le fallait, afin de les dépouiller.

Son métier de soudeur nourrissait son homme. Mais le labeur était laborieux et il ne gagnait pas ce qu’il pouvait glaner en une nuit sur son tronçon de la mort. Des opérations coups de poing étaient certes menées de temps en temps sur cette route dangereuse, mais Korsaga avait réussi la prouesse de ne jamais se faire prendre. En 5 ans de « carrière », pas une seule fois la Police n’est venue toquer à sa porte. Le parfait gentleman et honnête soudeur du quartier n’avait rien à se reprocher.

Zalissa, la lumière

Puis, il tomba sur Zalissa et l’envie le prit soudain de se marier et d’avoir des enfants. Zalissa l’avait totalement transformé. Il avait décidé, pour elle, de changer et de devenir quelqu’un de bien. Mais avant, il fallait qu’il la marie et qu’il lui offre un vrai mariage. Mais le métier de soudeur ne rapportait pas suffisamment, pas assez rapidement pour faire ce qu’il voulait faire. Alors, il décida de faire un dernier coup. Le tout dernier. Et après, c’est terminé, s’est-il juré.

Cette nuit-là donc, il prit position. Et il vit un homme juché sur une « grosse moto » et un sac de voyage. Il évalua rapidement la « prise » et se dit qu’il devait en tirer un bon parti. Il se mit donc à ses trousses et le rattrapa très rapidement. Arrivé à son niveau, il asséna un grand coup de barre à mine et la victime s’écroula avec fracas.

Il décida et vérifia rapidement sa proie, qui ne bougeait plus. Certainement assommé. Il s’empressa de faire ses poches et fouilla son sac. Il trouva une grosse enveloppe d’argent. Souriant, il replia chez lui.

C’est en chantonnant le matin qu’il décrocha l’appel de sa dulcinée. Mais son chant s’éteignit dans sa gorge quand elle lui annonça en pleurs que son frère, qui revenait de voyage pour assister à leur mariage, a été tué dans un braquage la nuit dernière.

Zatibagnan

A vendredi pour un autre fait divers

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