Ouagadougou : La fermeture de l’école privée Som-Toongré met plus de 600 élèves à la rue

A Pissy, quartier situé dans l’arrondissement 6 de Ouagadougou, s’est tenue le samedi 16 octobre 2021, une assemblée générale de parents d’élèves. Il s’agit des parents d’élèves de l’école maternelle primaire privée Som-Toongré qui se sont réunis pour trouver une solution après la fermeture dudit établissement par le Ministère de d’éducation nationale, de l’alphabétisation et de la Promotion des langues nationales (MENAPLN).

Parue dans la liste d’établissements fermés par l’Etat en 2019, l’école Som-Toongré créée en 2005 a finalement été fermée le jeudi 14 octobre 2021. Cette fermeture intervient 02 semaines après la rentrée des classes mettant ainsi à la porte plusieurs enseignants du primaire, 570 élèves du primaire et 83 du préscolaire.

Le ministère reproche à cet établissement le manque d’espace pour l’épanouissement des enfants. Cet établissement primaire est effectivement construit sur une superficie de 560 m2. Or la norme voudrait qu’il y ait un minimum de 800 m2 pour construire une école. Le fondateur de cet établissement, Serges Théophile Kaboré a donc initié cette assemblée générale dans le but de donner sa version des faits aux parents d’élèves et de trouver un terrain d’entente avec le ministère.

L’histoire remonte en 2018 d’après Serges Théophile Kaboré lorsque ce fondateur d’école a décidé de construire un bâtiment à 03 niveaux pour en faire une école maternelle. L’immeuble ayant été construit sur une zone d’habitation, les voisins immédiats de cet immeuble se sont alors plaints auprès de la justice pour dangerosité de l’immeuble. Ils ont donc demandé à ce que l’immeuble soit démoli, ce qui a été rejeté par la justice. « Ce rejet a été décidé après qu’un agent immobilier désigné par le tribunal ait attesté de la solidité de l’immeuble », relate le fondateur.

Des parents d’élèves désespérés

 

« Deux voisins ont ensuite fait faire des prises de vues clandestines », selon le fondateur et a également employé un média de la place pour faire un reportage sur l’immeuble et sur l’école. C’est après ce reportage que la fermeture effective de Som-Toongré a eu lieu. Dans ce reportage, les deux plaignants évoquaient des nuisances sonores les jours ouvrables, une perte d’intimité familiale et une grande insécurité.

Cette assemblée générale a connu une forte mobilisation des parents d’élèves. L’un d’eux, Gana Syan a bien voulu s’exprimer. « Tout d’abord, je suggère que nous fassions une doléance auprès des deux clients pour leur demander pardon afin qu’ils retirent leur plainte. Nous parents d’élèves, nous sommes innocents et nos enfants également. Il n’y a pas d’école publique dans les environs, et vu le prix social que le fondateur a proposé, cela permet à nous les pauvres de pouvoir inscrire nos enfants à l’école. La scolarité du CP1 jusqu’au CM2 ne dépasse pas 30.000f et la maternelle 50.000f », a-t-il fait savoir.

Les parents d’élèves demandent au ministère en charge de l’éducation, de suspendre la fermeture et permettre à leurs enfants de finir l’année scolaire en cours avant de fermer l’établissement. Sur cette question, Koanda Mahamadi, parent d’élève habitant près de l’établissement s’est aussi prononcé. « Le Burkina Faso aujourd’hui est déjà en difficulté. Le Nord et le Sahel enregistrent beaucoup de déplacés internes et d’élèves déscolarisés qui constituent aujourd’hui une préoccupation majeure pour l’Etat. Il y a déjà des déplacés internes que nous avons des difficultés à gérer et à rescolariser. L’Etat ne devrait donc pas contribuer à déscolariser des enfants. Nous voulons qu’il fasse preuve d’indulgence ».

Les parents d’élèves de l’école Som-Toongré demandent la clémence du ministère – ©Faso7

 

Kima Samiratou, élève dans cet établissement qui vient d’être fermé n’a pas pu rester chez elle pendant que ses parents se battaient pour son avenir. Elle a fait le déplacement dans les locaux de l’école où se tenait la rencontre. « Vraiment, nous sommes désespérés, nous ne dormons plus. Si on ferme notre école, on n’aura plus notre CEP (Certificat d’Etudes Primaire). Je demande aux autorités et au ministre en particulier de nous aider car nous sommes vraiment désespérés », dit-elle en tremblant.

En attendant que la presse porte haut le message que les élèves et leurs parents ont à l’endroit des autorités, une pétition a été lancée pour « implorer l’indulgence du ministère de la justice et de l’Etat burkinabè pour essayer d’apaiser nos cœurs désespérés, nous qui ne savons pas où mettre la tête », a indiqué un parent d’élève, debout à l’entrée de l’établissement.

Edwige OUOBA (stagiaire)

Faso7

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