Les faits divers de Zatibagnan : L’accident

Jamais prévisible. Fait généralement très mal. Parce qu’on n’a aucune emprise sur lui. Et il fout en l’air une journée. Si ce n’est pire…

Sarata était pressée ce jour-là. Il lui fallait impérativement arriver à l’heure de ce rendez-vous crucial pour sa carrière. Son actuel patron lui sortait par les pores. Egocentrique, nerveux, dédaigneux et acariâtre, il avait décidé désormais d’ajouter le harcèlement sexuel à son palmarès de chef d’entreprise détestable.

Il lui faut donc rapidement quitter son giron rempli d’ondes négatives pour ne se pas retrouver un matin suspendue par le cou à l’unique arbre de la cour de la société.  Ce rendez-vous était donc important pour elle. Elle allait devenir directrice générale d’une filiale d’une multinationale.

Salaire attrayant et surtout relative indépendance par rapport à son patron qui va se trouver à des milliers de kilomètres.

Elle grimpe sur sa moto. Accélère. L’heure l’avait surprise au lit. Stressée, elle s’était endormie et c’est le réveil de son subconscient qui l’avait réveillée. Elle rejoint le goudron à une heure du rendez-vous. De Saaba à Pissy. En moins d’une heure.  Elle pria le ciel que les feux tricolores affichent le vert lorsqu’elle arriverait à leur niveau.

Mais sa prière ne fut pas exaucée. A chaque poteau, l’œil rouge s’allumait, comme pour la narguer. Sarata avait pourtant un principe auquel elle tenait comme à la prunelle de ses yeux : rester en vie. Et elle faisait tout pour le respecter. Respecter le feu tricolore en fait partie.

L’accident, si imprévu, si imprévisible

Elle est décidée à ne pas en brûler. Voilà pourquoi au dixième bâton de signalisation, elle s’arrêta, son pied délicat enveloppé élégamment dans des escarpins écarlates se posa au sol. Moins d’une minute plus tard, le feu passa au  vert.

A droite, elle ne vit pas la moto de marque Sanili qui arrivait à toute vitesse. Aux guidons, un homme de 50 ans qui tentait en vain d’actionner les freins de l’engin qui avaient tous brutalement abandonné le navire. Il « brûla », malgré lui, le feu tricolore qui était passé au rouge.

Il posa les pieds au sol pour tenter de freiner. En vain. Il cria.

Sarata l’entendit. Mais elle avait démarré trop vite. Ils se rencontrèrent au milieu de la route. Une rencontre brutale. Violente. Le pneu avant de sa moto percuta la fourche de la moto Sanili. Le choc la projeta. Elle voltigea. Et son cou se retrouva en contact avec l’arrière d’un tricycle qui avait réussi à  passer avant l’arrivée de la moto du quinquagénaire.

Sarata ne se releva plus. Le propriétaire de la moto Sanili était son oncle. Le frère de son père.

Zatibagnan

A vendredi prochain pour un autre fait divers

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