Burkina Faso: Plan International dénonce le harcèlement des jeunes filles sur internet

A l’occasion de la Journée Internationale de la jeune fille, l’ONG Plan International a organisé ce vendredi 9 octobre 2020 une cérémonie afin de promouvoir les droits de la jeune fille. Cette année, le thème a porté sur « la liberté et la sécurité en ligne pour les jeunes filles » en raison des harcèlements et des difficultés des jeunes filles à accéder à internet.

Internet est de nos jours un outil incontournable d’apprentissage, de formation, d’expression, de communication et de divertissement a rappelé à l’entame le premier responsable de Plan International Burkina Faso, Yacouba Kaigama.   Selon lui, on constate malheureusement, malgré le progrès important de la technologie, que l’accès à internet reste limité pour les jeunes filles burkinabè en particulier celles qui vivent en milieu rural. Et cela pour des raisons économiques, ethniques et culturelles.

A en croire Bernadette Bama, représentante des jeunes filles à la cérémonie, seulement 9% de la population de Ouagadougou utilise internet, selon un sondage Africascope 2018, Institut Kantar. Ce sondage révèle que 65% des utilisateurs réguliers de l’internet sont des hommes, dont l’âge moyen est 26 ans. Et parmi les 10 779 personnes qui suivent la page Facebook de Plan International Burkina Faso début octobre 2020, il y a 77% d’hommes.

« Internet est cher et si on se connecte, on est harcelée »

Selon la représente des jeunes filles, la cherté du coût de la connexion au Burkina Faso est l’une des causes qui éloignent les jeunes filles d’internet. En effet, plusieurs filles ont répondu par « je n’ai pas l’argent pour acheter les mégas » à la question « pourquoi elles n’utilisent pas internet ? ». Cependant pour Bernadette Bama, le manque d’argent pour payer la connexion n’est pas le seul obstacle pour l’utilisation d’internet par les jeunes filles.

Elle a souligné le phénomène de harcèlement que subissent le peu de filles qui arrivent à se connecter à internet. Commentaires blessants, photos ou vidéos pornographiques, faux profils, voici les quelques difficultés que rencontrent les jeunes filles sur les réseaux sociaux. A ce sujet, le Représentant Résident de Plan International Burkina Faso a fait savoir qu’un sondage opéré sur 14 000 jeunes filles dans 22 pays du monde a révélé que 58% de celles-ci ont subi des harcèlements sur les réseaux sociaux.

Il faut noter qu’à l’échelle mondiale, Plan International dénonce la violence et le harcèlement en lignes dont sont victimes de nombreuses filles. Dans le contexte burkinabé, l’organisation s’est donnée pour mission de souligner les défis en matière d’accès à l’internet qui subsistent pour les jeunes filles, notamment celles vivant hors des centres urbains. Aussi fait-elle le plaidoyer pour davantage d’engagement de la part de tous les acteurs afin que les filles burkinabè puissent pleinement profiter des opportunités de l’internet et des réseaux sociaux, en toute sécurité.

Wendnekôta Gédéon Sango (stagiaire)

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