Nigéria : Vers la castration des violeurs d’enfants de moins de 14 ans

Les législateurs de l’État nigérian de Kaduna au Nord-Ouest du pays, ont approuvé la castration chirurgicale comme punition pour les personnes reconnues coupables de viol d’enfants de moins de 14 ans.

Le gouverneur de l’État du nord-ouest du Nigéria, Nasir Ahmad el-Rufai doit en principe signer le projet de loi en question pour qu’il devienne effectif dans son Etat. Rien ne devrait empêcher cette validation de la loi car Ie gouverneur a précédemment soutenu la castration pour empêcher les violeurs de récidiver.

Pour ce qui est de la loi fédérale nigériane dans le domaine des viols sur les mineurs, elle prévoit une peine de 14 ans à la réclusion à perpétuité cependant selon la BBC, la stigmatisation empêche souvent les victimes de signaler les cas de viol, ce qui fait que le nombre de poursuites judicaires réussies est faible. « Depuis 2015, date à laquelle une nouvelle loi a été adoptée, environ 40 suspects de viol ont été inculpés, selon l’Agence nationale pour l’interdiction de la traite des personnes (NAPTIP), qui dispose d’une liste de délinquants sexuels sur son site Internet », a rapporté la BBC toujours. Toutefois, les législateurs des différents États peuvent fixer des règles de condamnation différentes de celles de l’Etat fédéral.

En juin dernier, les gouverneurs nigérians avaient déclaré l’état d’urgence pour les cas de viols et violences contre les femmes et les enfants. Une nouvelle loi qui élargi le champ d’application de la sanction des infractions sexuelles a également été adoptée. Cette dernière a supprimé le délai de deux mois pendant lequel les affaires de viol devaient être jugées avant qu’elles ne deviennent inéligibles à être entendues par un tribunal.

Une loi dissuasive pour les violeurs

La responsable de l’Agence nationale pour l’interdiction de la traite des personnes, Julie Okah-Donli, a déclaré selon la BBC toujours que « la charge de la preuve incombant à l’accusation, pour prouver les cas de viol est assez fastidieux et technique ».

Les cas de viols sont énormes mais c’est l’un des nombreux cas choquants en une semaine qui a conduit à des manifestations de rue. Une pétition lancée en ligne et signée par des milliers de personnes a eu d’énormes impacts. Aussi un hashtag sur Twitter avait été crée #WeAreTired, pour dire #OnEstFatigué.

« Nous pensons que la nouvelle loi contribuera grandement à enrayer l’augmentation des cas de viols dans notre État », a déclaré le législateur de Kaduna Shehu Yunusa à la BBC. « Si le gouverneur de Kaduna signe [cette] loi, le prochain violeur arrêté à Kaduna pourrait devenir la première personne à être castrée sous cette nouvelle loi », a-t-il déclaré, selon la BBC.

Une opération avec de graves conséquences

Pour la militante du genre Dorothy Njemanze qui est elle-même une ancienne victime de viol, le projet de loi sur la castration des violeurs est vu comme une délivrance.« Rétrospectivement, si tous ceux qui m’ont violée avaient subi cette [castration chirurgicale], d’autres personnes qu’ils auraient également violées auraient été épargnées par la calamité », a-t-elle dit.

Il faut savoir que la castration chirurgicale n’est pas largement pratiquée dans le monde et est considérée comme controversée dans les rares endroits où elle est encore utilisée.

Cette décision n’est d’ailleurs pas élaborée dans les directives édictées par l’Association internationale pour le traitement des délinquants sexuels (IATSO) et les critiques soutiennent que les effets physiques sont irréversibles et peuvent avoir de graves conséquences physiques et mentales.

Faso7

Source: BBC

NB: La photo est une photo d’illustration

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