La chronique du Tarmazollé │36 km d’insécurité : Vite, une « opération coup de bouanga » !

Haroun, sers-moi ma dose ! Je ne voulais pas prendre. Mais ce que les gens là font là, ne me donne pas le choix. Il faut que je dise les vérités dans les yeux des gens. Ce n’est pas possible. Ayooooo ! On ne peut pas continuer comme ça !

His Excellence Monsieur le Président du Faso, non, non et non ! Ce n’est pas excellent ! Non, non et non ! Est-ce que Djibo est vraiment dans votre cœur ? Malgré ma dose du jour, je n’arrive pas à bien voir ! Pourtant quand je plane comme ça, ni Wendé (au nom de Dieu !), un appareil de radiographie ne peut pas me battre !  Mais je ne vois pas Djibo dans votre cœur dèh ! Je regarde, mais je ne vois pas. Ayooooo !

Monsieur le Président, avec tous mes respects vaporisés par mon Tramadol, dites à vos ministres de descendre de leurs motos de campagne. Leur bruit ne nous empêche pas de voir la réalité. Ayoooo !

Malgré mes vap’, je vois que ça ne va pas. Je plane et ça me permet de voir que des morts jonchent une trentaine de kilomètres entre Namissiguia et Djibo. Non, non et non ! Monsieur le Président, wayiii, ça ne peut pas continuer comme ça !

Un député-maire symbole de résistance ? Mort. Un guide religieux qui sort la paix et la cohésion sociale par sa bouche ? Mort. Sur les mêmes 36 kilomètres ! Non, non et non, ça ne peut pas continuer comme ça, chef !

Monsieur le Président, dites-nous la vérité ! Y a le pétrole sous les 36 kilomètres là ?  Ou bien il y a un puissant wackman qui a enterré un wack dangereux sous les 36 kilomètres ? Ou bien on a dit que si un homme met les pieds sur les 36 kilomètres là, il va devenir impuissant ? Wend né Wendé, chef, y a quoi sous les 36 kilomètres et puis vous laissez ces individus sans foi ni loi nous malmener comme ça ?

La patte de Bouanga ne pardonne pas !

Monsieur le Président, il faut faire quelque chose ! Je veux que ce que je vois dans les films là, vous sortez ça dans les prochains jours. Une mission commando « coup de patte de Bouanga ». Pour ceux qui ne savent pas, « Bouanga » veut dire « âne ». Si l’âne t’a eu avec une seule patte arrière, tu vas renier tes enfants et ta maîtresse, je te kouman (parle) de quelque chose !

Donc, monsieur le Président du Faso, il faut faire ça sur les 36 kilomètres là. Nos boys là (merci papa Kafando pour le mot) sont bons là !  Vous les armez bien, vous les motivez bien et puis ils vont faire le « bara » (le travail) sans problème.

En tout cas, papa Roch Kaboré, tout le monde te regarde. Surtout les enfants qui sont à Djibo-là. Ils t’ont entendu quand tu as dit que tu portes Djibo dans ton cœur. Donc, il ne faut pas qu’ils vont aller dire à leur papa que « Tonton Roch a menti ». Ça là seulement, ça ne sonne pas bien deh.

Pardon Tonton Roch Kaboré si je t’ai…euh…si je VOUS ai mal parlé ou si je vous ai tutoyé. Mais c’est parce que je veux sortir de mon état de Tarmazollé. Il y a beaucoup de jeunes comme moi à Djibo là-bas, vous savez ?  Donc, il faut les aider à sortir de ça.

Sur ce, beaucoup de courage, tonton Roch. Mais n’oubliez pas hein : donnez coup de bouanga sur les 36 kilomètres là. On est fatigué des RIP et des condamnations fermes et…ouvertes ! Id yaa yaamè ! (on est vraiment fatigué de ça !).

Tarmazollement, Vôtre !

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« La chronique du Tarmazollé » est une rubrique satirique et caustique animée chaque lundi matin par « Le Tarmazollé de Faso7 ». Le Tarmazollé de Faso7 est un jeune Burkinabè, comme tous ces jeunes Burkinabè qui sont remplis de rêve, de bravoure, mais qui sont obligés de se fondre dans la fange des stupéfiants (l’un d’eux est bien connu sous le nom de « Tarmazoll » ou Tramadol), face à leurs horizons bouchés. Mais ce n’est pas parce que le jeune Burkinabè consomme le « Tarmazoll » qu’il perd de vue les priorités de son pays et qu’il est inconscient. Il a son mot à dire, histoire de faire changer les choses. Histoire que les horizons se débouchent, afin qu’il puisse abandonner le Tramadol.  Sans langue de bois, avec un humour trempé dans l’acide, Le Tarmazollé, après avoir pris « sa dose », va s’attaquer aux maux, défis et problèmes que rencontre la société burkinabè dans tous ses compartiments. Il va parler afin qu’on l’aide à abandonner le tramadol.  Le jour où les problèmes qui lui font prendre le Tramadol finiront, alors, la mission du «Tarmazollé de Faso7 » prendra fin. Ce qui n’est pas encore le cas.

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