Burkina Faso : « Une société sans morale est une jungle où l’animal sauvage est l’homme »( Bassolma BAZIE)

Ceci est une déclaration de Bassolma BAZIE suite à la réponse du gouvernement à l’intersyndicale des magistrats.

Des passages interpellateurs dans une « DECLARATION DU GOUVERNEMENT » !

Lire aussi⇒ Le gouvernement répond à l’intersyndicale des magistrats

Page 3, 3e paragraphe : « …La revendication a porté directement sur l’exception, à savoir le payement du montant de deux mille (2000) F CFA par kilomètre, au moment où les autres fonctionnaires affectés reçoivent (20) francs par kilomètre. ».

Page 6, 2e paragraphe : « …Le Gouvernement réaffirme son attachement au dialogue avec les partenaires sociaux afin d’apporter les réponses idoines pour améliorer le fonctionnement des institutions. ».

Qu’il me soit permis de rappeler au signataire que du 24 janvier au 1er février 2017 s’est tenue la rencontre annuelle Gouvernement/Syndicats. Dans la délégation gouvernementale il y avait 12 Ministres dont :

– Son Excellence Paul Kaba THIEBA, Premier Ministre Chef de la Délégation (1er sur la liste) ;

– Monsieur Clément Pengdwendé SAWADOGO, Ministre de la Fonction Publique, du Travail et de la Protection Sociale (2e sur la liste) ;

– Monsieur Remis Fulgance DANDJINOU, Ministre de la Communication et des Relations avec le Parlement (9e sur la liste).

Cette rencontre a été sanctionnée par un communiqué final énumérant les engagements du Gouvernement. Dans celui-ci, à la première partie (A. AU TITRE DES ENGAGEMENTS DE L’ANNEE 2015), au dernier paragraphe, il est écrit :

« En plus de ces engagements de 2015, les organisations syndicales ont rappelé un engagement de 2013 relatif à la révision du Kiti AN IV-023 du 23 août 1986 portant fixation des modalités et des tarifs des transports par voie terrestre. Le Gouvernement s’engage à relire le Kiti au cours de l’année 2017 ».

Ce Kiti AN IV-023 du 23 août 1986 qui dispose d’une prise en charge de 20 F CFA par kilomètre a même été relu en vue de rehausser ce montant. Il ne restait que sa signature.

Le 9 juin 2017, la délégation syndicale à la rencontre tenue à l’Ambassade du Burkina Faso à Genève, lors de la 106ème session de la CIT, avec la délégation gouvernementale conduite par Monsieur Clément Pengdwendé SAWADOGO, Ministre de la Fonction Publique, du Travail et de la Protection Sociale a rappelé ceci :

« La mise en œuvre des engagements

– Chronogramme sur la loi 028,

– Arrêté portant coupures pour fait de grève,

– Arrêté portant frais de transport en cas d’affectation pour nécessité de service,

– Etc.

Nous sommes en attente de l’exécution diligente de ces engagements qui en notre sens pourra contribuer à apaiser non seulement le front social, mais aussi donnera un peu plus du crédit à nos entretiens. » (Confère rapport pages 3 et 4).

Monsieur le Ministre Clément P. SAWADOGO a pris l’engagement de signer cet arrêté dès son retour au Burkina Faso.

Du 9 juin 2017 jusqu’à ce jour mardi 21 juillet 2020, Monsieur le Ministre n’est pas encore rentré de Genève !?

Quant à l’affirmation « les autres fonctionnaires affectés reçoivent (20) francs par kilomètre. », elle est erronée. En effet :

Au lieu de « les autres fonctionnaires affectés reçoivent (20) francs par kilomètre. », il serait plus correct d’écrire « le Kiti AN IV-023 du 23 août 1986 prévoit 20 F CFA par kilomètre pour les autres fonctionnaires ». Parce que tous les fonctionnaires affectés pour nécessité de service ne perçoivent pas cette prise en charge. Même quand ils tentent de poursuivre, ils sont contraints d’abandonner pour les raisons suivantes:

Exemple pratique : si un travailleur est affecté de FADA N’GOURMA à OUAGADOUGOU et vis-versa pour nécessité de service, la distance est de 220 km. Sur la base de ce Kiti, le montant prévu est : (220 KM) X (20 F CFA/Km) = 4 400 F CFA.

Or, dans la réalité le transport d’une seule personne de FADA N’GOURMA à OUAGADOUGOU est de 5000 F CFA, n’en parlons pas de bagages à transporter.

Même si cet agent affecté pour nécessité de service cherche à poursuivre ces frais de transport prévus par ce Kiti du 23 août 1986, il finira par abandonner sous le poids des contraintes connexes (carburant, temps, énergie etc.).

De tout ce qui précède, en déclarant que : « …Le Gouvernement réaffirme son attachement au dialogue avec les partenaires sociaux afin d’apporter les réponses idoines pour améliorer le fonctionnement des institutions. », quelle crédibilité accorder?

En effet, le communiqué final de la rencontre Gouvernement/Syndicats du 24 janvier au 1er Février 2017 est sur la toile ; la copie du rapport de mission sur la rencontre du 9 juin 2017 à Genève est aussi disponible.

Peut-on « améliorer le fonctionnement des institutions » avec des informations erronées et des engagements non tenus ? Quelle fierté pour un Gouvernement qui dit tenir à la restauration de l’autorité de l’Etat et qui œuvre à les « diaboliser » en vue de les maintenir ses représentants dans un environnement pré dévaluation du F CFA en janvier 1994 dans la mesure où certains Ministres du même Gouvernement driblent le décret de 2008 fixant leurs émoluments et qui est plus récent que le Kiti de 1986 ? Monsieur Clément P. SAWADOGO, ex Ministre de la Fonction Publique a même eu de « l’ingéniosité » pour qualifier ces derniers « d’oiseaux rares ! ».

Mais cela n’est point étonnant puisque dans la même déclaration, il est écrit à la page 5, 1er paragraphe : « Il importe de rappeler que le pacte n’est pas un document de valeur juridique, mais plutôt de valeur morale. Il engage donc moralement et non juridiquement les parties signataires… ».

Sur cela il est impérieux de retenir que la force morale de l’Africain réside dans sa parole, elle incarne toutes les vertus fondamentales de son identité ; par conséquent un intellectuel sans morale est un jour sans lumière !

De toutes les façons, est digne de confiance une personne dont l’acte est constamment en conformité avec la parole donnée !

Bassolma BAZIE

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