Burkina Faso : Les enseignants du privé se disent « victimes de la mauvaise foi de bon nombre de fondateurs d’écoles »

Ceci est une déclaration du Bureau exécutif national de la Coordination nationale des enseignants du privé du Burkina Faso sur la reprise des activités pédagogiques parvenue à Faso7 le 31  mai 2020. 

L’apparition de la pandémie COVID 19 a conduit les autorités de notre pays à prendre des mesures pour freiner la propagation de la maladie. Ainsi depuis le 14 Mars 2020, les autorités en charges de l’éducation ont décidé de la fermeture des établissements d’enseignement publics et privés de notre pays.

Depuis lors, les travailleurs des établissements d’enseignement privé sont laissés à eux mêmes, sans aucune mesure d’accompagnement, ni de la part de l’État, ni de la part des promoteurs d’écoles privées.

Malgré toutes nos démarches auprès des autorités politiques et des faîtière des promoteurs des écoles privées, pour leurs exposer les préoccupations de ces travailleurs et travailleuses et attirer l’attention sur les injustices subies, ces travailleurs demeurent sans assistance.

Pire, ces derniers sont victimes de la mauvaise foi de bon nombre de fondateurs d’écoles qui ont rompu abusivement les contrats dûment signés avec leurs employés. Sans compter que certains d’entre eux accusaient des retard de paiement de salaires depuis le mois de janvier 2020.

Pourtant, d’autres acteurs comme ceux de la culture et du commerce ont bénéficié d’accompagnement du gouvernement. En rappel, plus d’un milliard fut débloqué pour venir en aide aux acteurs culturels et autant pour le secteur informel. Nous ne pouvons donc comprendre que pour un secteur aussi capital que l’éducation, nos autorités puissent laisser les acteurs sans aucun accompagnement.

C’est d’ailleurs par voie de presse que nous avons appris comme bon nombre de burkinabè les dispositions prises pour la reprise des activités pédagogiques ce lundi 1er Juin 2020.

C’est avec amertume et forte déception que nous avons constaté qu’aucune mesure n’a été prise pour tenir compte des préoccupations des travailleurs des établissements d’enseignement privé, que pourtant le ministre de l’éducation M Stanislas OUARO lui même, nous ayant reçu en audience le 15 Mai dernier, avait trouvées légitimes. Il disait à propos que la prise en compte de ces préoccupations étaient nécessaire pour la bonne reprise des activités scolaires. Et il promettait nous revenir après avoir consulté ses services techniques.

Grande fut notre surprise lorsqu’il a déclaré lors d’une conférence de presse, ne pas avoir d’engagement vis à vis des enseignants vacataires.

Au regard des comportements des autorités en charge de l’éducation, vu le mutisme des faîtières des promoteurs d’établissements privés et leur refus de nous écouter, nous estimons que les conditions minimales objectives, permettant aux travailleurs de supporter ces moments difficiles et de subvenir à leurs besoins vitaux et subsistantiels ne sont pas réunies pour prendre part de façon sereine aux activités de cette reprise du lundi 1er Juin.

Par conséquent nous exhortons tous nos militants, sympathisants et l’ensemble des travailleurs à s’organiser à travers des actions multiformes (refus de transmettre les courriers et notes, de participer aux conseils et autres instances de prises de décisions, refus de faire les évaluations…etc) afin d’exiger la prise en compte de leurs préoccupations légitimes posées.

Nous appelons tous nos militants et l’ensemble des travailleurs sur tout le territoire, à rester mobilisés et solidaires pour exiger la satisfaction de nos doléances déposées depuis lors auprès des autorités en charge de l’éducation et des enseignements, condition pour une reprise sereine des cours.

Par ailleurs nous encourageons les collègues à échanger avec leurs employeurs et les partenaires de l’éducation comme les associations des parents d’élèves et même les élèves pour mieux expliquer le bien fondé de leurs revendications.

Nous rappelons que pour les ruptures abusives des contrats, les collègues sous la houlette des responsables locaux devraient continuer à explorer les voies judiciaires pour être rétablis dans leurs droits, en commençant bien sûr par l’inspection du travail.

Chers camarades, travailleurs et travailleuses de l’enseignement privé, restons déterminés et solidaires pour la défense de nos intérêts matériels et moraux et pour un enseignement de qualité pour notre peuple..

Le Président du BEN

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