[Tribune] – Burkina : « Au pays des refrains : « Arrêtez ! nous voulons la paix ! » »

Ceci est une tribune de Bassolma Bazié, secrétaire général de la CGT-B et porte parole des syndicats en lutte contre l’application de l’IUTS sur les primes et indemnités des agents des services publics au Burkina Faso. 
Au pays des refrains : « Arrêtez ! nous voulons la paix ! », « Chef ! nous maîtrisons la situation ! ».
1. Face à une mère, un frère, une sœur, un ami, un camarade qui interrogent leur douleur sur la perte d’un proche perdu dans des flammes, des voix chantonnent : « arrêtez ! nous voulons la paix ! » ;
2. Face à des policiers criant leur détresse d’être dans le dénuement total pour affronter le mal, des voix rétorquent : « ça suffit ! on veut la paix ! » ;
3. Face à des journalistes contraints de demander un micro et un stylo, des voix rétorquent : « arrêtez ! nous voulons la paix ! » ;
4. Face à des éducateurs demandant un minimum au nom de la mission nationale, des voix rétorquent : « ça suffit ! nous voulons la paix ! » ;
5. Face à des agents de santé revendiquant des meilleures conditions de vie et de travail, des voix rétorquent : « arrêtez ! nous voulons la paix ! » ;
6. Face à des forestiers défendant l’environnement, des voix rétorquent : « ça suffit ! on veut la paix ! » ;
7. Face à un « Président » prêt à livrer son discours à la Nation afin de désamorcer une explosion, des courtisans surgissent de façon retentissante en « gommant » certains paragraphes : « Chef ! nous maîtrisons la situation ! » ;
8. Même en plein naufrage, bien que sur les bords pour la plongée, ils diront : « Chef ! la situation est sous contrôle ! » ;
Sous ces refrains d’âmes errantes : la vie est trucidée, les valeurs sont monnayées, les emblèmes sont profanés, les institutions deviennent des grottes d’esclavage, la « Nation » se meurt : « Chef ! la situation est sous-contrôle ! » !
En conséquence, l’environnement est saccagé, l’éducation est délitée, la sécurité est abandonnée, la presse est bâillonnée, les richesses nationales sont pillées, la santé privatisée… : encore le même refrain, « arrêtez ! nous voulons la paix ! ».
Par inconstance, par incohérence ou par cupidité, des cerveaux de service servent les mêmes refrains, « arrêtez ! nous voulons la paix ! », « ça suffit ! on veut la paix !», « Chef ! la situation est sous-contrôle ! » !
De toutes les façons, que vous combattiez le mal ou que vous preniez place à ses côtés afin qu’il s’impose, vous n’échapperez point à ses conséquences : directement ou indirectement !
Du reste, la richesse qu’une âme parentale exige de sa progéniture afin de tâter le repos en paix, est sans doute le niveau de sa dignité : d’où en Mooré « TOND SAKA KUM N’ZUE NIANDE ! » !
C’est nul doute dans ce sens que, Monsieur Constance de Théis, dans « Les pensées diverses (1835) » rappelle ceci : « Quand on ne peut rien opposer à l’injustice, quand le malheur est sans remède, tout ce que l’on peut faire est d’avoir sans cesse devant les yeux le sentiment de sa propre dignité ; mais il ne faut jamais le perdre de vue, car c’est la seule chose qui console dans l’avenir, et ce que rien ne console d’avoir pu oublier. ».

Prenons-en bonne note dans cette période de bradage de nos acquis démocratiques, car les cris de joies (donc de victoires), ou de peines (donc de tortures) de nos progénitures qui nous parviendront, même au fond de nos linceuls, seront fonctions de notre niveau de dignité à nous, pleinement assumée face à nos devoirs, ou lâchement débinée ! Dans la mesure où, l’ossature morale d’un « HOMME » qui fait honneur à sa descendance est faite de dignité : condition sine qanun de « la PAIX » dans « l’ÂME » !

 

La « PAIX » est une conséquence de la « JUSTICE » !
Bassolma BAZIE

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