Corridor Mali-Burkina : À Koloko, le CBC au cœur du suivi des marchandises

Des journalistes ont visité, ce 24 septembre 2026, le bureau du Conseil burkinabè des chargeurs (CBC) à Koloko, dans la province du Kénédougou. Cette étape de la caravane de presse organisée par le CBC sur les corridors reliant le Burkina Faso aux pays voisins a permis de découvrir le rôle du bureau frontalier dans le suivi des marchandises et l’assistance aux acteurs du transport.

Le bureau de Koloko intervient notamment dans la délivrance et la régularisation des documents de suivi du trafic pour les cargaisons en provenance du Mali. Cette mission s’inscrit dans les attributions des bureaux frontaliers du CBC, qui comprennent également la collecte de données, le suivi des flux et l’assistance aux chargeurs.

À leur arrivée à Koloko, les camions font d’abord l’objet d’un état des lieux au niveau du parking. Les informations relatives à la cargaison sont ensuite examinées afin de permettre l’établissement des documents de suivi nécessaires à la poursuite du trajet.

Selon Abdoulaye Drabo, responsable du bureau du CBC à Koloko, le poste joue notamment un rôle de régulation. Certains documents ne comportant pas tous les éléments nécessaires à leur traitement au départ, le bureau intervient pour leur régularisation et leur délivrance.

Le suivi se poursuit à travers la vérification des documents et leur concordance avec les opérations de chargement. Pour les marchandises en transit, le CBC délivre notamment les documents de suivi du trafic permettant d’assurer la traçabilité de la cargaison durant son passage sur le territoire burkinabè.

Une collaboration étroite avec la Douane-©Faso7

La visite a également permis aux journalistes d’échanger avec Rémi Tenkodogo, chef adjoint du bureau des Douanes de deuxième catégorie de Koloko. Il a présenté le CBC comme un partenaire important dans le traitement des opérations douanières.

Le formulaire établi au niveau du CBC contient notamment des informations sur le camion, la marchandise, son origine, sa provenance, sa destination et l’identité du chauffeur. « Le formulaire du CBC est également un document très important que nous exigeons », a expliqué le responsable adjoint des Douanes.

Selon lui, l’absence de ce document dans une déclaration entraîne son rejet et oblige le déclarant à se rapprocher du CBC pour effectuer les formalités nécessaires.

Il a par ailleurs salué la collaboration entre les deux structures. Les échanges permettent notamment de rechercher des solutions lorsque des difficultés apparaissent dans le traitement des dossiers.

Le CBC, interface entre les acteurs-©Faso7

À Koloko, le CBC travaille également avec les transitaires, les transporteurs, la Chambre de commerce, les services vétérinaires et les services sanitaires. Cette collaboration permet notamment de partager certaines informations sur la nature des marchandises et de faciliter leur traitement.

Abdoulaye Drabo a expliqué que le bureau sert parfois d’interface lorsqu’un transitaire ou un transporteur rencontre une difficulté. Il peut alors faire remonter le problème à sa hiérarchie ou faciliter les échanges entre les différents acteurs afin de rechercher une solution.

Les marchandises en provenance du Mali sont diverses. Le responsable du bureau cite notamment les amandes de karité, les noix de cajou et d’autres produits agricoles, mais aussi des produits halieutiques provenant de pays de la sous-région et transitant par le Mali.

Le niveau de trafic varie toutefois selon les périodes et le contexte sécuritaire. Selon Abdoulaye Drabo, le corridor connaît actuellement une reprise progressive après une période de baisse du trafic liée notamment aux difficultés sécuritaires rencontrées du côté malien.

Les chauffeurs sollicitent aussi le CBC

Le rôle d’accompagnement du CBC ne se limite pas aux formalités administratives. Les chauffeurs peuvent également solliciter le bureau lorsqu’ils rencontrent des difficultés liées à l’acheminement ou au stationnement des marchandises.

Oumarou Nébié, chauffeur et membre de l’Union des chauffeurs routiers du Burkina (UCRB), a témoigné de cette collaboration. Il explique que l’UCRB intervient notamment lorsque des camions restent immobilisés alors que les opérations les concernant devraient être terminées.

Dans certaines situations, le problème peut venir d’un désaccord entre le propriétaire de la marchandise, le transporteur et le chauffeur. Le CBC peut alors contribuer à réunir les acteurs concernés afin de faciliter le déblocage de la situation.

Le chauffeur a notamment cité le cas de plusieurs camions immobilisés qui ont nécessité l’intervention des différents acteurs avant leur libération. Il estime que la collaboration avec le CBC permet ainsi de rechercher rapidement des solutions lorsque des difficultés surviennent.

Un site dont les acteurs souhaitent l’aménagement-©Faso7

Au terme de cette immersion, les différents acteurs rencontrés ont également relevé la nécessité d’améliorer les conditions de travail sur le site de Koloko. L’aménagement des infrastructures apparaît comme un enjeu pour faciliter les opérations et offrir de meilleures conditions aux transporteurs, aux chauffeurs et aux autres professionnels intervenant sur le corridor.

Cette implantation permet à l’institution de suivre les cargaisons, d’assister les chargeurs et de faciliter la coordination entre les différents acteurs de la chaîne de transport, conformément aux missions assignées à ses bureaux frontaliers.

Josué TIENDREBEOGO

Faso7

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