Burkina Faso : Ouverture du 2e colloque international de l’OPAD sur l’analyse du discours

L’Observatoire de production et d’analyse du discours (OPAD) a lancé ce 24 septembre 2026, à Ouagadougou, le 2e colloque international sur l’analyse du discours au Burkina Faso. Le colloque est organisé en collaboration avec le Laboratoire Langues, Discours et Pratiques Artistiques (LADIPA), le Laboratoire de Recherche en Lettres, Langages, Arts et Communication (LABOLAC) et le Réseau Africain d’Analyse du Discours (R2AD).
C’est sous le thème « Repenser l’analyse du discours à partir des théories et épistémologies africaines : enjeux endogènes, postcoloniaux et scientifiques » que l’Observatoire de production et d’analyse du discours (OPAD) tient son 2e colloque à Ouagadougou.
Selon le Dr Boukary Nebié, président du comité d’organisation, l’enjeu de ce colloque est de questionner les pratiques, les théories et les épistémologies africaines. Il s’agira aussi de mettre en œuvre un savant dosage entre les théories importées et les théories pensées par les chercheurs africains et burkinabè dans le domaine des sciences du langage et de l’analyse du discours.
« Quand vous prenez un domaine comme l’analyse du discours, où l’on sait que nos sociétés sont de plus en plus malades parce que nous renvoyons parfois des discours qui ne sont pas bien compris ou même parfois mal formulés. L’OPAD a voulu, pour cette 2e édition, questionner la problématique des théories que nous importons d’ailleurs. Est-ce que ces théories sont véritablement appropriées pour des corpus qui sont africains ? », a-t-il expliqué.

Ce colloque est placé sous la présidence du ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, le Pr Adjima Thiombiano, représenté par son conseiller technique Alain Ouédraogo. Il a noté que cette thématique est pertinente et interpelle au-delà des chercheurs.
« Elle touche à une question essentielle pour nos sociétés : notre capacité à produire nous-mêmes du savoir permettant de comprendre nos réalités, d’éclairer notre devenir et d’agir conformément à nos propres besoins », a-t-il dit.
Il a ajouté que cette démarche rejoint les préoccupations actuelles du Sahel relatives à la valorisation des savoirs endogènes et au renforcement de la souveraineté scientifique et intellectuelle.
« La recherche scientifique n’est véritablement féconde que lorsqu’elle part des expériences, des histoires et des savoirs des sociétés qu’elle étudie, au lieu de se contenter d’appliquer des modèles conçus ailleurs pour décrire des réalités différentes des nôtres », a-t-il expliqué.

Ce colloque a reçu 107 propositions de communications, dont 93 ont été retenues et seront présentées selon les six axes du colloque. Il s’agit de, « Fondements épistémologiques d’une analyse du discours africaine », « Théories et tendances actuelles de l’analyse du discours », « Sémiotique, linguistique du discours et reconfiguration de modèles occidentaux », « Oralité, néo-oralité, poétique et stylistique des discours littéraires et non littéraires », « Langues africaines et conceptualisation scientifique des pratiques discursives », et « Écologisation des processus discursifs politiques, diplomatiques et médiatiques ».

Le président du comité scientifique, le Pr Sidiki Traoré, a noté que tous ces axes entrent en droite ligne avec la thématique générale. « Pendant longtemps, la production des savoirs et des discours sur l’Afrique s’est toujours faite à travers le prisme de modèles et référentiels occidentaux, très souvent incrustés dans leur volonté d’hégémonie et dans leur impérialisme. Nous avons pensé qu’il était temps que nous-mêmes, Africains, nous nous ressaisissions de cette affaire, afin de remettre les choses à l’endroit avec une pensée véritable qui tient compte de ce qui est produit chez nous en tant que savoir endogène », a-t-il noté.
Le président du comité scientifique, le Pr Sidiki Traoré a noté que tous ces axes entrent en droite ligne avec la thématique générale.
En rappel, ce colloque rassemble des participants du Burkina Faso, du Mali, du Niger, de la Côte d’Ivoire, du Bénin, de la Guinée-Conakry, de la République Démocratique du Congo, du Gabon et du Cameroun. Outre les communications orales durant 48 heures, d’autres activités sont au programme, telles que des conférences thématiques, des cafés scientifiques et une visite découverte du patrimoine touristique burkinabè.



