Clôture de la SEMH-AES et de la SAMAO : Les bases d’une souveraineté minière et énergétique ancrée dans l’espace sahélien posées à Ouagadougou

La première édition de la Semaine de l’Énergie, des Mines et des Hydrocarbures de la Confédération des États du Sahel (SEMH-AES), couplée à la 8ᵉ édition de la Semaine des Activités Minières d’Afrique de l’Ouest (SAMAO), a pris fin ce vendredi 18 septembre 2026 à Ouagadougou. À la clôture, le ministre de l’Énergie, des Mines et des Carrières, Yacouba Zabré Gouba, a appelé à une meilleure maîtrise des ressources extractives et à leur transformation au profit des populations.

Après plusieurs jours d’échanges autour du thème « Gouvernance des ressources extractives : enjeux géopolitiques, défis et opportunités pour les États africains », les travaux ont débouché sur plusieurs recommandations destinées à renforcer la coopération et la valorisation des ressources dans l’espace AES.

La rencontre, organisée du 14 au 18 septembre, a réuni environ 5 000 participants venus de 11 pays. Sept panels, six sessions ordinaires, trois panels techniques et quatre sessions techniques ont permis d’aborder notamment la souveraineté énergétique, la gouvernance minière, les ressources stratégiques, l’électrification rurale, la transformation des substances minérales et le développement du contenu local.

« Comment transformer cette richesse naturelle en prospérité durable ? »

À la clôture, Yacouba Zabré Gouba a replacé les discussions dans le contexte des mutations de l’économie mondiale. Transition énergétique, révolution numérique, technologies vertes et tensions sur les chaînes d’approvisionnement renforcent la demande en ressources stratégiques. L’Afrique disposant d’une part importante des réserves mondiales de plusieurs minerais critiques, une question s’impose, selon le ministre : « Comment transformer cette richesse naturelle en prospérité durable pour nos populations ? »

Pour lui, la réponse passe par une rupture avec la simple exportation des matières premières. « L’avenir de l’Afrique ne saurait se limiter à l’exportation de matières premières », a-t-il déclaré, plaidant pour « la création d’industries compétitives, dans l’innovation technologique, dans la recherche et dans la valorisation de l’expertise africaine ».

L’AES mise sur la souveraineté

Pour le ministre, l’émergence de la Confédération des États du Sahel ouvre de nouvelles perspectives de coopération dans les domaines de l’énergie, des mines et des hydrocarbures. « À travers cette Confédération, nos nations ont fait le choix irrévocable de reprendre le contrôle de leur destinée énergétique et minière », a affirmé Yacouba Zabré Gouba.

Il estime que l’énergie, les ressources minières et les hydrocarbures constituent « les instruments majeurs de notre puissance industrielle, les vecteurs fondamentaux de notre sécurité nationale et le levier incontournable de notre développement endogène ». Cette orientation suppose, selon lui, une gouvernance « intégrée, rigoureuse et souveraine » des ressources extractives.

Les travaux ont par ailleurs mis en évidence plusieurs défis tels que la  souveraineté économique, le renforcement des capacités nationales, le développement du contenu local, la protection de l’environnement et sécurité. Le ministre a notamment insisté sur la formation des ingénieurs, techniciens, géologues et entrepreneurs pour renforcer leur présence dans la chaîne de valeur extractive.

Des recommandations à transformer en actions

Les échanges ont abouti à cinq recommandations majeures. Elles portent notamment sur la maîtrise de l’information géologique dans les trois États, particulièrement dans la zone des trois frontières, l’exploitation, la transformation et la valorisation des ressources au profit des populations, ainsi que le renforcement des capacités humaines.

Les participants recommandent également la création de centres régionaux d’excellence, le développement de projets structurants conjoints au sein de l’AES et la mise en place d’un comité AES chargé du suivi des recommandations.

 Pour Yacouba Zabré Gouba, ces conclusions doivent désormais dépasser le cadre des échanges. « Les recommandations faites devront constituer une véritable feuille de route pour guider les réformes et renforcer la coopération entre nos États », a-t-il souligné.

Le Burkina Faso entend, avec le Mali et le Niger, construire un modèle de gouvernance fondé sur « la souveraineté, la transparence, l’équité et le partage juste des bénéfices ». En clôturant la rencontre, le ministre a formulé une attente claire qui est celle que « les liens tissés, les partenariats noués et les engagements pris » durant ces journées se traduisent en « actions concrètes et durables ».

La SEMH-AES et la 8ᵉ SAMAO referment ainsi leurs travaux sur un impératif. Faire de la gouvernance et de la valorisation des ressources extractives un levier de transformation économique et de coopération entre les États.

Faso7

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