Vacances en Foot à Yako : 21 ans après, le tournoi s’impose comme une fête populaire au-delà du Passoré

Débutée le 18 juillet 2026, la 21e édition du Tournoi Maracana Vacances en Foot a connu son épilogue le 12 septembre à Yako. La finale, qui a opposé Frank Service à Ismaël Service sur le terrain de Sa Majesté Naaba Djiguemdé, Dima de Yako, a refermé les pages de cette belle parenthèse sportive. Au fil des ans, l’événement a franchi les frontières de la province du Passoré pour s’imposer comme l’un des rendez-vous incontournables de la région du Yatenga.
Partis de Ouagadougou pour Yako, une crevaison nous contraint à l’immobilité en cours de route. Alors que nous nous attelons à changer la roue, des passants s’arrêtent spontanément pour nous prêter main-forte. La solidarité burkinabè est une source vive qui ne tarit jamais, murmurons-nous en silence. Et lorsqu’un de nos sauveurs devine notre destination, ses yeux s’illuminent : « Il n’y aura plus de place à Yako aujourd’hui ! » Pourquoi ? « Tout le monde converge vers Yako. Personne ne raterait la finale de Vacances en Foot », lance-t-il dans un sourire avant de reprendre la route.
Arrivés à destination, la prophétie de notre bienfaiteur prend tout son sens. Se frayer un chemin jusqu’au terrain de Sa Majesté Naaba Djiguemdé relève de la gageure. Le vaste parking, noir de monde, ploie sous le nombre de véhicules et les vagues d’engins des spectateurs. Dans cette marée humaine, la quiétude des lieux est veillée avec rigueur par les Forces de défense et de sécurité (FDS) et les Volontaires pour la défense de la patrie (VDP).
Frank Service s’impose au bout du suspense
Au terme d’un match âprement disputé, conclu sur un score de parité d’un but partout, le sort de la rencontre s’en remet à l’épreuve fatidique des tirs au but. À ce jeu de nerfs, c’est la formation de Frank Service qui se montre la plus inspirée, en transformant 4 tentatives, contre 3 pour son adversaire, Ismaël Service.
Au-delà du sacre, la fête célèbre le mérite de tous les acteurs. En plus du trophée tant convoité, le grand vainqueur empoche une enveloppe de 600 000 francs CFA, des médailles et un ballon. Son dauphin, Ismaël Service, est récompensé de 400 000 francs CFA, de médailles et d’un ballon. La troisième place rapporte 300 000 francs CFA et des gadgets, tandis que la quatrième s’adjuge 200 000 francs CFA. L’émulation s’étend également aux distinctions individuelles et collectives : le prix de l’équipe fair-play est doté de 100 000 francs CFA, tandis que les trophées du meilleur joueur et du meilleur buteur sont assortis chacun d’une prime de 50 000 francs CFA.
Au-delà du score, la fête de la fraternité
Au bord du terrain rouge, l’allégresse collective efface les frontières du score. Il est bien difficile de dissocier les sourires des supporters vainqueurs de ceux des vaincus, tant ce brassage générationnel semble ignorer la violence. Sur l’aire de jeux, les corps meurtris par l’effort se délient dans une accolade fraternelle. « C’est le foot, mon frère. Félicitations à vous », glisse un joueur malheureux à l’adresse de ses rivaux du jour.
C’est tout cet hymne à la communion et au vivre-ensemble qui pousse le promoteur du tournoi, Abdoulaye Dianda, à saluer la réussite de cette édition.
« À titre personnel, c’est véritablement un honneur pour nous, parce qu’aucune palabre n’a été enregistrée, aucun match n’a été interrompu pour défaut d’arbitrage ou pour excitation des supporters. Ça veut dire que les 32 matchs ont été véritablement disputés dans l’esprit du fair-play, et nous, nous disons simplement chapeau à la jeunesse, pas seulement du Passoré, mais à la jeunesse du Burkina Faso », confie-t-il avec fierté.
Un tournoi qui grandit avec ses partenaires
Depuis son lancement, le Tournoi Maracana Vacances en Foot trace son sillon avec une remarquable constance, évoluant d’année en année grâce à la fidélité de ses soutiens. Cette vitalité se lit notamment à travers la revalorisation des récompenses : le premier prix est ainsi passé de 500 000 à 600 000 francs CFA, le deuxième de 300 000 à 400 000 francs CFA, le troisième de 200 000 à 300 000 francs CFA et le quatrième de 100 000 à 200 000 francs CFA, tandis que les gratifications individuelles ont doublé pour atteindre 50 000 francs CFA. Autant de progrès rendus possibles par l’engagement des partenaires.
Certains d’entre eux ont d’ailleurs reçu des attestations de reconnaissance en guise de témoignage de gratitude pour leur accompagnement. Le promoteur n’a pas manqué, de vive voix, de leur adresser ses remerciements pour leur fidélité et leur soutien constant.
« C’est vrai que nous, on joue sans parrain, sans président, sans grand patron, mais nous avons des partenaires, des inconditionnels, des personnes morales comme physiques qui continuent de nous accompagner. (…) Nous nous inclinons devant l’accompagnement de tous ces partenaires, de tous ces inconditionnels qui font rêver la jeunesse, qui font vibrer la ville et qui constituent, au niveau de cette édition, un tremplin pour, pourquoi pas, les jeunes talents en herbe qui peuvent être dénichés », soutient Abdoulaye Dianda.
La jeunesse appelée à travailler en groupe
Pour le promoteur, la plus belle victoire de cette aventure demeure la ferveur populaire qu’elle suscite. Au bord du terrain se côtoient, dans une harmonie parfaite, des chefs traditionnels, des anciens, des femmes et une jeunesse ardente, venus soutenir les différentes équipes engagées dans la compétition.
Aucun incident majeur n’est venu troubler cette grande kermesse de la cohésion, inspirant à l’organisateur un message : « Aux jeunes, surtout, je voudrais leur dire, conformément à un des idéaux de la RPP : mettez-vous en groupe et travaillez. Travaillez, restez déterminés, parce qu’à coup sûr, le travail seul est payant. Si on peut se mettre ensemble, comme nous l’avons fait, ça fait 21 ans que nous sommes ensemble, plus vous êtes en groupe, soudés, plus vous avez des intelligences diverses qui peuvent vous permettre d’avancer, d’évoluer et véritablement d’atteindre vos objectifs ».
Vers un élargissement aux activités culturelles
L’horizon du Tournoi Maracana Vacances en Foot promet d’ailleurs de nouveaux horizons. Le comité d’organisation n’exclut pas d’intégrer un volet culturel à l’initiative, avec la création prochaine des « 72 heures de Yako » ou des « 96 heures de la jeunesse », dans une dynamique de promotion de l’endogénéité et du vivre-ensemble.
En attendant que cette ambition prenne forme, le Tournoi Maracana Vacances en Foot aura offert une belle illustration de la parenté à plaisanterie et de l’unité nationale. Bien que disputée aux portes du Yatenga, la compétition a notamment vu le Bissa Fathaou Yabré décrocher le titre de meilleur buteur, sous les acclamations d’un public parmi lequel il pouvait affectueusement compter plusieurs parents à plaisanterie.



