Développement local : Plus de 11 milliards FCFA mobilisés par l’ADCT pour la région de Yaadga

Après Fada N’Gourma, Tenkodogo, Manga, Pô, Zorgho et Kongoussi, l’Agence nationale d’Appui au Développement des Collectivités Territoriales (ADCT) a mis le cap sur la région du Yaadga. De Titao, dans le Loroum, à Pilimpikou, dans le Passoré, la mission a constaté l’effectivité et le fonctionnement de plusieurs réalisations financées avec l’appui de l’agence. Les 14 et 15 septembre 2026, l’équipe de l’ADCT a ainsi sillonné les routes de la région pour suivre les traces des milliards de francs CFA mobilisés en faveur du développement local.
Alors que la ville de Ouahigouya se réveille timidement ce 14 septembre 2026, l’équipe de terrain de l’ADCT se prépare à rallier Titao, chef-lieu de la province du Loroum, situé à une cinquantaine de kilomètres.
Sur la route, le paysage pittoresque, associé à la résilience des populations, attire l’attention. Entre les familles dans les champs, les commerçants transportant diverses marchandises et les enfants jouant aux abords de la voie, le trajet se poursuit dans une relative tranquillité.
Moins d’une heure plus tard, les premières concessions de Titao apparaissent. « Quelle ville ! », « La définition de la résilience ». Ce sont quelques-unes des réactions des membres de l’équipe. Une fois arrivée, la surprise est totale. Une ville animée, des boutiques et autres commerces bien fréquentés, ainsi qu’une population qui vaque paisiblement à ses occupations.
« Il faut qu’on reparte dire au Camarade Président que lui et ses Hommes travaillent », lance un journaliste face au calme et à la sérénité qui règnent dans la ville de Titao. Pour profiter de ces instants, l’équipe s’autorise une pause de quelques minutes.
Un CSPS moderne et autonome à Titao
Adossé à son véhicule, notre conducteur redécouvre une ville où il a servi pendant six ans. Partagé entre joie et nostalgie, il n’oublie cependant pas de retrouver quelques vieux amis pour mieux se rappeler son passage dans cette ville devenue un symbole de résilience.
À peine les uns et les autres ont-ils eu le temps de faire quelques achats que la mission redémarre. Cette fois-ci, direction le secteur 3 de Titao. Sur place, l’équipe de l’ADCT découvre « un joyau », un CSPS moderne et entièrement autonome.
Un dispensaire, une maternité, un dépôt MEG, un incinérateur, des logements, des cuisines, des latrines, du matériel et des équipements médico-techniques, ainsi qu’une plateforme solaire qui alimente l’ensemble de l’infrastructure. Voilà à quoi ont servi les 225,95 millions de francs CFA mobilisés par l’ADCT.

« Nous sommes très contents. C’est exceptionnel ce qui a été réalisé ici au secteur 3 de Titao », entend-on de la part de l’équipe de l’ADCT. Cette satisfaction est également partagée par les acteurs locaux. Le chef de poste du CSPS du secteur 3 de Titao, Salfo Sawadogo, se réjouit de cette infrastructure.
Selon ses propos, « cette infrastructure est venue à point nommé » pour soulager les populations des trois quartiers du secteur et, au-delà, celles de toute la commune de Titao. « Nous disons merci à l’ADCT pour l’œuvre qu’elle a faite. En moyenne, nous avons 15 malades et 7 accouchements par jour. En termes de fréquentation ça va et au fur et à mesure que la crise diminue, ça va augmenter aussi », dit-il sous un air confiant.
Un chantier réalisé malgré le blocus
Revenant sur le besoin et l’historique de cette réalisation, Salfo Sawadogo indique que les populations du secteur et des villages environnants étaient auparavant obligées de se rendre dans la ville de Titao pour se soigner. « Vu qu’elles sont excentrées et avec le bas-fond puis l’insécurité également, ce n’est pas simple », glisse-t-il, avant d’ajouter que ces difficultés ne sont désormais qu’un lointain souvenir.
La construction du CSPS n’a toutefois pas été un long fleuve tranquille. Entre les menaces, les saccages, le blocus terroriste et d’autres défis, l’agent de santé témoigne d’un chantier réalisé sous haute tension. « Il a même été obligé de prendre la clôture pour se sauver une fois », glisse le chef du village juste à côté.
Dans cette même logique, le président de la Délégation spéciale de la commune de Titao, Sidiki Ganamé, estime que la réalisation de ce CSPS est « la définition du mot résilience ». « C’est un sentier qui a commencé dans une période charnière », fait-il savoir, tout en rappelant que « la commune de Titao vient de loin ».
Débutée alors que la localité était sous blocus, la réalisation s’est poursuivie avec la participation des différents acteurs jusqu’à son achèvement. « L’ADCT a cru en tout cas à ce projet malgré le blocus. C’est une infrastructure de la résilience parce que ce n’était pas évident », relève-t-il, pour témoigner sa gratitude à l’endroit de ce partenaire des collectivités territoriales.
À Pilimpikou, des boutiques pour dynamiser l’économie locale
Après Titao, « la ville résiliente », c’est la commune de Pilimpikou, dans la province du Passoré, à une centaine de kilomètres de Ouagadougou, qui accueille la mission de l’ADCT. Sur place, ce sont des boutiques en cours de finition au marché de Kona qui sont visitées.
Au total, cinq blocs de cinq boutiques, pour un coût global de plus de 59 millions de francs CFA, vont être érigés afin de dynamiser l’économie locale. Sur la question, Raphaël Zoundi, représentant des commerçants du marché de Kona, exprime leur satisfaction quant à la construction de ces boutiques.
« Selon nous, ils ont bien fait de construire ces boutiques. C’est à travers de tels investissements que la localité pourra se développer. Souvent, les gens ont des idées d’activités mais ils n’ont pas de locaux. Mais avec ces boutiques, c’est un problème résolu », déclare-t-il.
Pour sa part, le président de la Délégation spéciale de la commune de Pilimpikou, Adama Ouédraogo, relève que la réalisation de ces infrastructures « vient à point nommé ». Il explique également que le choix des infrastructures économiques a été fait en concertation avec les différentes couches sociales.

« Lorsque nous avons reçu la nouvelle, nous étions très contents, mais il faut dire également que nous avons eu des difficultés sur le choix parce que le défi était énorme et presque dans tous les secteurs, le besoin était là. Il a fallu alors une large concertation pour que nous en soyons là », lance-t-il, tout en ajoutant que ces boutiques permettront à la commune de mobiliser des recettes.
Pour la région de Yaadga, ce sont plus de 11 milliards de francs CFA qui ont été mobilisés par l’Agence nationale d’Appui au Développement des Collectivités Territoriales pour soutenir le développement local. Ces financements ont permis d’appuyer 582 projets et la réalisation de plus de 1 700 infrastructures.
Revenant sur les réalisations effectuées avec l’appui financier de l’ADCT, le directeur de l’agence régionale de l’ADCT de Yaadga, Lassané Tiemtoré, rappelle que ces investissements sont destinés à soulager les populations à travers des infrastructures économiques, sociales, scolaires et de divertissement.
« L’un des objectifs poursuivis par l’ADCT au niveau du secteur économique est de veiller à moderniser les marchés, à créer des cadres adaptés pour le commerce. De façon globale, c’est de dynamiser l’économie de la localité », souligne-t-il.
Il faut noter que l’Agence nationale d’Appui au Développement des Collectivités Territoriales remplit une mission transversale qui touche les domaines de compétences transférés de l’État aux collectivités. Cette mission de suivi des réalisations avait donc pour objectif de constater l’effectivité des réalisations, d’échanger avec les bénéficiaires et de voir le fonctionnement des infrastructures.
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