Journée africaine de lutte contre la corruption : Message des acteurs nationaux de lutte contre la corruption 

Ceci est un message des acteurs de la lutte contre la corruption à l’occasion de la Journée africaine de lutte contre la corruption.

A l’instar de la communauté africaine, le Burkina Faso célèbre la   8ème édition de la Journée africaine de lutte contre la corruption. Le Conseil Consultatif de l’Union Africaine chargé du suivi de la mise en œuvre de la Convention de l’Union africaine sur la prévention et la lutte contre la corruption (CUAPLCC), a retenu cette année comme thème pour la célébration de ladite journée : « Mesures efficaces de protection des lanceurs d’alerte : un outil essentiel de la lutte contre la corruption ».

L’ampleur du phénomène de la corruption sur le continent et ses répercussions sur l’économie africaine est de plus en plus criarde et préoccupante. Ses effets dévastateurs pour le développement économique, corrosifs pour la cohésion sociale et déstabilisateurs pour l’ordre politique ne sont plus à démontrer. Le niveau du manque à gagner financier qu’il induit est hallucinant : la corruption fait perdre au continent africain environ 148 milliards de dollars chaque année et les flux financiers illicites qui partent de l’Afrique sont évalués à 60 milliards de dollars[1].

En dépit de vastes progrès réalisés autant sur le plan législatif qu’institutionnel, et conscient de la nécessité de réfléchir continuellement aux approches à adopter pour mettre fin à la corruption ou du moins la réduire significativement, l’Union Africaine a déclaré le 11 juillet “Journée Africaine de Lutte Contre la Corruption”.

La corruption est devenue l’un des défis majeurs de la gouvernance et de développement auxquels l’Afrique est confrontée. Mais plus grave, au Burkina et dans les autres pays de l’Alliance des Etats du Sahel (AES), la corruption est en plus dangereusement en passe de devenir un terreau fertile pour le terrorisme contre lequel toutes les énergies, les moyens humains, matériels sont mobilisés nuit et jour. Dans un tel contexte, la corruption peut être qualifiée de l’autre nom du terrorisme.

C’est pourquoi, notre haine, notre rage contre le terrorisme du fait des graves conséquences et dommages qu’il cause à nos populations et à notre pays, ne doit avoir d’égal que notre aversion et notre farouche opposition à la corruption du fait des conséquences désastreuses qu’elle produit.

La corruption est devenue un des défis majeurs de la gouvernance, du développement mais aussi de la lutte contre le terrorisme à laquelle elle sert de terreau fertile.  La corruption est pernicieuse, envahissante et se manifeste dans la quasi-totalité des secteurs de la vie de notre société.

D’ampleur grandissante dans notre pays, les conséquences de la corruption, forts dommageables pour le développement socio-économique, la sécurisation de notre territoire, ne sauraient donc être négligées ou sous-estimées lorsqu’on sait que ces conséquences frappent surtout les couches sociales défavorisées, les personnes vulnérables (acteurs du secteur informel, du transport routier, du commerce inter urbain.) Les transports inter-Etats dont la majorité des acteurs sont des femmes et les prestations sociales servies par des structures publiques (santé, écoles) ne sont pas épargnés par les conséquences de la corruption.

Le 11 juillet 2024 marque la huitième édition de la journée africaine de la lutte contre la corruption.  Actualité oblige, le Conseil consultatif a orienté la réflexion autour de la question très préoccupante de la protection des lanceurs d’alerte.

Mais la corruption qui par nature se mène loin des projecteurs publics, dans l’opacité et le secret en faisant des victimes, est d’emblée difficile à combattre du fait de cette nature. Et la conscience citoyenne de nos jours alimentée par l’esprit de patriotisme permet aux citoyens d’appréhender la très grande nocivité de ce fléau. Plus particulièrement, la jeunesse adhère à la culture du refus de la corruption et s’approprie le devoir citoyen de dénoncer les faits et actes de corruption afin qu’ils soient démasqués, débusqués, investigués, réprimés par les autorités de contrôle et de poursuite. Cette attitude citoyenne est largement facilitée par l’avènement et l’usage quotidien des réseaux sociaux qui ne s’interdisent aucun sujet d’intérêt national.

La participation active à la dénonciation des actes et des faits de la corruption doit être les nouveaux défis à relever dans la prévention et la lutte contre la corruption, semble être la substance du message que renvoie la huitième édition de la célébration de la Journée africaine de la lutte contre la corruption. Il est connu que la corruption prospère dans environnement caractérisé par le silence, l’indifférence générale et dans l’impunité. Alors, une prise de conscience généralisée des citoyens permet de procéder à des dénonciations de faits présomptifs de corruption.  Cette édition de la Journée africaine de lutte contre la corruption est ainsi dédiée à toutes les parties prenantes, les citoyens, les patriotes soucieux de la gestion vertueuse du patrimoine nationale, tous les acteurs engagés dans la lutte contre la corruption. Toutes et tous sont appelés à redoubler d’efforts dans leur élan de dénonciation de la corruption.

Cette Édition met également en évidence, la nécessité pour les pouvoirs publics de prendre des mesures efficaces qui garantissent les conditions de dénonciation incluant les mesures de sécurité des dénonciateurs des faits de corruption.

Un appel est donc lancé à l’endroit des pouvoirs publics pour l’adoption du projet de loi sur la protection des lanceurs d’alerte élaboré de manière participative par les acteurs nationaux de lutte contre la corruption avec un appui technique de l’Office des nations unies contre la drogue et la criminalité (ONUDC).

L’efficacité de la lutte contre la corruption nécessite une collaboration institutionnelle accrue, une synergie d’action sans faille entre tous les acteurs de la chaine de la lutte : secteur privé et public, société civile, structures de contrôle et d’investigation, agences de lutte contre la corruption, institutions judiciaires.

En ce jour mémorable, une adresse particulière à tous les burkinabè, hommes et femmes, jeunes, et à tous les partenaires du Burkina Faso insiste sur la nécessité d’un engagement commun et ferme pour relever les défis liés à la lutte contre la corruption. Rompre la chaîne de la corruption fait appel à l’engagement des citoyens à refuser la corruption d’où qu’elle vienne pour ainsi éviter sa propagation. Rompre le silence dans lequel baignent les actes et faits de la corruption, par la promotion de la culture de leur dénonciation courageuse aux autorités chargés d’en assurer leur répression.

Demeurons les portes flambeaux de la lutte dans toutes les sphères politiques et socio-économiques et rompons la chaîne de la corruption partout où elle tente de se mettre en place dans notre cher pays.

Ensemble disons non à la corruption !

Vive la journée africaine de la lutte contre la corruption !

Le Contrôleur Général d’Etat/ Représentant de la société civile/ Représentant du secteur privé

 

[1] Etude conjointe de la Banque Africaine de Développement et de l’OCDE

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