Centre-Est : Naaba Wobgo II de Niaogho célèbre sa première fête coutumière

Naaba Wobgo II, chef de Canton de la commune de Niaogho, dans la province du Boulgou, région du Centre Est, a célébré sa première fête coutumière dénommée « Tôôta» encore appelé Nabasga, ce samedi 29 juin 2024.

C’est une première pour le chef de canton de Niaogho, Naaba Wobgo II, de fêter le « Tôôta» ou fête coutumière en langue bissa. Avant d’en arriver à cette célébration, il lui a fallu trois années de règne successif au Naaba pour prouver sa légitimité. Après ces trois années sans une circonstance malheureuse en lien directement avec le chef, et sans qu’il perde la vie, Naaba Wobgo II peut à présent célébrer son premier Nabasga.

Il est 09 h 34 minutes, ce samedi 29 juin 2024, lorsque nous mettons pied dans la cour royale du chef de Canton de Niaogho. Aligner sur deux rangés, des jeunes filles habillées en t-shirt à l’effigie de l’homme à l’honneur et en tenue traditionnelle, nous accueille à travers des salutations voulues par la tradition Bissa notamment « Kâ Gnansi » soyez la bienvenue en terre étrangère.

Le nouveau hangar du chef de canton de Niaogho Naaba Wobgo II -©Faso7

Sur les t-shirts à son effigie, l’on distingue aisément Naaba Wobgo II avec son bonnet royal sur la tête. Il est encadré de gauche à droite par deux éléphants dont les trompes et les pattes avant sont relevées comme pour prêter allégeances au chef de Niaogho. Deux drapeaux du « Pays des hommes intègres » sont disposés au-dessus du bonnet du roi, exprimant ainsi le sentiment d’appartenance et de patriotisme, surtout à une période où le pays fait face courageusement à la menace terroriste. Sur l’image, on peut aussi apercevoir deux gousses d’arachides, signe de l’appartenance à l’ethnie bissa. Les Bissas, majoritairement installés au Centre-Est, sont de grands producteurs d’arachides au Burkina Faso.

A 10 h 19 minutes, nous assistons à la reconstruction du hangar du Naaba Wobgo II. Comme le veut la tradition, l’ancien hangar est détruit pour faire place à un nouveau joyau. Selon Emmanuel Guebré, membre du comité d’organisation, cette pratique relève du temps des ancêtres et c’est à la famille Guebré que revient la construction de ce hangar. Les membres de la famille sont chargés de trouver tout le matériel nécessaire et à la fin des travaux, le chef de terre vient en tant que contrôleur pour vérifier le travail.

Emmanuel Guebré, membre du comité d’organisation -©Faso7

« Et dès que le hangar est fini, le chef de terre va venir et regarder et puis le chef de canton va sortir dire, mais pourquoi, c’est comme ça ? Qui a détruit mon hangar ? Et lui, il répondra, on a apprêté ça pour votre règne, pour que vous puissiez gouverner votre canton dans la quiétude, dans la paix », a-t-il ajouté.

A 13h 27, tout est enfin prêt pour accueillir le chef de canton dans son nouveau hangar. Sortie massivement, toute la population de la commune de Niaogho s’est ralliée à la cour royale pour vivre cet événement qui n’arrive que chaque année. A 13 h 56, Naaba Wobgo II fait sa première apparition. Conformément à la tradition, il doit se présenter à la foule à trois reprises. A toutes les deux sorties, il lui sera demandé de rebrousser chemin pour changer de vêtements, car non conformes. Ce n’est qu’à la troisième apparition qu’il sera conduit sous son hangar.

Des chefs coutumiers et autorités administratives venus accompagner Naaba Wobgo II -©Faso7

Après cette apparition officielle, s’en suivent les salutations des chefs traditionnels et des notabilités des villages et villes voisins. Pendant son règne, Naaba Wobgo II, dit souhaiter une pleine abondance à tous ses concitoyens. Son vœu est que chaque personne puisse arriver à se nourrir par ses propres récoltes. Au-delà de ces vœux, il a souhaité que le Burkina Faso puisse recouvrir sa paix d’antan. Pour lui, la paix est le socle de tout vivre-ensemble.

« La paix, c’est quelque chose d’immense. Lorsqu’elle est observée, tout est parfait. On peut tout faire, mais tant qu’il n’y a pas la paix, nous ne pouvons rien faire. J’ai toujours demandé à ma population, que la cohésion doit amener une paix totale pour que nous vivions ensemble au Burkina », a-t-il dit.

Cheick Habib Désiré BAYILI

Faso7

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