Capitaine Ibrahim Traoré : « Nous sommes là !»

Après de folles rumeurs de mouvements d’humeur de soldats, de fuite même du palais présidentiel par le Président du Faso, celui-ci a visité la RTB ce 20 juin 2024 et a profité rassurer que tout ce qui a été publié jusque-là ne  relèvent que du « mensonge » et de la désinformation.

Le Chef de l’Etat, le Capitaine Ibrahim Traoré, a rendu visite  à la RTB ce 20 juin 2024, selon la chaine de télévision nationale et un communiqué de la Présidence du Faso. Il a réconforté les travailleurs après l’incident de l’obus tombé dans la cour de la télé le 11 juin 2024.

Le Capitaine Ibrahim Traoré dans la cour de la RTB – PREFASO

« Nous, on ne fuit pas »

« Ce sont ceux qui sont là pour vous protéger qui ont malheureusement fait l’incident. C’est dans le cadre de leur relève ; en voulant vérifier un certain nombre de choses, malheureusement quelqu’un a fait partir le coup. Ceux qui étaient à côté, ainsi que celui qui a actionné ont été blessés et transportés à l’hôpital ce jour. Dieu merci, ils ont quitté l’hôpital (…). Malheureusement, la roquette s’est dirigée dans la cour de la RTB Télé. On peut rendre grâce à Dieu parce qu’il n’y a pas eu de perte en vie humaine ; mais des blessés pris en charge par l’infirmerie de la Présidence du Faso. On a mis en place une équipe de psychologues pour une prise en charge du stress post traumatique de tout le personnel  », a-t-il déclaré, selon ses propos rapportés par la Présidence du Faso.

La roquette qui a atterri accidentellement dans la cour de la RTB a-t-elle fait fuir le chef de l’Etat ?   «Il n’en est absolument rien. Nous sommes là. L’incident s’est passé pendant qu’on était en conseil des ministres. Si les gens avaient fui, après le conseil il n’y aurait pas eu de point de presse. (…) », répond-t-il.

« Ils veulent distraire les gens. Nous, on ne fuit pas. Jamais. Nous sommes soldat. C’est la dernière des choses qui vient en tête. On ne recule pas. On n’abandonne pas. On ne s’agenouille devant personne. C’est notre mentalité. Ils se chatouillent et rient. Nous, on est là. On continue de travailler, on est avec vous », ajoute-t-il.

Le Chef de l’Etat a profité lever les équivoques semées par des publications sur les réseaux sociaux et certains médias occidentaux.

Le Président du Faso échangeant avec les agents de la RTB – PREFASO

Le Chef de l’Etat déclare également qu’il n’y a eu aucun mouvement d’humeur au sein des différentes casernes militaires, comme publiées sur certains médias. « Les mouvements d’humeur, c’est faux. Il n’y a rien eu. Et cela fait que (….) l’Etat-major a été obligé de communiquer. Mais nous ne voulions même pas qu’il communique. C’est parce que les parents des soldats à Dori ont commencé à les appeler. (…) Les soldats qu’ils sont en opération à Mansila, d’autres à Bani et les parents les emmerdaient beaucoup. Ils ont demandé à l’état-major est-ce qu’il peut communiquer pour les laisser se concentrer sur leurs opérations », a-t-il dit.

« Ils se sont bien noyés maintenant »

Mais pourquoi ce silence observé face aux rumeurs ? « On ne voulait pas venir pour les laisser continuer jusqu’à se noyer eux-mêmes.  Je pense qu’ils se sont bien noyés maintenant. Toute l’Afrique a compris que ce sont des ennemis de la nation », répond le Président du Faso, parlant des médias occidentaux. Il assure que ces organes de presse n’agissent pas de façon fortuite.  

« Ils sont payés par la DGSE. Ils sont obligés de faire le travail qu’on leur demande. Ils ne sont pas libres. Il y a beaucoup de médias qui ne vivent pas de la publicité. C’est faux. C’est des gens qui payent. Et vous donnez l’information comme ils veulent. (…) Même ici au Burkina, il y en a plein. Quand on le dit souvent, on dit qu’on attaque les journalistes. Mais il y en a. Je pense qu’il faut faire le choix entre gagner son pain mais aussi aimer sa patrie. Eux ils se battent pour leur patrie. Tout ce qu’ils font, c’est à l’avantage de leur patrie », a-t-il développé.

Des informations ont été publiées sur ces médias, assurant qu’une mutinerie aurait éclaté dans les casernes militaires et que le Chef de l’Etat serait en discussion, son poste étant vacant. « Si c’est vacant, qu’ils viennent prendre. Puisqu’ils ont dit qu’on a fui aller au Niger. Mais qu’ils viennent eux-mêmes prendre. (…) Mais comprenez-les. Ils ont été payés (…). Ils sont obligés de mentir pour justifier ce qu’ils font », dit-il, ironique.

« Ils composent avec les terroristes pour tuer des Burkinabè croyant qu’ils peuvent faire changer les choses. C’est révolu ça. Les gens ont compris », a ajouté le Président du Faso devant les agents de la RTB.

Le Chef de l’Etat sur le lieu de l’impact de la roquette – PREFASO

Ces médias ont également indiqué que des renforts seraient venus du Mali pour aider le Capitaine Ibrahim Traoré. Des rotations d’avions ont été constatées en effet au niveau de  l’aéroport. Le Président burkinabè assure qu’il s’agissait de mouvements aériens en vue d’une opération à Mansila.

« On a lancé une opération à Mansila. Donc les hélicoptères envoyaient des troupes en renforts. C’est juste cela. Ils ont décollé ici aller à Dori prendre des éléments du 9e BIR (Bataillon d’intervention rapide, ndlr) et, même des éléments de l’USIGN (Unité spéciale d’intervention de la Gendarmerie nationale, ndlr),  qu’ils ont pris ici à Ouagadougou, aller pour l’opération à Mansila », a-t-il révélé.

Mais pas que. La Présidence du Faso ajoute que le Chef de l’Etat a révélé que 6 vols d’Ilyushin  ont atterri à Ouagadougou avec du matériel des Nations unies en provenance de Gao et Tombouctou, à la fin d’une mission de l’équipe. « Ce matériel composé entre autres de minutions doit être détruit sous la supervision de l’UNMAS (United Nations Mine Action Service)« , lit-on dans le communiqué. 

Ternir l’image du Burkina Faso

Le Président du Faso estime que tout cet « acharnement » a pour objectif également de faire fuir les investisseurs du Burkina Faso. « L’un des objectifs, c’est de faire peur aux  investisseurs pour dire que le Burkina est instable (….) Vous savez que le Burkina fait partie depuis 2023 des dix pays les plus attractifs en Afrique. Les investisseurs veulent venir au Burkina parce qu’il y a de la vision. (….) Et quand ils font ça, ça fait peur aux investisseurs. C’est leur objectif.  (…) C’est archi faux. Le Burkina Faso est stable. Ils peuvent venir », a-t-il déclaré. 

Le Chef suprême des armées burkinabè a terminé en assurant que toute cette campagne n’est pas anodine. « Ils ont un plan en tête, c’est sûr. Mais on les attend. De pied ferme », a déclaré le Capitaine Ibrahim Traoré.

A noter que le Chef de l’Etat a présidé également le conseil des ministres ce 20 juin 2024, selon les images diffusées par la Présidence du Faso.

Faso7

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