Burkina Faso : « La démocratie n’a jamais été le problème. C’est l’homme qui est le problème » (Me Bénéwendé Stanislas Sankara)

Le 25 mai 2024, les forces vives de la nation ont décidé lors des assises nationales de prolonger la Transition au Burkina Faso de 60 mois, à compter du 2 juillet 2024. Après cette période de transition, interviendra l’organisation d’élections libres et transparentes. Avant d’arriver aux élections, on peut déjà poser la question de savoir quelles sont les nouvelles réformes électorales entreprises au Burkina Faso ? A une époque où les appels à adapter la démocratie aux réalités du Burkina Faso sont incessants, on peut par ailleurs poser la question de savoir quelle démocratie il faut pour le Burkina Faso. Pour répondre à ces questions, Me Bénéwendé Stanislas Sankara, avocat au barreau burkinabè et ancien ministre chargé de l’urbanisme s’est exprimé au micro de Faso7, le 6 juin 2024.

Pour Me Bénéwendé Stanislas Sankara, la question des nouvelles réformes électorales n’est pas encore à l’ordre du jour, car la préoccupation actuelle du Burkina Faso est la lutte contre le terrorisme et non l’organisation des élections. A cet effet, il a fait savoir qu’une fois que le débat sur les réformes électorales sera sur la table de discussion, les acteurs politiques, les partis politiques ainsi que d’autres parties prenantes vont discuter ensemble pour trouver un consensus.

Me Sankara a également expliqué que les élections sont un mécanisme pour les peuples de choisir leurs dirigeants dans un Etat démocratique. De son avis, cette préoccupation a toujours été une question tactique et stratégique pour les personnes qui aspirent à gouverner un État démocratique. « A ce jour, on ne parle pas d’élection puisque les partis politiques mêmes sont entre parenthèses, mais je dis ce que je connais de par le passé et bien la question a toujours été posée par les partis politiques qui souhaitent une réforme. Mais cela est en corrélation aussi avec la vie démocratique des partis politiques ou des acteurs politiques. Donc, de nos jours, nous sommes dans une période de transition où la priorité n’est pas d’aller aux élections », a-t-il indiqué.

Me Bénéwendé Stanislas Sankara, avocat au barreau burkinabè et ancien ministre chargé de l’urbanisme -©Faso7

Par ailleurs, Me Sankara a exprimé sa disponibilité pour apporter sa contribution une fois que ces réformes seront sur la table de discussion. Selon ses dires, ces réformes doivent prendre en compte toutes les couches sociales et les aspirations de la population à savoir la souveraineté du peuple de pouvoir choisir librement ses dirigeants dans la transparence, la liberté et de façon indépendante. A cet effet, il propose une démocratie de type populaire au Burkina Faso où la souveraineté est dévolue au peuple.

« S’il doit y avoir aujourd’hui un débat, une discussion autour du code électoral et du code de la loi électorale, il va falloir que cette nouvelle loi prenne en compte les aspirations essentielles de notre peuple. Ces aspirations pour moi, se résument à la souveraineté du peuple burkinabè de pouvoir choisir librement ses dirigeants dans la transparence et que la question électorale ne soit pas une source de duperie et de manipulation du corps électoral. (…) La démocratie n’a jamais été le problème. C’est l’homme qui est le problème. La démocratie n’est pas forcément aussi la question électorale. Donc, un parti, sa première mission, sa première vocation est l’éveil des consciences, c’est la maturité du peuple et quand le peuple prend en main son destin, il s’assume », a-t-il soutenu.

De son côté, Alexandre Sankara, vice-président du parti Progressistes Unis pour le Renouveau (PUR), a donné des pistes de solution pour des réformes électorales au Burkina Faso. Pour lui, il faut travailler à assainir la classe politique afin de diminuer le nombre des partis politiques.

Alexandre Sankara -©Radio Oméga

L’autre réforme que le Burkina Faso devra envisager, est la démonétarisation de la démocratie et le système électoral, selon Alexandre Sankara. De son avis, le système électoral burkinabè comporte des insuffisances qui favorisent la corruption électorale, ethnique et religieuse.

« Il faut qu’on arrive à démonétariser notre démocratie parce que notre démocratie est très monétarisée. L’argent a un grand rôle dans notre démocratie si bien que finalement, on ne sait pas si ce sont les discours ou les acteurs politiques que les acteurs choisissent ou bien, c’est à cause de leur argent ? Donc, il faut qu’on travaille à avoir un système démocratique où l’argent n’a pas une place prépondérante », a-t-il indiqué.

Lazard KOLA

Faso7

Waongo KOLA

Waongo KOLA est un journaliste burkinabè ayant pour domaine de prédilection les sujets de société, d'économie, de politique et de santé.

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