Lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme : des acteurs du tourisme sensibilisés à Ouagadougou

La direction générale du tourisme a organisé ce 11 juin 2024 à Ouagadougou, un atelier crucial destiné à sensibiliser les acteurs du secteur touristique sur leurs obligations en matière de Lutte contre le Blanchiment de Capitaux et le Financement du Terrorisme (LBC/FT). L’événement a réuni divers acteurs pour échanger sur les mesures nécessaires pour renforcer la sécurité financière dans ce secteur vital.

L’atelier s’inscrit dans le cadre d’une initiative nationale visant à sortir le Burkina Faso de la liste grise du Groupe d’action financière (GAFI). Le pays a été placé sous surveillance renforcée en raison des lacunes identifiées dans son dispositif de LBC/FT, selon le Rapport de l’Évaluation Mutuelle (REM) de 2018, adopté par le Groupe Intergouvernemental d’Action Contre le Blanchiment d’Argent en Afrique de l’Ouest (GIABA) en mai 2019.

Monique Ouédraogo/Ilboudo, directrice générale du tourisme-©Faso7

A travers cette lutte contre le blanchiment de capitaux, la direction générale du tourisme entend également contribuer à l’assèchement des sources de financement du terrorisme. « Nous savons que notre pays vit en ce moment un contexte assez difficile en raison donc du fait terroriste qui constitue non seulement des difficultés vraiment très avérées pour le secteur du tourisme. Et nous savons également que l’une des préoccupations liées à ce contexte c’est de voir dans quelle mesure nous pouvons travailler à assécher les sources de financement du terrorisme », a déclaré la directrice générale du tourisme, Monique Ouédraogo/Ilboudo.

Face à cette situation, le Burkina Faso a mis en place un plan d’action ambitieux visant à améliorer l’efficacité de son régime de LBC/FT. Ce plan comprend le renforcement des capacités en ressources humaines et financières des autorités de supervision et de contrôle, ainsi que la formation des acteurs des secteurs à risque, dont le tourisme. « Le présent atelier s’inscrit dans cette dynamique », a précisé Allassane Waongo, chargé de mission au ministère en charge du tourisme, ajoutant que le ministère en charge du tourisme, à travers la Direction générale du Tourisme, œuvre pour renforcer les capacités des acteurs du secteur afin qu’ils intègrent mieux les obligations de LBC/FT dans leurs activités quotidiennes.

Les obligations de la LBC/FT

Ce renforcement de capacités va consister en ce qui concerne cet atelier à  exposer aux assujettis du secteur touristiques, quelques principales obligations en matière de (LBC/FT). Sur près de 14 obligations prévues par la règlementation, environ cinq seront abordées au cours de cet atelier. Ce sont entre autres « l’obligation de vigilance, l’obligation de mettre en place un dispositif de contrôle, l’obligation de conserver la documentation parce que les clients des hôtels, des agences de voyage, des entreprises touristiques de façon générale qui effectuent des opérations doivent être consignés et conserver pendant un certain nombre d’années », a indiqué Kadré Sawadogo, Directeur de la règlementation et du contrôle à la direction générale du tourisme.

Kadré Sawadogo, directeur de la règlementation à la direction générale du tourisme-©Faso7

Par-dessus toutes ces obligations, la plus importante c’est l’obligation « de faire des déclarations suspectes à la cellule nationale d’information financière », a-t-il ajouté. En plus de ces dernières, deux autres communications portant sur le dispositif national de LBC/FT et sur les techniques de mise en place d’un dispositif de LBC/FT seront faites au cours de cet atelier.

Le secteur touristique burkinabè connaît une amélioration constante de son offre en matière d’hébergement et de voyages. Cependant, ce dynamisme impose aux acteurs de prendre en charge de manière responsable leurs obligations en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. « Ces obligations sont vitales pour l’avenir des activités touristiques et l’image de marque de notre destination » a rappelé Allassane Waongo.

Edwige OUOBA

Faso7

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