Burkina Faso : l’ARPA appelle au « respect de l’ensemble des dispositions de la Constitution »

Ceci est une déclaration de l’Alliance Républicaine pour la Patrie (ARPA) sur la situation nationale.

Selon les dispositions de la Charte de la transition, la fin du mandat de la transition en cours est prévue pour le mois de juillet prochain. A quelques semaines de cette échéance, l’Alliance Républicaine pour la Patrie (ARPA) voudrait saisir cette occasion pour donner sa lecture de la situation nationale.

Malgré les énormes sacrifices consentis par toutes les composantes du Faso dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, ARPA constate que la situation nationale reste toujours marquée par une crise sécuritaire et humanitaire aiguë, un climat social délétère avec des menaces sur la quiétude des citoyens, exacerbées par le silence encourageant des autorités, une situation économique préoccupante et enfin le non-respect par les autorités des décisions de justice.

ARPA ne cessera de louer les efforts de nos braves FDS et VDP qui chaque jour paient un lourd tribut pour accomplir leur noble mission. Elle saisit la présente déclaration pour s’incliner sur la mémoire des hommes et femmes tombés sous le champ de batail ou face à l’ignominie de ceux qui sans aucune foi ni loi s’en prennent à notre pays.

A l’orée de la fin prévue de la transition, on constate que l’ALT a autorisé le gouvernement à convoquer des assises nationales pour débattre des suites de cette transition. ARPA espère que ces assises seront plus inclusives et plus apaisantes que les dernières de novembre 2022. Elle espère également que ces assises (loin des menaces et influences de certains groupes extrémistes) seront le lieu de faire un bilan sans complaisance de la transition, et au-delà de sa prolongation, elles devront se prononcer sur son nouveau format et sa nouvelle feuille de route.

En attendant ce bilan qui sera dressé par des assises ouvertes et inclusives, on constate malheureusement un enlisement de la situation sécuritaire faisant craindre une situation humanitaire davantage précaire avec l’approche de la saison pluvieuse, période de travaux champêtres dans des zones potentiellement dangereuses.

D’emblée, il faut saluer l’énorme sacrifice fourni par la transition et les FDS et VDP en particulier, pour reconquérir le territoire national. Ces dernières années ont été marquées par la réinstallation de certains PDI dans les localités d’origine, l’ouverture de certaines écoles qui étaient fermées et ce, grâce à l’action conjuguée des forces combattantes et des populations. Il faut également saluer la réorganisation du maillage sécuritaire du territoire, opérée par les autorités de la transition. Enfin, il faut saluer l’élan patriotique de l’ensemble des burkinabè qui apportent tout leur soutien aux autorités de la transition en acceptant les efforts requis qui ont permis de doter nos forces combattantes en matériels et équipements de combats même si des efforts restent encore à faire.

A côté de ce tableau encourageant, il faut noter que malheureusement les attaques n’ont guère cessé notamment à l’Est, au Centre Est, au Centre Nord et dans la Boucle du Mouhoun. Ces attaques ont occasionné de nouveaux massacres de populations (dont nous espérons que les enquêtes en cours pourront lever le doute semé dans certains milieux), de déplacements internes, la fermeture d’écoles et de centres de santé.

Sur le plan économique, malgré les initiatives volontaristes de booster la production agricole et le lancement des activités relatives à l’actionnariat populaire, il faut reconnaître que l’économie nationale souffre des conséquences néfastes de la crise sécuritaire et humanitaire. Les dépenses de l’Etat étant principalement orientées vers les secteurs de la défense et de la sécurité, tous les autres secteurs souffrent de l’insuffisance de financement. La dette intérieure, qui s’accumule, a atteint ces dernières années un niveau élevé au point que le Chef de l’Etat, lors de sa dernière interview, a reconnu la nécessité pour l’Etat de commencer à éponger cette dette. Plusieurs entreprises aujourd’hui sont en train de délocaliser leurs affaires dans certains pays limitrophes (RCI, Ghana et Togo) afin de maintenir leurs activités à un niveau acceptable.

La cohésion sociale, nécessaire à la lutte contre le terrorisme, ne cesse de s’effriter. Le constat de division systématique des burkinabè en deux catégories (les « patriotes » et les « apatrides ») constitue une préoccupation majeure aujourd’hui exacerbée par l’apparition de nouveaux justiciers instrumentalisés appelés « gilets rouges » qui, à visage découvert, insultent et menacent des populations sous le regard silencieux des autorités censés protéger tous les burkinabè quel que soit leur opinion.

Sur le plan politique et institutionnel, quelques réformes ont été opérées parmi lesquelles la révision de la constitution, sans véritable concertation des acteurs majeurs de la société burkinabè. Ce qui fait peser des risques de remise en cause de ces réformes à l’issue de la période transitoire.

Les enlèvements, interpellations de citoyens burkinabè continuent de se faire au mépris des règles de procédures et surtout au mépris de décisions de justice. C’est un très mauvais signal envoyé par tous ceux qui sont à l’origine de cette défiance à l’égard des règles de droit et de l’autorité judiciaire. Ils répondront de leurs actes devant l’histoire par suite de leur comportement complice à la remise en cause de ces piliers fondamentaux de l’état de droit de notre pays.

ARPA apporte son soutien à toutes les victimes jetées en prison, kidnappés, séquestrés pour leur opinion ou contraints à l’exile ainsi qu’aux parents, amis et connaissances de ces personnes.

« Ce n’est pas parce qu’il y’a les violences permanentes qu’on doit se laisser embrigader par la peur… Les dirigeants doivent comprendre qu’on n’élimine pas quelqu’un, on ne fait pas taire quelqu’un pour mieux gouverner… Tôt ou tard les populations en auront marre et elles vont s’assumer de façon pleine » disait fort à propos Monsieur le ministre d’Etat Basolma BAZIE le 27 Janvier 2021.

Tout en réitérant notre ferme soutien sans conditions à nos FDS et à nos VDP, tout en condamnant les attaques terroristes, lâches ignobles contre notre pays : ARPA recommande :

– que les assises soient inclusives, sereines et sécurisées et qu’elles soient le lieu de faire le bilan sans complaisance de la transition afin de mettre en lumière le chemin parcouru et le reste du trajet avec un nouveau format et une nouvelle feuille de route ;

-l’élaboration d’une politique de lutte antiterroriste basée sur une large adhésion et une implication effective et efficiente et volontaire des populations sur l’ensemble du territoire national ;

– la réorientation du devoir de la transition essentiellement sur la lutte contre le terrorisme ;

-la libération de la parole et de l’opinion des burkinabè ;

– la conduite d’une réflexion sur l’après-guerre : reconstruction, orphelins et veuves de guerre, assistances des PDI

–  l’arrêt de la pratique des enlèvements, des séquestrations des citoyens;

– le respect de l’ensemble des dispositions de la Constitution, de la Charte de la transition que le Chef de l’Etat lui-même en a pris l’engagement de respecter lors de sa prestation de serment, le 21 octobre 2022 ;

– la prise de mesures rigoureuses de protection des populations et des individus quel que soit leur opinion, aussi bien contre les milices auto proclamées défenseurs du MPSR2 que contre toute forme de violence.

                                                              Le coordonnateur national

 

                                                              Jean Léonard BOUDA

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