Liberté de presse : Une note décroissante de 1,96 sur 4 obtenue par le Burkina Faso en 2023

À l’occasion de la journée mondiale de la liberté de la presse, commémorée, le 3 mai de chaque année, le centre national de presse Norbert Zongo a délivré son rapport annuel de l’indice de la liberté de presse (ILP) au Burkina Faso. Cet indice de la liberté de presse pour le compte de l’année 2023 est de 1,96/4 contre 2,21 pour l’année 2022.

L’indice de la liberté de la presse (ILP) au Burkina Faso a fortement baissé depuis 2019, atteignant un niveau sans précédent. Ce recul souligne les nombreux défis rencontrés par les médias et les organes de presse dans l’exercice de leurs fonctions en 2023.

Ce recul est bien la preuve que la liberté de la presse agonise au Burkina Faso. C’est du moins ce qu’a laissé entendre Sidiki Dramé, membre du comité de pilotage du centre de presse Norbert Zongo.

« Sous le MPSR2, les médias et leurs animateurs sont menacés et insultés au quotidien. Les actes attentatoires de leurs institutions à la liberté sont prolongés par leur soutien. Ils s’épandent en invectives et menaces insidieuses contre les journalistes et les médias sur les réseaux sociaux, sur les antennes et les plateaux de radio et de télévision, dans les meetings et autres manifestations publiques qu’eux seuls sont autorisés à tenir », a-t-il rappelé.

« L’environnement dans lequel les journalistes travaillent est un environnement qui est fait de peur » (Dr Moussa Sawadogo)

Selon le rapport annuel 2023 de l’indice de la liberté de presse (ILP) au Burkina Faso, cet indice peu reluisant est la résultante des discours haineux contre les journalistes, des discours stigmatisant des premières autorités, de l’exclusion des médias privés de certaines activités du gouvernement, une communication politique et inquiétante appelée « terrorisme éditorial », des impôts comme arme de dissuasion.

« L’environnement dans lequel les journalistes travaillent est un environnement qui est fait de peur, de menaces, d’intimidations, de stigmatisation des journalistes par les premières autorités elles-mêmes et ensuite repris par une frange de la population qui menace les journalistes. Et tout cela crée un environnement qui n’est plus serein à un travail sérieux du journalisme », a confié le Docteur Moussa Sawadogo, enseignant-chercheur et membre du comité d’étude sur l’ILP.

Afin de résoudre ces problèmes sur la liberté de la presse au Burkina Faso, le rapport recommande entre autres une revue des relations entre les autorités de la transition et les médias,  une révision de la convention collective, plus de réactivité de la part de la justice burkinabè sur certaines dérives et un renforcement des capacités des professionnels des médias.

« Quel rôle pour le journaliste en temps de guerre ? »

Sous le thème national « quel rôle pour le journaliste en situation de guerre ? », cette 31e édition de la journée mondiale de la liberté de la presse a un rôle interpellateur pour Valentin Kambiré, chargé de mission au ministère de la Communication et représentant du ministre.

« Ce thème nous interpelle parce que nous sommes en guerre.  Et le rôle que doit jouer le journaliste en cette période de guerre doit être conforme aux aspirations d’abord des gouvernants et ensuite du peuple entier. Nous devons faire corps ensemble pour mener à bien la bataille qui est la nôtre, à savoir, la libération du territoire. Et c’est ça l’objectif premier du gouvernement », a-t-il déclaré.

Cette cérémonie commémorative a également été marquée par le lancement du prix Marie Soleil de la meilleure journaliste burkinabè. Ce prix institué depuis 2010 vise à plus d’engagements dans la production d’œuvres journalistiques. Le prix récompense les meilleures productions journalistiques dans les catégories radio, télé, presse écrite et presse en ligne. Les genres concernés par ce prix sont l’interview, le reportage et l’enquête.

Edwige OUOBA

Faso7

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