Ramadan 2024 : Vœux de vendeurs de « tamaro »

Dès les premiers jours du début du Ramadan 2024, ils sont nombreux ces jeunes qui abordent les feux tricolores de la ville de Ouagadougou avec des lots de  sachets plastiques transparents, contenant des dattes alimentaires communément appelées «Tamaro». Ce produit est particulièrement prisé durant le mois du jeûne musulman. À quelques heures de la célébration de l’Aïd El-fitr, quel bilan ces vendeurs de tamaro dressent-ils ? Pour en savoir plus, une équipe de Faso7 a sillonné quelques artères de la ville.

Il est 12h32 lorsque nous arrivons au feu tricolore du marché «Boinse Yaare», ce lundi 8 avril 2024, dans la ville de Ouagadougou, à quelques encablures du mur de l’aéroport international de la capitale du Burkina Faso.  Sur notre thermomètre, il est marqué 41°C.

Les pieds posés à même le goudron en attendant le passage du feu tricolore au vert, nous avons l’impression soudainement d’être sous un grand fourneau cuisant. Certains usagers à l’aide de torchon tentent de se protéger de ce soleil  infernal.

Pourtant, sous cette canicule, nous observons un monsieur avec un lot de sachets plastiques contenant des dattes alimentaires, qui ne se préoccupe pas de cette température ambiante. Dès l’immobilisation des véhicules au feu tricolore, il se faufile pour présenter ses produits.

Nous nous approchons de lui. Une fois l’objet de notre visite décliné, Raphaël Nikiema puisque c’est de lui qu’il s’agit, la quarantaine accomplie, nous confie être dans la vente des dattes alimentaires depuis six (6) ans. Loin de notre conception que ces vendeurs ambulants commencent simultanément la vente des «Tamaro» avec le début du mois de Ramadan, sieur Nikiema nous explique être dans cette activité quasiment tout le temps.

Après avoir acheté les dattes alimentaires chez les grossistes, ils reviennent les reconditionner dans des sachets de 1kg, qu’ils revendent à 1000 FCFA, voire 2000 FCFA. C’est la même explication que nous livre Amado Congo, vendeur ambulant au quartier ZAD de Ouagadougou, un jeune de la vingtaine.

 Se questionnant sur le bénéfice qu’ils peuvent réaliser, Amado Congo confie que sur chaque sachet vendu, il obtient une somme de 500 FCFA avant de déplorer le manque de clientèle. « Je vends depuis le mois de février, c’était un peu un peu. Je pensais qu’avec le carême ça allait marcher. Mais sans mentir cette année, Tamaro n’a pas marché», s’est-il exprimé.

En dépit du nombre des usagers qui passent au feu tricolore du marché de «Boinse Yaare», Raphaël Nikiema dépeint la morosité du marché. De ses dires, les années antérieures, il pouvait vendre jusqu’à dix (10) kg en une seule journée. « Maintenant, si ce n’est que par la grâce de Dieu, même cinq (5) kg nous ne pouvons plus avoir», a-t-il énuméré.

Les raisons de cette situation se situent dans la situation sécuritaire que traverse le pays, selon nos deux revendeurs. Ils sont conscients qu’avec la situation, « les clients eux-mêmes n’ont pas assez de revenus ». De ce fait, il souhaite vivement que la paix revienne au Burkina Faso pour que la situation financière de tous les Burkinabè s’améliore afin de contribuer à la vie économique.

Cheick Habib Désiré BAYILI

Faso7

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