Préparatifs du Ramadan 2024 : Timide affluence au marché de bétail de Tanghin

Après trente jours de jeûne, les fidèles musulmans se préparent pour célébrer la fête de l’Aid El Fitr (Ramadan). A quelques heures (ou quelques jours, c’est selon) de l’observation du croissant lunaire marquant la fin du mois béni du Ramadan, une équipe de Faso7 s’est rendue, ce lundi 8 avril 2024, dans certains marchés de la ville de Ouagadougou. L’objectif était de constater comment se présentent les ventes du côté des commerçants.

Il est 09 h 15 mn, lorsque nous arrivons au  marché de bétail de Sougr-Nooma, couramment appelé marché de Tanghin dans l’arrondissement N°4 de Ouagadougou. Désœuvrés par manque de clients, les commerçants sur place sont réunis en groupuscules de discussion dans l’attente des potentiels clients. Visiblement, chacun a un œil sur ses bêtes et sur la porte d’entrée du marché, prêt à accoster le futur acheteur avant les autres.

Après notre prise de contact avec l’un des groupes, les membres n’hésitent pas à nous égrener les difficultés qu’ils rencontrent cette année pour écouler leurs bêtes. Idrissa Yanogo est un vendeur de moutons et de bœufs installé au marché de bétail de Tanghin depuis plus de 20 ans. Il vend ses moutons à partir de 100 000 F CFA la tête. Celui-ci nous a confié que le marché pour cette fête du Ramadan va au ralenti du fait de la crise sécuritaire. L’an passé, c’était mieux, selon lui.

Idrissa Yanogo, vendeur de moutons et de bœufs au marché de bétail de Tanghin -©Faso7

Le coût élevé du bétail s’explique par l’inaccessibilité de certains marchés d’approvisionnement, tels que le marché de Djibo et de Dori, selon Idrissa Yanogo. « Avant, on partait à Djibo pour acheter nos animaux, mais on n’arrive plus à aller. Après cela, c’est à Dori qu’on partait, mais actuellement, Dori n’est plus accessible comme avant du fait de la crise sécuritaire. Donc, à l’approche de cette fête-là, le marché est lent, car les clients se font rares. Si on pouvait se déplacer pour acheter les animaux dans les régions du pays, cela allait amoindrir le prix du bétail. Mais les commerçants n’arrivent plus à voyager pour acheter les animaux. Donc ça fait que le prix du bétail est très cher du fait des difficultés que nous rencontrons pour nous approvisionner », s’est-il exprimé.

Quant à Issouf Sawadogo, un autre commerçant du même marché de bétail, il nous confie qu’il fait de bonnes affaires. Comme Idrissa Yanogo, il déplore tout de même le fait que certains marchés ne soient plus accessibles. « Le marché se déroule bien chez moi et nous rendons grâce à Dieu. Mais le problème est la route, car l’accessibilité de certains marchés est très difficile. Avant, quand on partait à Dori pour acheter des animaux, c’était facile, mais maintenant, la route est difficilement praticable », s’est-il confié.

Issouf Sawadogo vendeur de bétail au marché de bétail de Tanghin -©Faso7

Après le marché de bétail de Tanghin, nous mettons le cap sur le grand marché Rood-wooko. Comme d’habitude, il y a de l’animation. Les premiers commerçants que nous approchons refusent de répondre à nos questions. Il n’y a pas grand-chose à dire à part qu’il n’y a pas de marché selon eux. Plus loin, nous rencontrons Mahamadou Koanda, un vendeur de vêtements. Il se prête à nos questions. Et a contrario, les choses semblent aller mieux pour lui. 

Mahamadou Koanda, vendeur de vêtements -©Faso7

« A l’approche de la fête, le marché va de mieux en mieux, mais ce n’est pas comme avant. Donc, nous rendons grâce à Dieu, car les vêtements s’achètent petit à petit », a-t-il laissé entendre.

Lazard KOLA

Faso7

Waongo KOLA

Waongo KOLA est un journaliste burkinabè ayant pour domaine de prédilection les sujets de société, d'économie, de politique et de santé.

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