L’intelligence artificielle, un nouvel allié dans la lutte contre la tuberculose en Afrique

La tuberculose reste un enjeu majeur de santé publique à travers le monde, avec plus de 10 millions de nouveaux cas chaque année et 1,4 million de décès selon l’Organisation Mondiale de la Santé. Cette maladie contagieuse, dont la lutte est commémorée chaque 24 mars lors de la Journée mondiale de la tuberculose, a vu sa situation se dégrader, en raison de sa synergie avec l’épidémie de VIH/sida et de l’émergence de souches de bactéries résistantes aux traitements standards au cours de la dernière décennie.

Face à ces défis, la gestion de la tuberculose a connu d’importantes avancées conceptuelles et méthodologiques ces dernières années, faisant appel aux nouvelles technologies. C’est dans ce contexte que le Burkina Faso, à l’instar d’autres pays, a introduit les techniques moléculaires pour détecter précocement la résistance aux antibiotiques, améliorant considérablement le diagnostic et permettant une approche de traitement personnalisée plus efficace.

Pendant longtemps perçu comme technologiquement en retard, le continent africain reconnaît désormais l’importance de tirer parti des récentes avancées pour le bien-être de ses populations. Dans cette ère de mondialisation, il devient urgent de transformer en profondeur le domaine de la santé en Afrique en adoptant des outils numériques innovants, tels que les dossiers médicaux partagés, l’exploitation des mégadonnées en santé (Big Health Data) et l’intelligence artificielle (IA).

L’IA est vue comme une approche prometteuse pour combler le fossé entre les besoins des patients et les infrastructures et ressources limitées. Ces outils numériques facilitent le diagnostic dans les pays à faibles revenus, améliorent la détection de la résistance aux médicaments et renforcent le contrôle de la dissémination des souches résistantes, empêchant ainsi la propagation de formes plus graves de la maladie. De plus, l’IA permettra d’optimiser la charge de travail des professionnels de santé, libérant des ressources qui pourront être réinvesties dans la recherche, l’innovation et l’amélioration des infrastructures.

Conscients de ces enjeux, des cliniciens et chercheurs scientifiques du Maroc, du Burkina Faso et de la République Démocratique du Congo ont uni leurs efforts au sein d’un consortium soutenu par le Centre de Recherches pour le Développement International (CRDI) canadien. Leur projet IA4TB vise à développer des modèles d’IA pour améliorer la lecture des radiographies, l’analyse des échantillons en microscopie, contribuer à un diagnostic rapide, garantir une thérapie personnalisée et suivre la circulation des souches afin de limiter la propagation de la tuberculose.

Bien que des défis importants restent à relever, l’intelligence artificielle représente un formidable espoir pour renforcer la lutte contre cette maladie dévastatrice en Afrique, en permettant une détection précoce, un traitement optimal et un meilleur contrôle de la dissémination des souches résistantes.

Le consortium AI4TB

https://sites.google.com/ump.ac.ma/ai4tb/home

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