Général Kassoum Coulibaly : « L’armement, c’est pas des cacahuètes qu’on vend partout»

En marge de l’évaluation de son contrat d’objectif par le Premier ministre, Apollinaire Kyélem, le 18 mars 2024, le ministre en charge de la défense, le général de brigade, Kassoum Coulibaly, s’est prononcé sur les irrégularités relevées dans le rapport de l’Autorité supérieure de contrôle d’Etat et de lutte contre la corruption (ASCE-LC) en lien avec des contrats d’armement au sein du ministère. 

Dans son rapport, l’ASCE-LC indiquait que de 2016 à 2021, sur 14 contrats d’armement d’un montant de plus de 83 milliards F CFA, 8 contrats d’un montant de plus de 75 milliards F CFA ont été attribués à plusieurs entreprises appartenant à une même personne physique. Cette révélation avait suscité le mécontentement du Premier ministre, le jour de la remise du rapport par l’ASCE-LC.

Pour le ministre en charge de la défense, la période indiquée dans le rapport de l’ASCE-LC est celle pendant laquelle le Burkina Faso, confronté à des attaques terroristes, était soumis à des conditions pour pouvoir acquérir des armes. « L’armement, c’est pas des cacahuètes qu’on vend partout aux bords des routes. L’armement, c’est quelque chose de différent. La période indiquée, il faut vous souvenir qu’on était à la CEDEAO. Où pour payer une arme, il y a tout un processus qui est imposé des États membres qu’il faut respecter », a-t-il laissé entendre.

Kassoum Coulibay a alors demandé que l’on tienne compte du contexte et de l’urgence de l’époque lors de la passation des marchés mentionnés par l’ASCE-LC. « Si quelqu’un peut nous amener de l’armement dans les bons délais à des bons prix, que je peux mettre tout le monde au défi qu’on nous amène ça, oui ! C’est pas pour défendre le diable, mais c’est ça la vérité. Si avec les contraintes qu’exige la CEDEAO, quelqu’un arrive à surmonter ces barrières pour nous amener l’arme et qu’il donne le prix et nous voyons que c’est dans la moyenne, nous n’allons pas refuser parce que nous, nous avons besoin des moyens pour nous défendre », a-t-il soutenu.

Il faut noter que le taux d’exécution du contrat d’objectif 2023 au ministère en charge de la défense est satisfaisant. Il tourne autour de 75 %, a indiqué le général de brigade Kassoum Coulibaly après ses échanges avec le Premier ministre. Selon lui, l’une des difficultés majeures rencontrées par son département est celle en lien avec la formation des éléments des forces de défense et de sécurité. La formation pouvant durer plus d’une année souvent, peut rendre difficile la mise en œuvre de certains programmes du ministère.

Tout le monde comprendra que c’est fait pour sécuriser notre territoire

L’un des points positifs du ministère en 2023 a été le recrutement massif effectué pour les effectifs afin de mieux mener le combat contre le terrorisme, a indiqué le ministre en charge de la défense. Il a par ailleurs indiqué que jusqu’à présent les demandes d’enrôlement au sein des Forces de défense et de sécurité continuent de s’élever malgré la hausse des recrutements.

« Il vous souviendra que c’est l’une des années aussi où on a fait le plus gros effectif au niveau des recrutements. Nous sommes partis des progressions de près de 200 à 500-800 %. Et ça, tout le monde comprendra que c’est fait pour sécuriser notre territoire », a-t-il déclaré.

Josué TIENDREBEOGO

Faso7

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