Situation alimentaire au Burkina Faso : le comité de prévision en conclave

Le ministre délégué chargé des ressources animales, Amadou Dicko, a lancé ce 14 mars 2024, les travaux de la première session du comité de prévision de la situation alimentaire et nutritionnelle. Ledit comité se chargera d’évaluer du 14 au 15 mars 2024, l’issue de la campagne agro-pastorale  2023-2024 et les perspectives alimentaires et nutritionnelles sur la base des recettes définitives.

Les travaux seront essentiellement axés sur l’analyse des résultats qualitatifs et quantitatifs de la précédente campagne agro-pastorale, la validation des bilans céréaliers et alimentaires de la campagne 2022-2023 et la prévision de ceux de la campagne 2023-2024. Le comité se chargera également d’analyser les résultats provisoires de l’enquête nutritionnelle nationale de l’année 2023, les situations de catastrophes humanitaires, les résultats du cadre harmonisé sur l’état de l’insécurité alimentaire et l’estimation des populations vulnérables au Burkina Faso. Au terme des travaux, le comité chargé de la prévision formulera des recommandations à l’endroit des décideurs qui se chargeront de mieux gérer la crise alimentaire au Burkina Faso.

En ce qui concerne la campagne agro-pastorale 2023-2024, elle est dite globalement excédentaire, mais connaît des disparités dans plusieurs régions. Seize (16) provinces réparties dans 6 régions dont le Sahel, l’Est et le Centre-Nord sont actuellement dans une situation déficitaire. C’est-à-dire que ces localités, n’ayant pas eu une bonne campagne agricole vont certainement faire face à une crise alimentaire et nutritionnelle. « En effet, ces provinces étaient confrontées à des taux de malnutrition aiguë et les ménages faisaient recours à des stratégies d’adaptation non appropriées », a indiqué Amadou Dicko, ministre délégué chargé de l’Agriculture, des ressources animales et halieutiques.

Ahmadou Dicko, ministre délégué chargé de l’Agriculture-©Faso7

« Chaque habitant Burkinabè doit en moyenne consommer dans l’année 190 kg de céréales. Nous prenons la production totale céréalière qui est de 5 200 000 tonnes et nous la comparons avec les besoins. A cette production nationale, nous ajoutons les importations (…), nous ajoutons les stocks au niveau paysager et ça donne un global. Ce taux disponible est reparti sur l’ensemble de la population. C’est ça qui nous permet de tirer si nous sommes en situation de déficit, d’excédent ou d’équilibre », a souligné Gustave Somé, directeur général des études statistiques sectorielles du ministère (DGESS).

Gustave Somé, directeur  général des études statistiques sectorielles du ministère chargé de l’Agriculture-© Faso7

Quand l’Etat arrive à couvrir 100% des besoins, il y a équilibre. Quand le taux de couverture en céréales atteint 120%, on dit qu’il y a excédent. Par contre, quand le taux est inférieur ou égal à 90%, il y a déficit.

Néanmoins, des dispositions sont prises  afin de disponibiliser des vivres à ces populations. C’est dans ce cadre que l’offensive agro-pastorale a été mise en place pour permettre aux populations de produire davantage pendant la saison humide et aussi la saison sèche. « Il a été aménagé des périmètres irrigués, des bas-fonds pour permettre aux gens de produire pendant la campagne sèche et de parvenir à couvrir leurs besoins », a indiqué Gustave Somé. Il a aussi relevé le cas des convois alimentaires qui permettent de rallier les localités difficiles d’accès afin de les approvisionner en céréales et produits de première nécessité.

Edwige OUOBA

Faso7

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